L’été est arrivé et, avec lui, ses apéros en terrasses, ses soirées aux bords des Berges du Rhône et ses dé-pendaisons de crémaillères d’apparts avec balcon.

Toutes ces soirées sont autant d’occasions de briller en société.
Comment ? En plaçant avec habilité, ces quelques anecdotes lyonnaises au cours des discussions.

Les ponts de Lyon lors d’un apéro sur les Berges

Vous avez invité votre copain parisien, Stanislas, à venir boire un verre sur une des péniches amarrées sur les quais du Rhône. Tout se passait bien quand celui-ci vous a fait remarquer que les ponts de Lyon étaient plutôt moches. Alors qu’à Paris…

Pour calmer les ardeurs de son parisianisme assuré, racontez lui la triste histoire des ponts de Lyon. En 1945, quand les nazis quittèrent Lyon, ils firent exploser tous les ponts du Rhône et de la Saône (oui, absolument tous, sauf une petite passerelle). Il a donc fallu les reconstruire assez vite et pour pas trop cher. Rajoutez en une couche sur le coté Lyon, capitale de la Résistance (Jean Moulin, Klaus Barbie et autres joyeusetés). Votre pote trouvera toujours que la ville possède des ponts pas terribles, mais il ne pourra qu’être impressionné par sa résistance héroïque… Et tant pis pour le point Godwin…

parisiens

Le soi-disant esprit rebelle des canuts lors d’une fête dans un appart des Pentes

Vous avez été invité à une soirée dans l’appart d’un mec que vous connaissez vaguement. Celui-ci vante l’esprit de rébellion qui souffle sur son quartier depuis les fameux Canuts qui s’étaient révoltés contre un patronat oppresseur au 19ème siècle.

Apprenez-lui gentiment que les Pentes n’ont pas le monopole des Canuts et qu’on retrouve des immeubles « canuts » datant de cette époque dans de nombreux autres quartiers de Lyon. Achevez-le en précisant que les plus virulents n’était pas ceux des Pentes (qui ne s’étaient pas mis en grève au début), mais ceux de la rive gauche. La bataille la plus sanglante a même eu lieu à la Guillotière en avril 1834 faisant plus de 300 morts.

Rebelle des Pentes

L’esprit rebelle des Pentes toujours vivant lors d’une fête dans un appart des Pentes

Vous avez organisé une super soirée dans votre appart des Pentes quand un petit malin (mais qui a invité ce c*n ?) vous fait remarquer que les Canuts n’étaient pas de vrais rebelles et qu’en plus, c’était y’a super longtemps. D’après lui, les Pentes sont empreintes de conformisme depuis des années.

Rappelez-lui qu’il n’y pas si longtemps, les Pentes étaient un vrai quartier d’alterno-punk-anar. Et que cette ambiance a inspiré de nombreux artistes et écrivains de l’époque. D’ailleurs, l’auteur et cinéaste rebelle, Virgine Despentes s’est fait appeler ainsi à cause du quartier des Pentes où elle a vécu pendant quelques années.

Despentes

Les immeubles autour de Bellecour lors d’un afterwork sur la place

En sortant du boulot, vous buvez une binouze avec votre copain Stanislas (encore lui). Celui-ci vous demande pourquoi on fait tant de foin autour de cette place alors qu’elle n’a rien de particulier et que les immeubles qui l’entourent sont, comme les ponts à Lyon, plutôt quelconques.

Racontez-lui la triste histoire de la place Bellecour. Avant la Révolution, la place Bellecour était un plaisir pour les yeux et faisait pousser des cris d’émerveillement aux passants. Mais Lyon s’est un peu rebellée (et pas que dans les Pentes) contre le pouvoir jacobin en 1793. Lyon trouvait que la Convention organisait un peu trop les choses à sa façon et que, finalement, garder un roi pouvait être une bonne idée. N’étant pas d’accord et ayant une tendance à la susceptibilité, Paris décida d’envoyer les troupes des Alpes sur Lyon pour assiéger la ville. Comme ils étaient vraiment super vénères, les soldats détruisirent les immeubles autour de la place et fusillèrent quelques gens. Avec une telle histoire, votre copain Stanislas trouvera toujours que les immeubles et les ponts de Lyon sont moches, mais les Lyonnais passeront pour des héros ET des martyrs. Respect assuré !

Cours ma belle

L’inespérée reconnaissance du Vieux Lyon lors d’une virée dans un pub

Vous rentrez d’une tournée des pubs du Vieux Lyon avec votre bande d’amis. Cette pénible de Marie-Kimberley râle parce que ses talons se coincent dans les pavés de la rue St-Jean et la font trébucher (l’alcool n’étant bien sûr pour rien dans la situation).

Dites lui qu’elle a bien de la chance de pouvoir se coincer le talon car il s’en est fallut de peu pour que le Vieux Lyon soit complètement rasé pour être remplacé par des voies sur berges. Heureusement, André Malraux prit la décision de préserver le secteur. Alors que ce bon vieux Louis Pradel (à qui on doit déjà cette merveille qu’est l’échangeur de Perrache) voulait tout détruire pour laisser place à une voie express, le Vieux Lyon devient en 1962 le premier site classé de France. Sans ça, Marie-Kimberley aurait marché sur du bitume bien plat et n’aurait trouvé aucune excuse à son alcoolisme avancé.

Vieux Lyon

En espérant que ces quelques anecdotes vous permettront d’attirer l’attention et l’admiration de vos amis ou de clouer le bec à quelques beaux parleurs.

Vignettes réalisées avec wittycomics.com