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Salut les chatons ! Je vois que vous avez bien apprécié notre 1ère balade urbaine & insolite dans Lyon, sur les pentes de la Croix-Rousse.
Vos gentils messages m’ont inspirée, alors j’ai de nouveau chaussé mes talons (et là où nous partons, croyez-moi ce n’était pas facile !), pour arpenter les ruelles connues et méconnues de Lyon et vous dénicher de petites pépites architecturales.
Cette fois-ci direction le Vieux Lyon. Quartier très touristique, on y flâne souvent mais sans réellement prendre le temps de s’intéresser à certaines architectures, à certaines ruelles, à certains monuments. Redécouvrons tout cela ensemble, avec de petites anecdotes dénichées au gré des rencontres, guides et trouvailles. Voici un bref résumé du parcours : des traboules, un égout du Moyen Âge, des maisons gothiques et des galeries sur trompe. Cela vous inspire ? Tant mieux, car le Vieux Lyon, ce n’est pas juste pour les touristes.

Le Départ : Le métro Vieux Lyon

Notre aventure commence au Métro Vieux Lyon et j’espère que vous avez attendu sagement que l’Escalator vous monte tranquillement à la surface car on va marcher les cocos. Prenez la sortie rue Tramassac ou Place de la Trinité. Levez les yeux, le funiculaire passe juste au dessus de votre tête, il part de Saint-Jean pour rejoindre les hauteurs de Lyon et franchit la rue Tramassac par un pont métallique. Ici, dans la ville aux multiples collines, on les appelle les « ficelles » et seulement deux sont encore en activité. [1].

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1ère étape : la Place Saint-Jean, son horloge astronomique et ses gargouilles lubriques

Poursuivez donc via la rue Tramassac sur environ 150m et prenez à droite sur la Rue de la Brèche jusqu’à arriver à la Place Saint-Jean et sa cathédrale du même nom, lieu emblématique de Lyon. Il y a tellement à voir sur ce bâtiment roman et gothique si on sait le décoder et surtout le décortiquer dans le détails. Mes préférés ? L’horloge astronomique avec son calendrier perpétuel, à l’intérieur de l’église qui à 14h00 met en marche un petit monde d’automates, des personnages réels au coq qui chante en terminant par l’envol de la colombe ; mais aussi les gargouilles étonnantes et coquines sur la façade. Pour avoir fait une fois la visite avec l’office de tourisme de Lyon, à l’aide de jumelles on voit une femme flagellant son mari trompeur, une sorcière chevauchant un bouc lubrique et surtout une gargouille pas vraiment pudique qui se satisfait tranquillement… Si, si, ce n’est pas des blagues, sortez vos longues vues. [2].

2ème étape : la Maison du Chamarier

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Prenez la rue Saint-Jean (promis pas très longtemps car elle est noire de monde) et entrez au numéro 37 [3] pour découvrir la Maison du Chamarier. Fleuron de l’architecture du 15ème siècle, elle présente dans sa cour intérieure un remarquable décor entre le style gothique et Renaissance. Le chanoine-compte François d’Estaing (pas pompeux pour un sou) dit Le Chamarier, était en charge de la sécurité et de la justice mais aussi Responsable du cloître, OKLM le mec ! Il détenait d’ailleurs les clefs des six portes des fortifications de la ville. On peut y admirer une galerie avec des fresques type italiennes, un escalier très gothique et une fontaine attribuée à Philibert Delorme.

3ème étape : de la Place de la basoche et la Maison des avocats à la plus longue traboule

[4] En prenant à droite en sortant de la maison, vous tomberez sur la Maison des Avocats (les gens en robe noire hein pas les fruits) au n°60 de la rue Saint-Jean. Une sublime cour (place Basoche – rue de la Bombarde) restaurée dans l’ancienne Auberge de la Croix-d’Or. Ce lieu abrite aujourd’hui le Musée Miniature et Cinéma. On continue ensuite au n°54 de la rue Saint-Jean pour se faufiler dans la plus longue traboule de Lyon, elle traverse 3 cours et 4 bâtiments. [5] Si l’envie vous prend, avant de rentrer dans l’interminable traboule, vous pouvez faire comme moi et vous arrêter prendre une glace à la Fabrique givrée.

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4ème étape : le bœuf qui était taureau, la plus grosse volaille du monde et la Maison du Crible, dite la Tour Rose

En sortant de la traboule, vous arrivez au numéro 27 de la rue du Bœuf. Prenez à droite et levez bien la tête pour admirer au n°19 une ancienne enseigne (pas facile à dire n’est-ce pas) de volailler / maison gourmande datant du XVème qui vantait l’outarde, l’un des plus gros oiseaux du monde. Au n°13 de la rue, un bœuf sculpté vous accueille. Il a inspiré le nom de la rue sauf que… en un coup d’œil on se rend compte qu’il s’agit… d’un taureau… #FAIL

Sur ces péripéties, on continue jusqu’au n°16, où l’on entre selon moi dans l’une des plus belles cours intérieures du Vieux Lyon : la Maison du Crible dite de la Tour Rose avec ses beaux jardins suspendus, son sublime portail et sa tour circulaire de style toscan. Dolce Vita, le romantisme, les pizzas, le charme de Mario, ah quoi on est toujours à Lyon … [6] 

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5ème étape : Gadagne pour un brunch / café bucolique.

Poursuivez sur la rue du Bœuf jusqu’à la rue Gadagne et les Musées Gadagne. Non, on ne va pas voir les marionnettes mais plutôt profiter de la belle bâtisse. Riche comme Gadagne, dit-on à Lyon ; à voir le lieu on comprend pourquoi. Quoi de mieux que de prendre un brunch le dimanche matin ou un café en semaine dans le jardin situé au 4ème étage du musée. L’entrée est libre et vous en mettrez plein la vue à votre dulcinée/amoureux (pas de raison de ne pas payer on n’est plus au moyen âge). [7]

6ème étape : les inédits de la rue Juiverie : de l’égout médiéval à la maison du roi Henri

A la fin de la rue Gadagne, prenez sur votre gauche dans la rue de la Loge pour suivre la belle montée du change et son très joli collage (la femme à la fleur). Prenez à droite sur la rue Juiverie. Au numéro 23 de la rue vous tombez nez à nez avec … Des lions.[8] Et oui la capitale des Gaules arbore fièrement cet emblème et la façade de ce bâtiment est ornée de 12 têtes de lions. Ce qui selon la légende, apporterait prospérité et richesse aux famille l’honorant sur sa demeure… A tester lors de votre prochain achat immobilier !

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Vous rugirez peut-être moins de plaisir devant le numéro 18 de la rue Juiverie, car vous serez devant le vestige d’un ancien égout médiéval à ciel ouvert.[9] A en croire ma dernière visite … La ruelle Punaise, c’est son nom, n’était ni des plus hospitalières ni des plus pratique pour rejoindre le bas de la montée Saint-Barthélemy, dommage.

Un peu plus loin dans la rue, on tombe sur deux chefs d’œuvres architecturaux : tout d’abord au n°8 de la rue Juiverie, un maître de la Renaissance vous accueille. Philibert Delorme fait en effet ses premières armes architecturales à Lyon, sa ville de naissance. Émerveillez-vous devant la galerie sur trompes, surtout si vous avez la chance de la visiter le soir : les lumières la rendent encore plus iconique ![10]

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Dernier trésor de la rue Juiverie, au numéro 4, une façade Renaissance avec un grand escalier, de nombreuses arcades et d’élégantes colonnes où trône un buste d’Henri IV. Bonjour le ménage ! Mais bon Henri n’avait surement pas le même problème [11]. Petite astuce, si la cour est fermée ne loupez pas le chef d’œuvre il est visible depuis la montée  Saint-Barthélémy à quelques mètres.

Fin de la balade : un verre sur la place du Change

Sur le chemin du retour empruntez la rue Lainerie au n°14 vous pourrez encore profitez d’une belle façade gothique flamboyant (oui cela pique un peu les yeux!). Et si vous êtes chanceux la porte du n°10 sera peut être ouverte et vous pourrez admirer l’escalier en coquillage. Malheureusement pour moi la « spirale envoûtante » telle un grand coquillage de pierre est toujours fermée quand j’y passes.  [12]

Alors pour me consoler je prends un verre et termine ma visite sur la Place du Change, où se tenait autrefois les 4 foires annuelles de la ville et qui aujourd’hui et toujours aussi animée, belle et vivante. [13]

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Manuel d’utilisation de la balade urbaine

Cette balade peut être réalisée en 2h00, en prenant le temps de la découverte. A éviter un samedi et sur les périodes de fortes affluences touristiques si vous voulez vraiment ressentir les émotions de la découverte. 
Attention, ce parcours traverse des traboules et cours qui sont des espaces privés. Il est impératif de bien respecter ces lieux, leurs habitants et de faire le moins de bruit possible pour la tranquillité de tous et profiter encore longtemps de ces visites.
Ici pas de balisage ! Mais pas d’inquiétude vous ne finirez pas dévoré par un yéti. Perdu au coin d’une intersection ? votre boussole vous fait défaut ? Ne sortez pas les GPS et smartphone et laissez vous perdre dans les ruelles. Vous verrez, on arrive facilement à se repérer (et j’ai été gentille avec vous en tachant d’être la plus précise dans mes indications).
– Vous êtes invité à partir avec une bouteille d’eau en cas de forte chaleur. Mais si vous tombez en panne sèche, des « ravitos » sont présents tout le long du parcours (oui des bons bars à vins et des cafés, testés par nos Cruncheurs sont à proximité).
– Les familles et bambins sont les bienvenus ! Le parcours est facilement accessible. Attention toutefois avec les poussettes car il y a de nombreux escaliers et pavés.

Prévenez vos proches de votre départ, prenez une lampe, des vivres et une corde de rappel. Non je déconne… Enfin on traboule dans le Vieux Lyon quand même les gars !
– Mais pour vous évitez de vous perdre, vous pouvez télécharger le joli plan que nous avons fait pour vous !


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