J’ai eu ma période vieux tubes de Bryan Ferry & Roxy Music, et plus récemment Frantic & Olympia.
Alors lundi soir, je suis allée aux Nuits de Fourvière pour voir Bryan Ferry.
Et un peu pour voir Keren Ann. Mais pas trop. J’avais peur que la première partie soit trop calme et qu’il me manque mon plaid du dimanche, un chocolat chaud, des chamallows et un chat qui ronronne.

… Et je m’étais trompée : après un « Strange Weather » assez envoûtant, Keren Ann a troqué sa voix onctueuse contre des interprétations un peu plus pêchues.
A commencer par un « It ain’t no crime » qui envoyait pas mal, un « Sugar Mama » bien entraînant, un « My name is trouble » très chouette à écouter en live, et un « Sailor & Widow » qui donnait vraiment envie de chanter.
C’était très surprenant de voir cette petite silhouette empoigner sa guitare, en jouer comme une rockeuse, en combo parfois avec son harmonica. Et surprise n°2, j’ai appris que son musicien ne jouait pas de la scie mais du Thérémine ( « du théré-quoi ? tu peux m’épeler ? »…  merci à mes voisins providentiels pour l’info stratégique !).
Un bon concert en somme !

C’est l’heure des réglages,  la scène de Bryan Ferry se met en place… à grand renfort de matériel & de symétrie, jugez plutôt : deux podiums dans le fond, deux claviers devant chacun d’eux, deux batteries côte à côte, deux paires de micros au bord de la scène sur les côtés, et le micro central.
Et tout le petit monde arrive : deux batteurs, deux danseuses, deux guitaristes, quatre choristes (rien que ça !), un bassiste, une femme orchestre (clavier, saxo, trompette) et Monsieur Ferry, la soixantaine fringante.
Le concert commence avec « I put a spell on you » : les danseuses en juste-au-corps à franges rouges rivalisent d’arabesques sur leurs podiums, les choristes en robes à paillettes, synchros, font les petits pas qui vont bien (balancement à gauche, balancement à droite). C’est un show majestueusement old-school qui s’annonce : à la fois chic et d’une autre époque… et je sens que je vais aimer !
Deuxième chanson, « Slave to love » (hiiiii) : définitivement, ce concert est une machine à remonter le temps. Et je chante en play back « na-na, na-na » avec les choristes.
Sur « If there is something », la joueuse de saxophone, sculpturale, juchée sur ses talons hauts,  avec sa coupe digne d’Uma Thurman dans Pulp Fiction, vient sur le devant de la scène et donne vraiment tout avec son saxo, contorsions de saxophoniste comprises. Avec applaudissements à la clé.
Sur « Avalon », il se met à pleuvioter, mais c’est sans importance : le morceau est tranquille, donne envie de rouler -en toute discrétion- des épaules, et les choristes font de chouettes solos.
Sur la vingtaine de titres de la setlist, seulement deux du dernier album ont été joués (« Alphaville » et « You can dance »). J’aurais bien aimé entendre « Me oh My », mais ce n’était pas au programme. Cela dit, pas de regret, le concert s’est terminé sur la reprise de  « Jealous guy », et au retour dans le métro, c’est amusant, on était plusieurs à la chantonner.
En conclusion, c’est sûrement le concert le plus atypique et le plus revival que j’ai fait cette année, et je suis vraiment contente d’avoir vu Bryan Ferry.

Et bon c’est pas tout, mais ce soir, c’est la dernière, c’est l’Eclat Final aux Nuits de Fourvière : au menu, entre autres, Tété et Lilly Wood and the Prick. Vous avez vos places ?