Quand on a appris qu’un chat se portait candidat à l’élection présidentielle, on a d’abord cru à une bonne blague. Mais en se renseignant un peu plus sur le sujet, on s’est rendu compte que cette démarche était tout à fait sérieuse. Vu qu’on adore les chats, chez CityCrunch, on est allé à sa rencontre pour lui poser quelques questions.

Bonjour Nicole, peux-tu te présenter rapidement pour les lecteurs de CityCrunch qui ne te connaissent pas ?

Bonjour Qyrool et bonjour à tous vos lecteurs humains… Je ne suis pas infiniment persuadée qu’il soit bien nécessaire de procéder aux présentations au vu de ma notoriété à l’échelle locale, mais si vous y tenez allons-y… Beaucoup de vos lecteurs sauront sans doute que je suis l’une des résidentes d’un bar à chats et tutti quanti – vous broderez pour les besoins de l’article j’imagine… Mon chargé de com’ m’a fait un portrait très sympathique sur le site, vous verrez…

Bref, venons-en au fait : je suis entrée dans la course à l’Élysée ! Je porte aujourd’hui l’étendard du PaCha, le parti des Patouneurs Chatocrates, fondé récemment par notre coalition de 7 chattes résidentes du GentleCat. Certains de vos lecteurs pensent sans doute que je suis paresseuse, mais il n’en est rien : j’excelle dans l’art de l’introspection et j’ai une vie intérieure palpitante. J’ai un grand projet pour la France et je veux être présidente !


Un chat qui concourt à l’élection présidentielle, forcément ça nous plait beaucoup chez CityCrunch, mais on n’est pas sûr que ça emballe les Français. Que répondez-vous aux gens qui trouvent que votre candidature est trop loufoque pour être crédible ?

J’imagine bien que cela vous plaît, Qyrool, et ne vous en faîtes pas je vous patounerai un chatographe en fin d’interview comme prévu.

D’autres avant moi ont osé des candidatures dîtes « loufoques » ! Je pourrai me contenter de vous citer Pierre Dac ou Coluche mais je n’ai pas envie de laisser les médias faire de moi une mauvaise blague…

J’ai un message à adresser à chaque électeur : ne laissez pas les aveuglantes sirènes de la politique vous persuader que ma candidature est loufoque. Oui je suis un chat et oui aux yeux de la loi et des mœurs, un chat président est une aberration au même titre qu’une femme en politique fut une aberration ou qu’un homme du peuple en politique fut une aberration… Chaque temps a connu ses révolutions et aujourd’hui s’écrit justement l’une des pages de notre Histoire.

Si certains de vos lecteurs pensent aujourd’hui que ma candidature est plus incongrue que celle de Jacques Cheminade et son programme vernien de conquête de la lune, plus malvenue que celle de Nicolas Sarkozy et de ses comptes de campagnes burlesques, plus ridicule que celle de Hollande et de son absurde impôt à 75%… Alors ils doivent fermer leur navigateur sur le champ, vous méritez des lecteurs bien plus fins que ces veaux…


Certains vous reprochent votre manque d’expérience en politique ? Que leur répondez-vous ?

Je trouve votre question floue… « Certains », mais qui ? J’imagine que mes principaux détracteurs seront les partisans très politisés de tel ou tel bord défendant les couleurs de leur candidat, voire les candidats eux-mêmes qui n’osent pas sortir du bois parce qu’ils savent qu’à jouer au chat et à la souris avec moi, ils n’en mèneront pas bien large…

Vous savez Pierre, les Français sont aujourd’hui tellement lassés des petites magouilles politico-politiciennes que tous les candidats à cette élection à venir se targuent d’être en dehors du « système », d’être LE candidat inattendu, d’être presque tombé dans la gamelle de lait sans s’y attendre. Certes, je suis un chat, mais moi au moins, je ne vous prends pas pour des blaireaux !

Regardez les mesures proposées par certains candidats déjà déclarés : la lotocratie et son tirage au sort de parlementaires, la discrimination positive en politique, etc. La politique n’est pas une question d’expérience. C’est une question de volonté, de passion, de don de soi aux autres… Et je n’aspire qu’à cela !


En quoi être un chat est un atout (vs « être un humain ») par rapport aux grands enjeux qui attendront le prochain président : chômage, réchauffement climatique, contexte international, etc…

Avant de vous répondre, et de vous parler de mes atouts, je vais vous parler de la France et du Monde, si vous le voulez bien…

Aujourd’hui, les Français sont orphelins : ils ont été clivés, bafoués, rabaissés, volés, abusés et abandonnés, ils ne savent plus vers qui se tourner. Cela soulève des questions très graves… L’espoir est-il mort ? Peut-on encore avoir confiance en la politique ? La démocratie est-elle à l’agonie ? Ce qu’il faut aux français c’est une figure vers qui se tourner, un regard qui lorsqu’ils le croiseront leur dira : « oui, tu peux avoir confiance en moi ». Et sincèrement Qyrool, pensez-vous que toutes les figures que l’on voit aujourd’hui briguer la présidence leur disent cela ? Pensez-vous que toutes ces figures actrices de ce passé politique peu glorieux leur disent cela ? Moi je ne le pense pas. Comme l’a si bien dit Hamon pendant le débat des primaires « il n’y a pas d’homme providentiel », non, mais chacun doit savoir qu’il y a aujourd’hui « un chat providentiel » et que ce chat, c’est moi !

Alors pour répondre à votre question, j’estime qu’être un chat est un indiscutable atout : j’ai un capital sympathie inébranlable et j’ai derrière moi une nation toute entière qui marche pour porter au monde ce miaulement d’espoir qui est le mien.

Si vous estimez que je ne réponds pas à votre question, je vous invite à lire mon projet, mes conseillers spéciaux ont parfaitement détaillé tout cela…


Quelle serait votre première décision si vous êtes élue en mai prochain ?

Ma première décision serait éminemment éthique et politique : la promotion d’une loi abrogeant tout texte stipulant qu’un élu quel qu’il soit puisse gagner de l’argent de par son mandat et retirant aux hommes politiques frauduleux le statut d’humain pour leur accorder le statut « d’être doué de sensibilité ». En effet, j’estime qu’un élu doit exercer ses fonctions avec intégrité et honnêteté, sans la moindre vénalité. La France accordera en revanche aux hommes politiques en fonction le gîte et le couvert (un panier, du lait, des croquettes, des snacks et même de la pâtée pour les postes à plus haute responsabilité) ainsi que des trimestres de cotisation retraite égaux à la moyenne des trimestres enregistrés au niveau national.

A ceux qui objecteront que tout travail mérite salaire, je répondrai que la politique n’est pas un travail mais une vocation : si c’était un vrai travail, presque tous vos dirigeants aurait été licenciés pour absentéisme injustifié, retards récurrents ou fautes graves.

Je m’attends à une vague de démission dès l’application de cette loi que, conformément à l’article 11 de la Constitution, je soumettrai par référendum avant même les élections législatives.


Si malheureusement vous n’êtes pas au second tour, pour quel candidat appelleriez à voter ?

Notez bien : je serai présente au second tour de l’élection présidentielle. Pas de second choix, Qyrool. Les grands chantiers qui nous attendent ne supportent pas la demi-mesure et les Français le savent ! Ma dynamique de campagne est incontestable et je corresponds en tout point aux attentes des Français : une candidate hors système, de la fraîcheur politique, des idées nouvelles, des petit coussinets trop mignons, un programme assumé, un esprit insoumis, une frimousse d’amour, pas de fausses promesses…

La vraie question c’est de savoir qui aura la chance de m’affronter en débat télévisuel à l’entre-deux tours… L’avenir nous le dira.

Merci beaucoup pour vos réponses, Nicole, et bonne chance pour ces prochains mois de campagne électorale.

Pour en savoir plus sur Nicole et soutenir sa candidature, c’est par ICI.