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Lisbonne est devenue en quelques années une des destinations préférées des Français. A 1h30 de vol, et des tarifs tout petits, le dépaysement est garanti dans cette ville colorée, bruyante et dense. 

Pour ne rien vous cacher, un weekend de 3 jours s’avère être un peu court pour profiter pleinement de cette ville, et à trop vouloir en faire, nous avons fait exploser notre compteur de pas google Fit.

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La ville se vivra au rythme des montées et des moments de repos pour reprendre son souffle en haut d’un miradouro ou dans une taberna. Après une journée comme ça, on peut dormir tranquille pendant 10 heures. Alors chaussez de bonnes baskets, perdez-vous, déconnectez, ne prenez pas les funiculaires, et grimpez !

Voici le récit d’un beau weekend de 3 jours dans la capitale Portuguaise.

Samedi soir

Arrivés samedi soir dans le bas du quartier de Campo de Santana (à quelques mètres du métro Rossio), et sous les conseils de notre logeuse Beca, nous partons en quête d’un petit restaurant. Ce quartier est idéal pour profiter de la ville pleinement. Au sud, la Baxia et ses grandes avenues pavées menant jusqu’aux bords du tage, au Nord, un enchevêtrement de ruelles calmes et pittoresque, à l’ouest le Bairro Alto et à l’Est l’Alfama et ses collines.

Pas besoin de marcher longtemps pour trouver notre bonheur. La ruelle qui grimpe à pic (rien d’exceptionnel ici, cette situation va se répéter à peu près tous les 50 m) nous mène jusqu’à A Tingelinha. “SnackBar” dit la vitrine, ce qui n’empêche pas les locaux de passer une soirée entre amis, dans une ambiance bruyante et joyeuse. On se refait à coup de saucisse panée et poisson frit. Et là, première surprise : 2 bières, de l’eau (oui, l’eau est payante ici), des olives (les “entradas” posés sur la table sont payantes aussi, mais aucune raison de vous priver, c’est vraiment peu cher), plus nos 2 copieux plats accompagnés de salade = 14€ pour 2.

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Beca nous a aussi conseillé de chercher un petit club de Fado dans l’Alfama. Pas un de ces restos à touriste au prix exorbitant, non. Juste un lieu dans lequel de jeunes Lisboètes prennent la guitare et poussent la chansonnette quand bon leur semble.

Après un bon crapahutage en règle, nous nous retrouvons face à une porte sans enseigne cachant un tout petit bar presque vide. Il est trop tôt pour profiter de l’ambiance du Tejo Bar, mais on note l’adresse pour plus tard en espérant avoir le temps de revenir.

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On sait maintenant que les bons plans se cachent souvent derrière de petites portes anonymes et nous gardons cette info en tête pour la suite du voyage.

Changement de quartier, nos mollets meurtris nous portent jusqu’à Graça, la colline au dessus de l’Alfama (qui peut être accessible grâce au tramway 28). Nous partons à la recherche du Botequim, autre conseil de notre festive logeuse, mais samedi soir oblige, il est blindé (dommage, l’ambiance y à l’air tellement chouette). Nous tombons finalement presque par hasard sur le Damas, un lieux très très cool, assez grand pour que l’on puisse trouver de la place, et  fréquenté par la jeunesse branchée de Lisbonne. Celui-ci fait à la fois bar, restaurant, salle de concert, et sert des délicieux cocktails.

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1er jour

Une bonne nuit de sommeil plus tard – la ruelle dans laquelle on loge est très calme malgré sa situation géographique – nous partons en quête de LA meilleur Pastei de Lisbonne. Certains diront que les meilleures sont celles de Belem. Mais Belem c’est loin, et pas encore au programme. Nous décidons de rester intra muros pour nous délecter de ses délicieux petits flans pris dans une pâte feuilletée croustillante. Une enfilade d’escaliers et une grosse suée plus tard (la montée de la grande côté fait pâle figure à côté), nous voilà à la Manteigaria. Nous achetons nos Pasteis à 1 euro pièce et les dégustons, comme les locaux sur la mignonne et bruyante Praça Luis de Camoés. J’adore cette place. Le défilé des tramways 28 remplis de touristes contraste avec les habitants du quartier, venus ici pour prendre un café au kiosque et se plonger dans leur bouquin au soleil.

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Bon, c’est pas tout, mais on a des calories à perdre et des photos à prendre. Lisbonne est caractérisée par ses nombreuses collines et qui dit colline dit Miradouros (ou point de vue, mais c’est tellement plus classe en portuguais). Pour rejoindre le très touristique Miradouro de Sao Pedro de Alcantara, nous traversons le très calme Bairro Alto (calme en journée, promis, on y retourne plus tard aux heures les plus festives). Seul les agents de la ville s’activent à faire disparaître les traces de binge drinking de la veille.

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De là haut, on accède facilement au joli jardin botanique, qui est gratuit le dimanche (ou 2 €) ainsi qu’au musée d’histoires naturelles. Une pause romantique au calme, au milieux de la cohue de la ville. Si vous en avez plein les bottes, le jardin do Principe Real permet aussi une agréable pause ombragée au pied d’arbres tortueux.

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C’est dimanche et beaucoup de restaurants inscrits sur notre liste sont fermés. Nous décidons de redescendre et de marcher jusqu’aux Cais do sobré (les quais), pour découvrir les fameuses halles du Time Out Market. La moitié du bâtiment historique est réservée au marché traditionnel, l’autre partie a été réorganisée en immense food court bordé de cuisines de chefs. Nous choisissons un peu au hasard un stand pour se régaler de bar au légumes sautés et de mini-poivrons grillés, en jouant du coude avec nos voisins (à croire que tous les touristes se sont donnés rendez-vous ici). Ce concept a un prix : toutes les consommations (du café au plat du jour) sont presque 2 fois plus cher qu’ailleurs.

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Cacilhas

Quitte à être sur les quais, pourquoi ne pas prendre le bateau ? Ici, on prend le ferry comme le métro. Le prix est le même d’ailleurs (1,40€ le trajet).

Le quai de Cacilhas est un de mes lieux préférés. Avec sa désuétude et sa vue interminable sur le Tage et Lisbonne, il est indiscutablement romantique. Cela fait des années qu’il est dans le même état de délabrement, avec ses grands murs défraîchis envahis de graphs, côtoyant des hangars de pêcheurs. 

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Tout au bout, on trouve deux charmants cafés assez chers, les pieds presque dans l’eau (dont le Ponto Final). Et si vous prolongez la promenade de quelques mètres, au pied de l’ascenseur (qui n’est d’ailleurs d’aucun intérêt et hors de prix), vous tomberez sur une petite bute de pelouse, parsemée de quelques arbres. Des familles viennent y passer la journée, et les amoureux attendent le coucher du soleil.

Plus d’infos sur les quais de Cacilhas dans la rubrique « insolite » à Lisbonne

Retour en Ferry, juste à temps pour l’apéro.

Caïs do Sodré

Les jeunes lisboètes profitent du coucher de soleil (et de l’absence de vent) sur les quais, un pack de super Bock fraîche sous le coude. Ce que nous aurions fait volontiers si nous n’étions pas affamés. La Rua Nova do Carvalho est toute proche. Ancien repaire de marins et de prostituées, elle accueille aujourd’hui bars et boites de nuits.
Pour combler notre creux, rien de mieux qu’un apéro  au poulpe et vin blanc frais au Sol e Pesca, cette ancienne conserverie qui a su prendre la tangente rétro branchée.

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Bairro Alto

La suite de la soirée se poursuivra dans le Bairro Alto, un incontournable du Lisbonne festif.

Ses ruelles bruyantes, ses restaurants à touristes ouverts jusqu’à très tard et ses jeunes étrangers qui veulent fêter comme il se doit le fait que le mojito soit trois fois moins cher que dans le reste de l’europe (comme je les comprends) lui donnent un air de notre vieux Lyon (mais en 5 fois plus grand).

Un Mojito XXL à 5€ et une « conversation » de gens saouls avec 2 allemandes plus tard, nous arrivons à rentrer dans le lieu qui nous a fait nous traîner jusqu’ici : La Tasca di Chico, pour écouter du bon fado amateur. Attention ! gros coup de cœur !

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Jour 2

Nous poursuivons notre quête de la meilleure Pasteis à la Confeitaria National dans le quartier de la Baxia.

A 1,40 € la pâtisserie, elle se place dans les plus chères de la ville. Mais on lui pardonne tout avec son feuilletage croustillant et son appareil moins écœurant. On en profite pour goûter le Bolos Arroz, un gâteau qui rappelle le quatre quart, fait avec de la farine de riz au bon goût de zeste de citron.

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Petit tour dans la Baxia et sur la grande rue piétonne Rua Augusta (aux faux air de rue de la Ré), jusqu’à la fameuse place du Commerce, aussi vide et inutile que notre place Bellecour (mais quand même, ces belles arcades jaunes, ça claque bien hein). 

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De là, on prendra le Tram 15E, et parce qu’on a bien galéré pour recharger notre carte de transport, je vous conseille de lire notre rubrique « astuces ».

La LX Factory

C’est le lieu qui m’a le plus intriguée en préparant notre séjour, décrit comme complètement underground, authentique et arty. C’est en fait un véritable repère à touriste branché. Un disneyland du hipster. Murs de briques, décos vintage, fresques colorées, boutique de créateurs, concepts stores et restaurants décalés. Qui dit mieux pour attirer le jeune créatif en recherche d’inspiration ? Fait amusant, comme les prix sont plus élevés qu’en ville (prix Lyonnais en gros), pas mal de jeunes créateurs mangent leur gamelle sur place, sur des tables dans la rue piétonne. Ce sont les touristes qui mangent aux restos.

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A faire : la magnifique librairie / quitter un peu la rue principale pour admirer les fresques / goûter un délicieux gâteau tout chocolat de chez Landeau / flâner à la terrasse d’un café et mater les gens cools.

Le Chiado

De retour au centre ville pour un nouveau Miradouro, celui de de Santa Catarina. Il est accessible avec le funiculaire de la Bica, mais on préférera marcher à côté des rails, comme les mamies qui s’en sortent très bien depuis 75 ans.

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Une faune dépareillée se côtoie sur ce belvédère. Entre les deux trois touristes en short et sandales, les infirmières de l’hôpital d’à côté et les vendeurs de substance rigolote à fumer règne une ambiance sereine et étrange. On s’assoit sur les marches, ou aux tables du kiosque, et on pose nos yeux sur le Tage et le port industriel.

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Prendre le tram 28

Attention, l’expérience qui va suivre est peu recommandable. Mais comme tous les guides s’acharnent à dire que c’est un incontournable, je ne peux que me joindre à eux : prendre le Tram 28 est un incontournable à Lisbonne.

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Et bien oui, il faut tenter l’attente interminable, les vilains touristes pressés qui grillent et rentrent sous le nez l’air de rien “oups ho bin on avait pas bien vue que là c’était le début de la file huhuuh” (et te donnent des envies de meurtre), des vieilles femmes au bord de l’évanouissement qui veulent juste rentrer chez elles (sur la colline là, en face) comme elle le font depuis des décennies, des aisselles suintantes, des cris de paniques, des freinages malheureux…  Paris en heure de pointe est à coup sûr moins hostile.
Après… ça reste pratique, voir même charmant pour passer d’une colline à l’autre.

Donc mon conseil : Prenez le tram 28, mourrez 400 fois, restez dedans quand tout le monde sort à Santa Luzia et descendez plus loin un peu au hasard, (dans un quartier qui n’est peut être même plus sur votre carte de touriste). Après la station Graça par exemple, dans le quartier d’Estrela d’Ouro.

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Les Miradouros

Une fois perché ici, il devient très facile d’enchaîner les points de vues et les collines. Dans l’ordre d’apparition, le Mirarouro da Graça, celui de Sophia de Mello Breyner Andresen puis le Miraroudo do Castelo S.Jorge.

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Les vues s’enchaînent mais ne se ressemblent pas, rythmées par les ruelles aux murs graphés. Sur la colline du castelo, nous nous arrêtons pour un boire un verre au café du Teatro da Garagem. En passant devant la porte, on ne se doute pas que se cache derrière une magnifique verrière accrochée à la colline. Décoration soignée, bon porto et vue surprenante sur le rougeoiement de la ville à la tombée du jour.

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Mouraria et restaurant clandestin

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Lisbonne n’en finira pas de nous surprendre. En quittant le quartier cossu du château St George nous traversons une partie de la ville peu mentionnée dans les guides. Un dédale de ruelles et d’escaliers pouvant faire penser à l’Alfama, les touristes en moins et le charme en plus. Il s’agit de La Mouraria, le véritable quartier de naissance du fado. Coupe-Gorge il y a quelques années, il s’est boboisé tout en conservant une atmosphère authentique.

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Il suffit d’un croisement de rue pour que l’ambiance change totalement. Nous sommes en plein quartier multi-ethnique et ça tombe bien, car nous recherchons un de ses fameux restaurants chinois clandestins. Celui-ci se cache au 59 rua Bemformo. Ne soyez pas rebuté par la porte d’entrée, grimpez les deux étages et profitez de cet excellent bon plan !

Nos voisins de table, un groupe de sympathiques jeunes Lisboètes, nous conseillent de faire un tour au sommet du centre commercial juste à côté. Étonnant non ? Encore une porte qui ne demande qu’à être poussée. Arrivé en haut, nous découvrons le Topo Bar, un beau roofTop à l’ambiance un peu chic, et à la caïpirina excellente. Une très belle façon de terminer cette journée, en admirant la vue sur la ville et les trois collines que nous avions justement traversées l’après-midi même.

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Jour 3

Campo de Santana

Pour notre dernier jour, nous avons envie de découvrir un peu au hasard un quartier peu connu des guides, le Campo de Santana. Ce quartier résidentiel et cossu renferme de petites pépites, comme le Torel Palace dans lequel nous prenons le café le plus cher de la capitale (2,50€, mais avec une vue de dingue dans un fauteuil moelleux). Nous lui préféreront le charmant Jardim do Torel dans lequel se trouve un kiosque, une terrasse et un joli belvédère bien caché sur le toit d’une école maternelle. En redescendant l’enfilade d’escalier nous atterrissons dans une rue populaire et animée, la rua Sao José, dans laquelle nous furetons chez quelques antiquaires et friperies.

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Nous terminons la matinée en découvrant un nouveau lieu surprenant : la Casa do Alentejo, une sorte de Palais Mauresque en pleine ville, avec ses immenses salles de bals, un restaurant, son patio, et sa décoration kitchissime.

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Notre dernier repas se fera au restaurant As Zebras Do Combro. Étonnamment, ce restaurant minuscule et bon marché est devenu un des plus connus de la ville (Même le magazine “Elle” a fait un article dessus nous mentionne le patron). Mais en goûtant l’ambiance et les plats traditionnels méditerranéens, on comprend largement pourquoi.

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Juste en face du Zebras se trouve un dernier lieu surprenant. Un immeuble très moche (normal, c’est un parking). Poussez la porte, prenez l’ascenseur jusqu’au dernier étage et terminez l’ascension entre les voitures à pied. Vous arrivez au Park, un des nombreux rooftops branchés que compte Lisbonne, avec sa superbe vue sur le Tage. Une belle idée pour un apéritif au coucher du soleil, à condition d’arriver tôt. Les places sont chères.

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Notre voyage prend fin. J’espère que ce récit vous aura donné envie de découvrir ou de retourner à Lisbonne. En attendant, vous pouvez consulter la suite de nos articles et nos bons plans dans notre mini-guide de Lisbonne en cliquant sur la pastille ci-dessous :-)

 

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Merci à Poulpi pour son aide et son soutient moral.