Quand Gérard Collomb a annoncé que la Fête des Lumières aurait bien lieu cette année, un grand sourire s’est dessiné sur mon visage. Certes je ne suis pas le dernier à râler sur cette grande messe visuelle et son lot de touristes et de contraintes, mais l’annulation des festivités, l’année dernière, m’avait fait prendre conscience à quelle point j’étais attaché à cette fête.

Quelques jours après, quand le dispositif de cette édition a été détaillé et que le mot « fan zone » fut lâché par des organisateurs encore sous l’emprise du succès de l’EURO 2016, mon sourire s’est transformé en grimace. La Presqu’Île transformée en forteresse, des points de contrôle partout et sûrement d’interminables files d’attente pour se faire fouiller… Quand les cars de japonais sont remplacés par des cars de CRS, c’est l’ambiance bon enfant qui en prend un coup. Alors je me suis dit que ce serait sans moi, cette année.

Et puis la fin d’année est arrivé, la grande roue s’est installée sur la place Bellecour et la nuit s’est mise à tomber dès la sortie des bureaux. Les odeurs de marrons chauds ont commencer à envahir les artères marchandes et leurs effluves telles une madeleine de Proust hivernale m’ont rappelé combien j’aimais décembre à Lyon… Et que serait décembre sans Fête des Lumières ?

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis et comme j’ai la prétention de ne pas être trop stupide, j’ai décidé il y a quelques jours que j’irai finalement me balader en Presqu’île, pendant la Fête des Lumières. Même si ça va être la galère pour rejoindre la Presqu’île, même si il y aura surement une grêve des TCL, un froid de canard et un pic de pollution !

Voici pourquoi en 5 points :

Parce que la programmation est absolument dingue

Non mais vous avez vu un peu la programmation ? Un faux soleil géant qui se lève sur Fourvière, un dinosaure place Bellecour, un éblouissant dragon place de la République… Sans oublier les traditionnelles projections monumentales place des Terreaux et à Saint-Jean et les très attendu Deep Web à l’Hôtel de Région. Même la boule disco fait son grand retour ! Sous forme de bétonnière. Tout s’annonce fantastique.

Plus d’info sur la programmation ICI.

Parce que c’est moins éparpillé

La bonne nouvelle avec cette histoire de fan zone, c’est que tout est concentré dans un périmètre beaucoup plus restreint. Pas la peine de traverser la ville en long en large et en travers pour profiter des installations. Ce sont vos pieds qui vous diront merci.

Parce que ce ne sera pas si blindé

Moins de touristes, début plus tard (20h à lieu de 18h, au lit les mômes !), contexte sécuritaire. Il est fort probable que les 4 millions de visiteurs des années précédentes n’en soient plus que 2 cette année. Alors même si les installations sont plus concentrées ça fait plus de place pour respirer (et aussi 2 fois plus de vin chaud…)

Parce qu’il ne faut pas avoir peur

Bien sûr que je serai un peu flippé en y allant, mais pas plus de qu’habitude. J’y penserai sûrement plusieurs fois en me demandant ce que je ferais si ça arrivait, où est-ce que je me planquerais, si je serais un lâche, un héros ou un cadavre… Mais j’y pense aussi quand je prends le métro, quand je vais à la Part-Dieu… Alors bon, ça ne changera pas grand chose. Cette petite peur en arrière-plan qui s’est installée depuis près de 2 ans ne m’empêche pas de vivre au quotidien, elle ne m’empêchera pas d’aller flâner dans Lyon ce soir là.

Parce que je dois bien ça à Lyon…

Et à tous ceux qui bossent sur cette Fête. Ce grand show urbain et nocturne reste unique de par son ampleur et sa féerie. Je souhaite vraiment qu’il perdure, malgré ses nombreux défauts (trop de monde, trop marketing, trop ceci, trop cela…). Car si même les Lyonnais ne vont plus à la Fête des Lumières qu’en reste-t-il ?

Et vous, vous venez ?