
Si vous faites partie de ces courageux qui doivent continuer à traverser Lyon malgré les 38 degrés annoncés à l’ombre (quand on trouve de l’ombre), voici notre petit guide de survie spécial canicule et transports en commun.
1 – Ne prends tout simplement pas les TCL
C’est évidemment la solution la plus efficace. Reste chez toi. Installe-toi devant un ventilateur. Ouvre la porte de ton congélateur en grand. Lance un documentaire sur les glaciers d’Islande. Bois de l’eau fraîche. Profite de la vie.
Comment ça, vous devez aller bosser et vous n’avez pas le choix ? Tsss. Dans ce cas, poursuivez votre lecture. Mais sachez que vous avez volontairement choisi la difficulté.
2 – Sois propre
On ne peut malheureusement pas demander à tous les gens qui s’entassent dans le métro A à 8 heures du matin d’avoir pris une douche et mis du déodorant. On aimerait. Mais on ne peut pas. En revanche, vous pouvez au moins ne pas être vous-même à l’origine du problème.
Montrez l’exemple ! Les bonnes odeurs corporelles commencent par soi-même. Ne faites pas subir aux autres ce que vous ne voudriez pas qu’on vous fasse subir. Car si chacun fait un petit effort, nous pouvons collectivement réduire de 12 % le risque de transformer une rame bondée en vestiaire de football après un match avec prolongation. Ce n’est pas grand-chose, mais c’est déjà ça.
3 – Sois concentré
Quand certains montent dans les transports en commun, ils regardent leur téléphone. Erreur de débutant !
Pendant une canicule, chaque montée dans une rame est un exercice stratégique de haut niveau. Ouvre l’œil dès que tu rentres dans le tram T2 à Perrache. L’emplacement est stratégique. Il faut deviner en moins d’une seconde et demie où l’air sera le plus respirable. Près d’une fenêtre entrouverte ? À côté d’une bouche de ventilation ? Dans cette mystérieuse zone où personne ne semble vouloir aller ? Chaque décision compte.
Le mauvais choix peut te condamner à quarante minutes coincé entre un sac à dos humide et un monsieur qui semble avoir parcouru le GR20 avant de monter dans le tram.Les meilleurs joueurs développent avec le temps un instinct quasi surnaturel. Ils repèrent une place fraîche à vingt mètres. Ils sentent les courants d’air. Ils anticipent les mouvements de foule. Deviens ce genre d’expert. C’est un soft skill plus puissant qu’il ne parait.
4 – Fais des détours pour rester au frais
Dieu bénisse la climatisation du métro B (même si les chances qu’il tombe en panne au pire moment sont élevées). L’été, il faut apprendre par cœur la carte des TCL alternatifs ne contenant que des métros, bus ou tramways climatisés. Oui, cela peut rallonger le trajet. Oui, cela peut sembler absurde de faire trois correspondances alors qu’une ligne directe existe. Mais il vaut mieux arriver vingt minutes en retard qu’à l’heure mais trempé de sueur (et pas forcément de la sienne 🤢).
Considère cela comme un investissement en temps pour ton confort et celui de tes collègues qui devront partager un open space avec toi pendant les huit heures suivantes. Au lieu de faire Bellecour → Perrache en métro A en 3 minutes, fais Bellecour → Saxe → Part-Dieu → Debourg → Perrache avec le métro B et deux trams climatisés. Le trajet dure 27 minutes mais tu auras éviter l’enfer qu’est le métro A et tu arriveras (à peu près) frais.
5 – Sois matinal
Les vrais experts des transports lyonnais en période de canicule connaissent le secret. Partir tôt. Très tôt. À cette heure bénie où il fait encore moins de 30 degrés en ville et où les rames ne sont pas encore bondées. Pendant quelques instants, tout semble presque normal. On respire. On s’assoit parfois. On envisage même la journée avec optimisme.
Malheureusement, cette technique ne fonctionne pas dans l’autre sens. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, vivre et se déplacer la nuit n’est pas forcément une bonne idée. Les odeurs de transpiration et la chaleur ont tendance à rester prisonnières des rames pendant de longues heures après l’heure de pointe. Certaines lignes développent même un microclimat autonome qui semble défier les lois de la météorologie moderne. Le dernier métro du soir n’est donc pas toujours l’oasis de fraîcheur que l’on imagine.
Bon courage à tous
Si vous devez affronter les TCL cette semaine, sachez que vous n’êtes pas seuls. Partout dans la métropole, des milliers de Lyonnais vivent actuellement la même aventure. Ils transpirent. Ils cherchent de l’air. Ils regrettent leurs choix de vie. Et ils rêvent tous secrètement de se déplacer dans une voiture climatisée.
Courage. L’automne n’est plus que dans 100 jours !