A mon tour de contribuer au fil rouge Nuits de Fourvière !
Je suis allée voir les Ballets Trockadero de Monte Carlo lundi dernier, et cette soirée m’a donné des crampes aux zygomatiques ;)

Je dois reconnaître que je suis complètement novice en spectacles de danse, et ces ballets ont été un moyen amusant et original de faire connaissance avec le sujet.

Il est 22 heures : la voix d’un speaker nous annonce le nom des danseuses à venir et celles qui ne se produiront finalement pas, en mode litanie farfelue, à grand renfort de patronymes russes à rallonge et de « last names » avec des jeux de mots à l’intérieur.
Le ton est donné : le spectacle qui arrive ne se prendra pas au sérieux et promet de nous faire glousser

Le spectacle commence avec Le Lac des Cygnes : tout y est, le prince, la reine des cygnes & ses congénères… tout y est à ceci près que les ballerines ont des torses bien velus et ont fait l’impasse sur l’épilation des aisselles. Car ce sont des hommes qui portent le tutu.


La situation est parfaitement risible : un visage ultra fardé et des tenues très délicates sur ce débordement de pilosité créent un contraste qui scotche un sourire sur tout le public… mais ce n’est pas tout. Car les chorégraphies multiplient les gags :

  • il y a la danseuse ultra-concentrée au sourire figé (vous vous souvenez de Jack Nicholson dans Shining?) qui a tout l’air de compter ses pas, tendue à souhait.
  • il y a la version Pierre Richard de la ballerine : celle qui arrive sur scène en se prenant un gadin phénoménal, qui confond sa gauche et sa droite, qui ne manque jamais d’être à contre-temps, et qui n’hésite pas à traverser la scène parce qu’elle s’est trompée de groupe.
  • il y a la version costaude de la ballerine : Popeye avec un tutu en quelque sorte, qui tranche avec ses collègues plus freluquets.

Je ne pourrais pas citer tous les morceaux de toutes les parodies, mais ce que j’ai retenu, ce sont de grands éclats de rires : des scènes parfois mimées comme des films sans parole, des portés mal assurés ou parfois complètement ratés, des grimaces et des clins d’oeil, des ruptures de style avec des ballerines qui virent gogo danceuses le temps d’un pas, ou bien coureuses de marche rapide (quand on se dandine sans lever le talon, vous voyez?), un cygne qui perd ses plumes et n’en finit pas d’agoniser…
On a ri, beaucoup ri, devant tant de fausses maladresses, car la technique est bien là, derrière tous ces ratés.
Au final, donc, un spectacle qui met de bonne humeur et désacralise le mode de la danse : un très bon moment en somme.
Si Ballets Trockadero de Monte Carlo repassent à Lyon, il faut y aller, c’est un ordre ;)
Et pour vous convaincre, voici un petit condensé en images !


Sources photo : Nuits de Fourvière