[DISCLAIMER: cet article parle notamment d’un salon de coiffure qui a ouvert IL Y A 3 ANS, c’est-à-dire qu’il est probablement déjà connu par 97 % des lecteurs. Il s’adresse donc aux 3 % restants… ainsi qu’à ceux qui ont vu dans le mot « notamment » la promesse d’un moment de bonheur littéraire dans ce billet caustique, débridé, plein d’aventure et de suspense dans le monde merveilleusement chamarré des professionnels du cheveu. Mais trève de [s]poil. Venons-en aux faits.]

Capillairement parlant, je ne suis pas une diva avec des exigences complètement dingues. Mais la sélection d’un coiffeur doit quand même répondre à un cahier des charges précis. Ayant été chouchoutée de 5 à 28 ans dans le même salon, j’ai eu par la suite beaucoup de mal à trouver mon bonheur et je me vois mal aujourd’hui faire 1400 km aller/retour pour rendre visite au coiffeur de ma folle jeunesse – ça ferait cher du brushing quand même. Et pourtant, cette idée m’a effleuré l’esprit à la suite de quelques déconvenues – soyons francs : d’immondes ratages – et, de ces expériences malheureuses, j’ai tiré les conclusions suivantes :

– le salon recommandé chaudement par la chagasse à mèches roses qui se prend pour Rihanna à la machine à café : ne peut pas être l’ami de ma tête.
– le salon low-cost qui propose un forfait shampooing + coupe + brushing + pose d’ongles + massage californien + rinçage + polish + jantes à moins de 15 euros… : sérieusement ?
– le coiffeur de quartier tellement roots qu’il te met un bol sur la tête pour couper droit ce qui dépasse (véridique) : ne doit être considéré qu’avec circonspection, voire méfiance, et envisagé uniquement en cas d’urgence capillaire potentiellement létale (invasion de poux, henné qui vire au vert, apparition d’une frange pendant mon sommeil)
– le coiffeur de la hype tellement stylé, type Jean-Louis Albane pour Camille Provost by Toni & Guy. Il te fait sans ton consentement un « soin baume embellisseur réparateur karité/papaye spécial pointes sèches 8 en 1 parce que vous avez le cheveu très abîmé quand même… »… bref, un après-shampooing à 96 euros : ne doit être envisagé qu’en cas de guerre nucléaire ou d’explosion soudaine de mon pouvoir d’achat.

J’avais donc décidé de faire la grève du coiffeur après de lourdes déceptions capillaires dont les souvenirs hantent encore quelques vieux albums photo que j’aurais préféré brûler. Jusqu’à ce que je ressemble à peu près à ça :

Cousin Machin, un proto-Chewbacca

Cousin Machin, un proto-Chewbacca

Bravant la fatalité ainsi que mon angoisse de la coupe ratée, j’ai donc pris rendez-vous récemment chez un coiffeur. Ce que j’ignorais alors, c’est que ce coiffeur allait enfin me réconcilier avec la profession…

HÅR : prononcer « ART »

On peut se la jouer puriste et prononcer Hår à la Chewbacca suédoise (HHÔÔRR), mais c’est tellement galvaudé. Pour votre gouverne, « hår » signifie « cheveu » ou « poil » dans la langue de votre catalogue d’ameublement préféré, et ça tombe bien, vu qu’on est venu pour se faire couper les cheveux, pas pour démonter un meuble. Cela dit, on ne peut que féliciter ce sens de l’à-propos ainsi que cette habile allusion aux cheveux, en cette époque troublée où personne ne songe aux conséquences dramatiques de la prolifération des lol coiffeurs.

A l’heure de mon rendez-vous, donc, Cousin Machin je pousse la porte du salon et là… stupéfaction… un endroit calme, un mobilier d’inspiration scandinave zen et épuré (on a visiblement affaire à un amateur de la Suède), un accueil des plus charmants… parce que oui, je tiens à souligner ce point : non seulement ce salon est un endroit chic et de bon goût (donc pas pollué par le moindre magazine pipole qui pique les yeux) mais en plus on a droit à une petite sélection musicale à base d’électro du meilleur aloi. Et je m’arrête à nouveau un instant pour vous faire prendre conscience de ce truc de dingue : chez Hår, on ne met pas RMC à fond pour couvrir le bruit des séchoirs en débitant de la mèche rebelle, non, on écoute le client et on sert une petite playlist de derrière les fagots tout en faisant une coupe de pure bombe.

En sortant, j’ondulais nonchalamment ma crinière sur du Metronomy et je ressemblais (presque) à ça :

Farah Fawcett, une pure bombasse

Farah Fawcett, une pure bombasse

C’est pas tout : maintenant que je suis une grosse bombe atomique brushée à mort, je vais même vous vendre du rêve en barre : coiffeur le jour, organisateur de soirées au Bellona la nuit avec le collectif Elektro System : ce coiffeur est juste au TOP !

Verdict : épouse-moi tout de suite, Monsieur Hår !!!

HÅR
4 rue Louis Vittet, 69001 Lyon
04 78 28 06 62

… mais ça ne s’arrête pas là. Je vous avais promis de l’aventure et du suspense, je ne vais pas vous arnaquer sur la marchandise. Avant même d’être publié, ce billet à la gloire du salon Hår a déclenché une guerre nucléaire au sein de la rédaction du blog (…je devais donc envisager la possibilité d’un après-shampooing à 96 euros chez Jean-Louis Albane ? Au secours !). Hår a littéralement déchaîné les passions. On m’a dit en substance : NAN MAIS KOAAA ? Ce salon archi-connu qui a déjà eu son heure de gloire sur les réseaux sociaux (comprendre : maintenant c’est juste ring-hår… ha ha ha.), et qui en plus a raté ma coupe quand j’ai voulu le tester ? Nan mais ça va pas la tête ???

S’en est suivi un débat d’une violence inouïe sur les coiffeurs en général, qui seraient les représentant d’une machination sexiste diabolique mise à jour par la question qui brûle toutes les lèvres : Pourquoi une coupe courte femme reste 3 fois plus cher qu’une coupe courte homme !!! Hein ???

Théorie de Clem (coiffeur pour dames) :

coiffeurdame

Théorie d’Anthony (coiffeur pour hommes) :

coiffeurhomme

Bon… le débat n’est pas tranché et la question demeure : trouver un bon coiffeur est-il vraiment une mission à s’arracher les cheveux ? Vous avez 4 heures.