Nouvelle rubrique sur CityCrunch ! Tous les mois on demandera à une personnalité lyonnaise de nous raconter ce qu’elle ferait si elle devait passer une ultime journée à Lyon.

Pour ce premier opus, on est très fiers d’accueillir la talentueuse Emilie Ettori, donc vous avez surement vu les illustrations représentant les différents quartiers de Lyon (et d’ailleurs).

Émilie, habite sur les quais du Rhône, là où les coffee shops et les épiceries bio ont remplacé les kebabs. Elle aime chanter, danser et être filmée. Elle imite plutôt pas mal l’accent québecois et quand elle était petite, elle voulait être secrétaire municipale pour avoir plein de classeurs…

Alors Émilie, dis-nous tout, quelle serait le programme de ta journée si tu devais quitter la ville le jour d’après ?

8h00

Déjà, si je devais passer une dernière journée à Lyon, j’imagine que ce serait pour une raison assez fatale, comme une condamnation à mort, ou un déménagement dans le Cantal. Dans tous les cas, je serais super triste et je passerais ma journée avec de la buée sur mes lunettes à force de sangloter. Alors je pense que pour compenser, j’irais à 8h du matin sur la ligne A du métro, quand c’est bien la cohue, et je me taperais quelques allers retours entre Perrache et Charpennes, coincée entre les gens qui vont au taf, les boîtes à lunch dans des sacs thermos et les vieilles qui tombent sur leurs voisins à chaque station, parce qu’elles essaient de s’asseoir pile quand le wagon redémarre. A 9h00, je serais bien vénère, et j’aurais un peu moins de chagrin.

12h00

Bon, les gars, si c’était ma dernière journée, je me payerais une bonne table, un truc super bon, très cher et ultra lyonnais, comme la Mère Brazier par exemple, et je commanderais toutes les spécialités que je n’ai jamais osé goûter par peur des glucides, comme un tablier de sapeur, des ris de veau et du gras double à la lyonnaise. Pour le dessert, une petite part de tarte à la praline et un café, sans sucre (je fais attention). J’irais seule, je demanderais une grande table près de la fenêtre et je regarderais la tête du serveur se décomposer quand il prendra ma commande.

14h00

Comme j’aurais fait un petit malaise vagal après mon déjeuner solitaire riche en acides gras saturés, je reprendrais mes esprits en allant à pied dans mon endroit à la fois favori et à la fois où je ne vais jamais : la terrasse du musée Gadagne. Cet endroit combine plusieurs de mes passions, à savoir, dans cet ordre : les plantes, la hauteur, et la rareté des êtres humains. Ici, je commanderais un verre de Sauternes, je sortirais mon carnet de poche, je froncerais les sourcils pour faire croire à mes semblables que je suis absorbée par de grandes réflexions métaphysiques, alors que je serais en réalité juste inquiète pour ma digestion.

16h00

J’aimerais bien vous dire que prise d’une envie de nourrir mon âme de la beauté du monde, j’aurais l’idée d’aller voir une exposition au Musée des Beaux Arts, parce que je voudrais avant tout passer pour une fille cultivée et intelligente, mais le scénario le plus probable est que je me rende dans une librairie de BD, comme la librairie Expériences place Antonin Poncet, et que j’achète déraisonnablement des ouvrages qui me font rire. Chargée comme une folle , ce qui est aussi une autre de mes caractéristiques (c’est de famille) je galèrerais à porter mes achats, partagée entre l’accomplissement et le regret, le bonheur et la douleur des triceps.

19h00

Le soir, je rejoindrais bien évidemment mes copines à la terrasse d’un quelconque bistrot qui sert de la bière dans de fausses pintes en plastique. Si nous sommes en été, (saison idéale pour déménager dans le Cantal), alors ce sera une péniche complètement blindée de monde, où l’on pestera contre tous ces gens sans imagination qui vont sur les péniches pour boire un verre. Mes copines sont comme moi, très belles (c’est un détail sans aucun lien, mais je voulais quand même le souligner), et assez bêtes pour que l’on rigole des mêmes choses depuis dix ans sans se lasser.

22h00

Je rentrerais sagement préparer ma valise pour ma nouvelle vie. Non. Je plaisante.

1h00

Je serais assez saoule pour oser accomplir mon rêve ultime à Lyon, celui auquel je pense tous les jours mais que je n’ai jamais osé réaliser, pour des raisons de style et de fierté personnelle : louer une trottinette électrique et rentrer comme une dingue en roulant à une allure folle.

Mais au fait, Émilie, pour de vrai qu’est-ce qui te ferait un jour quitter Lyon ?

La prochaine Fête des Lumières…

Merci pour cet article, Émilie ! Bonne chance dans le Cantal…

La dernière journée d’Émilie Ettori en une carte

 


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5 commentaires

  1. Les endroits adorés où l’on ne va jamais, les idées de mouton qu’on suit chaque été en pestant, la bouffe lyonnaise qu’on déteste aimer… une chouette journée racontée avec humour et légèreté, dans laquelle je me reconnais bien 🙂
    Merci Emilie pour ce récit, toujours un plaisir de te lire ici ou sur les réseaux sociaux, tout comme d’admirer ta jolie petite illustration qui trône dans mon salon !

  2. Elle est tout simplement géniale, de l’humour, le vrai humour lyonnais, de la dérision, de la gentillesse, du sourire. La grande classe et une belle plume. Je lui décerne le prix Fémina de la brève la plus sympa que j’ai lu.
    Hâte aussi de voir le « prochain » vrai et j’espère faux départ de notre bonne ville de Lyon.

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