Ça n’a pas échappé aux mélomanes, le Trip Hop fait son grand retour sur le devant de la scène. Nostalgie des années 90 et des premiers albums de Morcheeba ou renouveau du genre que peut-bien signifier ce retour ?

On a posé la question à Thibault, du groupe (made in Lyon)  Over the Snare, dont on vous recommande chaudement l’écoute.

Alors Thibault, Comment expliques-tu le revival du Trip Hop ?

Je ne l’explique pas et je n’aurais pas cette prétention. Je ne sais pas vraiment si on peut parler de revival du Trip Hop, mais en tout cas force est de constater que pas mal des groupes phares des années 90 sont sur le devant de la scène en ce moment. Je pense notamment à Portishead qui refait une tournée en Europe, Massive Attack avec son dernier album, Bjork évidemment ou encore Wax Taylor, The Herbaliser, Bonobo, et Dr Flake plus proche de chez nous et plus récent (j’en oublie forcément). Du coup il y a pas mal d’actu et ça crée une bonne émulation, autour d’esthétiques certes un peu variées, mais qui définissent bien le Trip Hop finalement. Je crois aussi qu’il y a un public pour cela et donc une réelle attente de celui-ci.

Peux-tu nous parler un peu de Over the Snare ?

Je suis donc batteur dans Over the Snare avec Audrey Vollerin au chant, Pierre-Cyril Aguilera à la guitare et Teddy Elbaz aux claviers/programmation. Tout est parti d’une rencontre il y a 2 ans entre Pierre et moi et l’envie commune de monter un projet Trip Hop. Ça a pris un peu de temps avant de trouver cette formule mais nous sommes sur le point de sortir notre premier EP, en digital, CD et Vinyle ! Le projet est soutenu par le collectif lyonnais Ashrama Productions qui nous a permis de réaliser ce disque. Je crois qu’on y a « mélangé » des choses assez variées, propres à chacun de nous, tout en souhaitant aller dans une direction commune. Même si on a tous bien évolué dans nos parcours, Teddy vient du hip-hop, Audrey du jazz et du classique, Pierre a fait pas mal de rock et je ne suis pas le seul dans le groupe à être fan des labels Ninja Tune, Trou Thoughts ou encore Daptone Records, des Beastie Boys, Coltrane… On échange pas mal autour de tout ça, entre autres, et on ne se cloisonne pas dans nos influences (du moins on essaie). C’est ce qui, je pense, donne un caractère assez particulier au son du groupe, tout en restant dans une esthétique assez identifiable.

Peux-tu nous en dire plus sur votre concert au Périscope, qui sera un peu particulier ?

On a la chance d’avoir Vincent Perriot avec nous sur cette date. C’est l’auteur de BD qui a réalisé la pochette du disque. Il est de passage sur Lyon dans le cadre du festival quai du polar et du coup il va nous accompagner sur scène le 30 mars lors de cette date au Périscope : il va dessiner pendant le concert, et cela sera retransmis en direct sur un écran. Ça devrait poser une chouette ambiance, surtout dans ce lieu qui s’y prête super bien !

Vous êtes ensuite en résidence à l’Épicerie Moderne, est-ce facile actuellement pour un groupe local d’être accompagné et aidé à Lyon ?

En effet, c’est une réelle opportunité… et tu mets les pieds dans le plat ! Ce n’est pas facile de trouver un soutien aujourd’hui quand on est un groupe en émergence. Cela est assez général (pas forcément propre à Lyon). Les salles et les structures sont excessivement sollicitées, par des projets de qualité de surcroît, et ne peuvent répondre à tout le monde. Aussi il y a les contraintes de programmation, de planning, de subventions… plus « simplement » de goût, qui conditionnent les choix et les possibilités. C’est très compliqué et évident pour personne malheureusement.

Et la question finale qu’on pose à toutes les personnes qu’on interview quels sont tes bons plans à Lyon pour sortir ?

Le Périscope ! L’Epicerie Moderne !! Forcément si on les a démarché c’est parce que c’est des lieux qu’on affectionne. Bonne prog, ambiance cool, etc… il y a aussi De l’Autre Côté du Pont, L’Absinthe, « Amphimidi » à l’Opéra de Lyon… Bon c’est que des lieux de concerts, mais je crois que c’est la thématique de l’interview non ? Ou alors pour en sortir : Le Look Bar, ou comment se retrouver dans un film de David Lynch en vrai : surréaliste !

Vous pouvez retrouvez Over the SnapeFacebook et MySpace.

 

11 commentaires

  1. Han Qyrool il use des titres polémiques pour que les fanboy comme moi viennent rageusement commenter en disant que non le trip hop n’est pas has been 😮

    Ce qui m’énerve concernant le trip hop c’est que ce genre soit considéré un peu comme une musique d’ascenseur ou une musique a passer au coté des collections de buddha bar dans les café lounge. La publicité et la télévision reprennent tellement ce style, au même titre que l’electro pop, qu’il les banalisent et les rendent has been aux yeux des hipsters se voulant pointu.

    Que de mal fait ç teardrop en l’entendant au générique de House MD :
    – Ah c’est le générique de Dr House !!
    – nan ! c’est une super chanson de Massive Attack
    – Ah c’est une musique de la pub untel !!
    – nan c’est mad about you de hooverphonic

    bref j’aime le trip hop et l’electro pop, et non c’est pas à cause de la pub ou des séries tv.

  2. Grande fan de Trip Hop également et ça m’embête bien d’avoir loupé le groupe au Ninkasi car j’aime beaucoup ce qu’ils font. Aucune musique n’est has been, du moment qu’il y a toujours des gens pour l’écouter. Certains vont fusilleront pour avoir dit que Montagné est has been… Bon faut voir qui dit ça aussi ^^

  3. Trip-hop, terme inventé par le magazine anglais de dance Mixmag pour stigmatiser cette nappe de soul dépressive, fusion de blues, de jazz et de hip-hop. Le trip-hop a jeté dans les eaux de la modernité une mélancolie crépusculaire, celle de l’orgueil perdu de Bristol, brisé par son héritage esclavagiste, deuxième ville du pays il y a deux siècles.

    L’Age d’Or du Trip Hop sur : strictly-trip-hop.com

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