LYON-FROIDS

Cette semaine, sur Lyon CityCrunch, les lecteurs prennent les commandes et publient des articles. Aujourd’hui, Fiammetta avait envie de partager avec vous ces endroits comment elle a apprivoisé ces froids Lyonnais en débarquant de Bruxelles.

Peut-être que je ne suis pas la mieux placée pour en parler.

Après tout, je suis arrivée de Belgique, ai vécu en Suisse et je suis à la fois italienne et espagnole, même si un peu française sur les bords (si, si, je vous jure, c’est possible). Autant dire que ma vision des Lyonnais, tout d’abord inexistante parce que pour moi France = Paris, à l’époque (oui bouh je sais), paraissait biaisée par ce melting pot interne et cet impardonnable gouffre culturel. Alors oui, quand je suis arrivée, toute pimpante du plat pays, du haut des mes dix-neuf petites années, avec ma tronche de bisounours, j’ai cru à cette légende qui raconte que les lyonnais natifs sont froids, fermés et, par extension romanesque et ténébreux.

lyonnais froids

Au final, je fait mon nid dans le quartier Cordeliers, je passe ma première nuit avec une batte de baseball en travers de mon lit, façon ceinture de chasteté et je sors le moins possible dans cette ville qui me paraît pour le coup bien grande et qui ne ressemble en rien à ma Bruxelles avec ses pavés défoncés et son allure germano-bobo.

Mais le temps passe et je m’enhardis, allant jusqu’à m’imaginer, genre d’Amélie Poulain 2.0, appeler les commerçants du quartier par leur prénom tandis que je voltige en jupe et qu’on me refile des trucs gratuits en m’appelant « ma belle ». Mais finalement, mis à part les : « c’est vous qui lancez des mégots sur les auvents du magasin ? » et les regards vaguement intrigués quand je passe à côté d’un groupe de serveurs en pause clope, c’est le calme plat.

Désormais, quand je vois où j’en suis, je me demande ce qui a fait que tout à changé. À défaut d’avoir des trucs gratuits (même si oui j’y suis parvenu quelque fois avec le sentiment d’accomplissement propre à ma nature de grosse radine), j’ai vraiment le sentiment de m’être intégrée dans mon quartier. La preuve j’y travaille à côté de mes études et salue effectivement les commerçants du coin, la jupe légère en moins toutefois.

Et puis je me suis rendu compte que le Lyonnais, en fin de compte, c’est pas si compliqué que ça à se mettre en poche. Alors voilà pour les petits nouveaux (ou les anciens qui ont besoin d’une piqûre de rappel) une petite checklist de choses à faire ou à ne pas faire pour s’assurer de ne pas finir en grattons, voire pire.

« Oui mais à Paris… »

Non. Juste, non. Si vous êtes parisien et fier, ou que vous avez adoré vivre à Paris, c’est bien mais le Lyonnais aime sa ville et la voir dépréciée de la sorte n’est pas un bon move.

Intéressez-vous à la ville

Posez des questions sur les meilleur café ou autre. Déjà vous apprendrez des tonnes de choses des habitants, mais en plus ça fait toujours plaisir de voir quelqu’un d’intéressé et sans a priori.

« La cuisine lyonnaise est trop simple, ça manque de saveur »

Si vous tenez à vous faire agresser à coup de gras double des familles, à vous de voir.

Parlez bouffe.

Les plus longues conversations que j’ai eues avec des commerçants concernaient la nourriture. Je n’avais jamais goûté un boudin noir. Autant dire qu’on m’a presque pris par la main pour m’emmener chez le traiteur du coin en me donnant des conseils de grand-mère pour une cuisson au poil.

« Ouais les lyonnais vous êtes agressifs, hein »

C’est comme demander à quelqu’un qui est tombé et s’est ouvert le crâne si ça fait mal. Ca donne juste envie de vous manger la tronche.

Privilégez les petits commerces

Si vous voulez pouvoir vous lier à des gens qui vivent à Lyon depuis longtemps et qui auront peut-être le temps/l’envie de vous tailler le bout de gras.

« Le métro lyonnais est sale »

Vous avez vécu dans une clinique toute votre vie, sinon vous sauriez que le métro lyonnais est l’un des plus propre de France. Donc non seulement c’est faux mais en plus le lyonnais n’aime pas qu’on renie les mérites de sa ville chérie.

Ne soyez pas timide

… même si certains ont l’air d’ours. Mon patron, de prime abord, j’ai cru qu’il allait me manger. Et puis un jour il m’a demandé de bosser pour lui, comme ça, parce qu’il savait que j’étais étudiante en galère, et depuis j’ai un deuxième papa qui va intimider les auto écoles frauduleuses, fait ma pub dans le quartier et engueule les clients même quand c’est moi qui ai fait une connerie.

« Les meilleurs bouchons c’est dans la rue Mercière »

Ahahahahahaa.

Après, forcément il y a les choses essentielles qui paraissent aller de soit, la politesse, le sourire. Mais j’ai surtout remarqué que c’était ma timidité qui me nuisait à mon arrivée. Une fois que j’ai eu l’audace de poser des questions, de blaguer un peu, les gens paraissent se dégeler d’un coup.

Après si ça ne marche pas, n’insistez pas, faudrait pas que cette checklist cause votre perte…