Parnassus

Voir arriver un film de Terry Gilliam sur les écrans est toujours une bonne nouvelle. La poisse légendaire du réalisateur a été à l’origine de bon nombre d’arrêts de ses projets.

Son dernier film, l’Imaginarium du Docteur Parnassus, n’a pas échappé à cette malédiction, puisque c’est tout bonnement l’acteur principal qui est mort avant la fin du tournage.

En effet, Heath Ledger tient le rôle principal de l’Imaginarium et il aura fallut l’inventivité de Terry Gilliam et l’appel à la rescousse de trois fabuleux acteurs en guise de remplaçants de luxe pour voir arriver, sur nos écrans, cette invitation au voyage onirique du réalisateur de Brazil.

J’ai eu la chance d’assister à une projection en avant-avant-première la semaine dernière alors voici une rapide critique du film qui sortira le 11 novembre en Fance.

Pourquoi, le film mérite d’être vu

  • Pour Heath Ledger ! Son tout dernier film est l’occasion de démontrer, s’il le fallait encore, le talent de cet acteur parti trop top. L’introduction de son personnage semble surréaliste puisqu’il apparait pendu sous un pont de la Tamise, tel un suicidé qu’il sera. Terry Gilliam ressuscite l’acteur pour plus d’une heure de tribulations avant de ramener son personnage à son sort de pendu comme pour faire echo à sa mort réelle.
  • Pour les remplaçants. Jhonny Depp, Jude Law et Colin Farell. On a rarement vu mieux sur le banc des remplaçants. Les 3 acteurs, reprennent le rôle du personnage au grès de ces visites dans l’Imaginarium. Son changement de tête ne dénote même pas grâce à l’univers rarement logique de Gilliam.
  • Pour l’imagination débordante de Terry Gilliam. Sans atteindre la magie inquiétante de Brazil, l’Imaginarium du Docteur Parnassus offre de grands moments de délire et de n’importe quoi. Le réalisateur crée de véritables mondes farfelus à partir de l’imaginaire de ses personnages comme une réponse au monde réel dont il filme la froideur et la dureté.

Pourquoi, vous pouvez cependant vous en passez

  • Le senario. Si l’histoire reste assez originale, le tout est quand même très mal ficelé. La platitude et la longueur de certaines scènes dénotent face à la magie et le gigantisme de certaines autres. La structure globale du film s’en ressent fortement.
  • L’absence de petite étincelle. Comme après avoir fait un tour de train fantôme, on sourit mais on est un peu deçu. Est-ce par manque d’émotion, d’encrage plus fort dans la réalité ? Le film ne semble jamais atteindre son véritable but, l’histoire se regarde avec un distance trop peu implicante pour y croire vraiment.

Voilà, vous connaissez maintenant mon humble avis, à vous de voir si vous irez faire un tour dans l’Imaginarium.

Pour info,  Terry Gilliam viendra demain (mercredi 28 octobre) présenter son film à l’Institut Lumière, à 20h45.
Plus d’info : http://www.institut-lumiere.org/

Sur ce, je vous laisse avec la bande annonce.