lyon la nuit

Cette semaine, sur Lyon CityCrunch, les lecteurs prennent les commandes et publient des articles. Aujourd’hui, Lara vous emmène découvrir la faune nocturne de Lyon.

Attention, je ne parle pas ici de vos sorties nocturnes ; de l’apéro afterwork tardif, de la virée au resto’ puis au bar à bières entre potes (je ne cite pas la boîte de nuit puisque visiblement ce n’est plus votre truc), du concert que vous attendiez depuis 6 mois ou de la crémaillère de Jackie et Monique, votre couple d’amis. Mais de tout ce qui se passe après ça, entre la sortie du lieu à bouffe/picole (disons-le, tout type de sortie tourne autour de ça) et le moment ou vous êtes dans votre lit.

Voici une liste non-exhaustive des situations dans lesquelles un Lyonnais couche-tard peut se trouver :

Le dernier/premier métro

(marche avec tout autre transport en commun)
Ceux-là, vous les connaissez forcément. Deux espaces temporels possibles ici :

– Vous avez terminé votre soirée aux alentours de minuit et vous devez prendre le dernier métro/bus/tramway pour rentrer chez vous

-Votre soirée s’est fortement éternisée et vous attendez donc le premier transport pour rejoindre les bras de Morphée

Dans le premier cas, vous vous rendez compte que vous n’êtes pas tout seul. Vos homologues ont, comme vous, l’oeil vif et brillant d’alcool, la panse bien rempli et le rire bruyant. Certains n’ont pas pour projet de rejoindre leur lit mais bien de continuer à festoyer. Ils ont généralement une bouteille de liquide-qui-brûle dans la main, qu’ils ingurgitent directement au goulot, et parlent à voix haute de leur plan d’after pour montrer à tout le monde à quel point ils sont cool. Quelques personnes esseulées commencent à somnoler, musique dans les oreilles. Parfois, vous pouvez croiser quelques originaux qui disparaissent subitement en journée comme les zombies (on en parle après). J’ai aussi personnellement déjà croisé un individu déguisé en panda (en combinaison intégrale, tête comprise) et un groupe de rockers au total look cuir-cheveux longs qui allait à Montchat. De quoi finir la soirée sur un sourire.

Dans le deuxième cas, la population de votre espèce s’amenuise mais vous vous reconnaissez entre vous. L’oeil pétillant se transforme en regard vide et le rire laisse place au silence parfois brisé par l’appel à l’aide de votre pauvre foie (à moins que vous ayez joué au Cluedo toute la nuit). Le siège sur lequel vous êtes vous apparaît soudainement aussi confortable que votre lit. Vous ne somnolez plus, vous dormez. Niveau population, vous croisez quelques fêtards comme vous, des gens qui vont travailler (mais vous luttez trop contre le sommeil pour compatir) et l’hiver, ceux qui partent au ski et qui vous adressent toute leur sympathie (vous y penserez la prochaine fois que vous y irez sur les pistes).

Bonus : Vous prenez le premier métro après une nuit mouvementée pour aller au travail. Ou au ski.

Le noctambus

On en parle peu mais ils existent bien, ces bus de nuit. Les Pleine Lune qu’ils s’appellent. Il y a 4 lignes au départ de Hôtel de Ville toutes les heures dès 1h du matin. Pratique quand vous avez raté le dernier métro et que vous n’avez pas envie de rentrer à pied ou en Vélo’V. La population ? Etudiante à 95%. Et c’est normal vu que les bus passent par beaucoup de résidences universitaires. Ce qui ne vous concerne pas vraiment, vous, qui n’êtes plus sur les bancs de la fac depuis qu’on a plus de droit de fumer dans les bars. Mais bon, vous vous agglutinez avec eux comme du bétail dans ce bus à l’air enivré. Là, c’est un mix de comportements entre le dernier et le premier métro : il y a la team dodo et la team je-me-marre-bien-fort-en-marchant-sur-les-pieds-des-gens. Vous les observez en repensant à vos soirées étudiantes et en vous persuadant que vous, vous n’étiez pas comme ça.

Bonus : Quand il ne passe pas. Ce qui arrive souvent.

Le Vélo’V nocturne

On en arrive à la dernière possibilité de transport pour rentrer chez vous. Ca et vos jambes. Le Vélo’V en journée, vous l’avez déjà fait mais la nuit, c’est tout autre chose. Plusieurs critères sont en prendre en compte et auront chacun un impact différent sur votre trajet de retour :

– Vous êtes entre potes. Le trajet va vous paraître extrêmement court et plutôt agréable même si vous pédalez pendant une demi-heure comme si votre vie en dépendait. Vous discutez entre vous, vous rigolez bien, vous vous encouragez.

– Vous êtes entre potes et un peu pochards. Ce que j’appelle le roulé-bourré. Vous vous marrez encore plus et ne savez plus bien quel chemin prendre. Attention, la prudence est de mise, n’oubliez pas que vous êtes sur la route. Et ayez la main moins lourde sur le jaja, la prochaine fois.

– Vous êtes seul. Dans ce cas-là, le chemin jusqu’à votre lit va vous paraître très long et fastidieux.

– Vous êtes seul et bourré. Bon courage.

Bonus : Quand c’est la Fête des Lumières ou la Fête de la musique et que les Vélo’V deviennent une espèce en voie d’extinction.

Les zombies

Ah, nous y voilà. Qui sont ces zombies ? Le nom ne vous dit rien et pourtant vous les croisez tous les week-end à la nuit tombée. Vous ne savez pas de quoi je parle et vous pensez uniquement à The Walking Dead ? Vous avez tout juste (ou presque). Le zombie est le nom que nous -mes compagnons noctambules et moi- avons donné aux personnes, souvent éméchées mais parfois juste sur un canal de perception différent du vôtre, qui marchent comme des morts-vivants (les jambes raides, en titubant, les bras un peu en avant). Ils poussent généralement des râles, des grognements ou tout autre sons incompréhensibles. Des variantes existent. J’ai par exemple déjà croisé un zombie parfaitement immobile montrant du doigt quelque chose que, semble-t-il, lui seul pouvait voir.

De manière générale, on peut les croiser n’importe où mais il semble y avoir une forte concentration de zombies à Part-Dieu. Attention aussi sur la Rép’ et quand vous prenez le dernier métro. Ils essaient souvent de rentrer en contact avec vous et nous n’avons pas encore réussi à déterminer le degré de contagion. Comme ils se repèrent souvent de loin (rapport à la démarche), vous pouvez les éviter parfois juste en changeant de trottoir (souvenez-vous, les zombies sont lents).

Bonus : Quand le zombie, c’est vous.

La fringale nocturne

Posons le contexte : vous avez fait un apéro qui s’est éternisé, vous nourrissant uniquement de planche mixte charcut’/fromage. Il est tard, vous avez faim et vous savez que votre frigo abrite un oignon et un pot de yaourt périmé (mais vous le gardez quand même, on sait jamais). Le Mcdo’ encore ouvert le plus proche est à Guillotière ou à Charpennes (c’est looooooin) et vous ne voulez pas de Kebab car vous avez vu sur France 4 qu’il y a avait de la viande de chat dedans (c’est faux, au fait).

Deux solutions s’offrent à vous : La Gratinée et La Crise. Kézako ? Deux restaurants de nuit ayant le statut associatif. Il faut donc s’inscrire comme membre à la première visite. Le premier est bien connu des Lyonnais fêtards et porte très bien son nom (mais si vous savez, la gratinée, cette soupe à l’oignon que l’on mange traditionnellement la nuit pour éponger). Au menu ? Des patates et de la viande, en gros.

Le second, moins connu car très récent, est son petit frère (littéralement). On y mange italien, pizzas et pâtes donc. Dans un cas comme dans l’autre, c’est juste parfait pour vous attabler confortablement et contenter votre estomac à cette heure si tardive.

Arrivé au temple de la bouffe de nuit, vous croisez vos semblables. Très peu de risques d’y voir des zombies ou la famille Bidochon. En très gros, il y a deux vagues : celle des sorties de bar, de concert ou de spectacle et celle des sorties de boîtes. Et quel bonheur de manger une bavette ou des gnocchis au fromage à une heure aussi indécente. Vous dévorez votre assiette avec la sensation que la soirée continue, bien entouré de vos joyeux lurons. Vous profitez de ce moment de calme totalement impromptu avant d’entamer la dernière aventure pour rentrer chez vous (voir points précédents).

Bonus : La pizza «Guignol» à La Crise : andouillette et cervelle de canut, le combo parfait après votre (vos) pinte(s) de triple.

On est bien là ?

Attention, c’est la minute chauvine : elle est pas belle notre ville, la nuit ? Je vous plante le décor : le temps est clément et vous décidez de rentrer chez vous à pied par les quais du Rhône. Regardez autour de vous. Faites connaissance avec le visage de Lyon à la tombée du jour. Admirez l’éclairage des édifices et laissez-vous séduire. L’Université, les ponts, Fourvière perchée sur sa colline, le lycée St Just qui fait doucement flipper, le reflet des lumières sur l’eau, les jeux d’ombre…

Depuis 20 ans, des ingénieurs-concepteurs travaillent sur la mise en lumière de la ville. Un projet avant-gardiste entre beauté nocturne et développement durable : l’appellation «Lyon, ville Lumière» ne concerne pas uniquement le 8 décembre !

Vous voulez voir ça de plus haut ? Grimpez à Fourvière et admirez (les touristes y sont rares pour une fois). Ce sera votre promenade digestive.

Bonus : Il est très tard (ou très tôt) ? C’est bien aussi. Il paraît qu’on n’est pas lyonnais tant que l’on a pas contemplé le lever de soleil depuis la colline qui prie.