On avait relayé l’info sur ce site la semaine dernière : La région Rhône-Alpes et Lyon en particulier arrivaient en première position dans une enquête de l’Apec concernant les régions préférées des cadres. La région arrivant en 2ème position pour le dynamisme économique et 1ère pour la qualité de vie.

En bons chauvins, nous nous sommes félicités que les cadres Parisiens et Marseillais trouvaient notre chère ville plus attractive que la leur (71% de Parisiens jugent Lyon attractive, alors qu’il trouve Paris attractive seulement à 60%.). Et puis j’ai pris le temps de lire l’enquête complète pour en savoir plus.

En effet, je me demandais comment Lyon et la région pouvaient être devant Paris et l’Ile de France. Bien sûr,  je me doutais de la réponse : la qualité de vie joue aussi un rôle primordiale quant à l’attractivité, fut-elle même professionnelle.

Alors que reproche les cadres parisiens à la Capitale ?

Les principaux éléments qui contribuent à faire chuter Paris à la 8ème place sont le marché immobilier et les transports en commun.

Tiens, tiens… Ne serait-ce pas aussi des défauts que l’on pourra bientôt reprocher à Lyon ?

Marché immobilier trop haut ?

Est-ce que devenir propriétaire à Lyon est-il encore possible ? La ville vient de passer sous la barre de 50m2 pour 1000€ de remboursement mensuel d’emprunt.
Certes ,on est loin de 20m2 pour le même montant à Paris. Mais ça veut quand même dire qu’il faut un revenu minimum de 3000€/mois ou bien contracter un crédit immobilier pour se payer un logement dans lequel il est difficilement envisageable d’élever des enfants. La classe moyenne basse est-elle déjà mise au ban de Lyon, obligée de se loger en périphérie lointaine et de se taper de longs trajets domicile-travail ?

Transport en commun saturé ?

Les trajets justement. Lyon joui encore d’un réseau de transport en commun agréable. Même les heures de pointes un peu chargée, n’ont rien à voir à ce que peuvent vivre au quotidien les Franciliens. Mais le remplacement des confortables banquettes par des siège à la mode anglaise dans les rames du métro, permettant de mettre plus de gens contre une perte de confort (rendez-nous les banquettes !) va-t-il vraiment dans le bon sens ?

Certes je noircis un peu le tableau et je suis le premier à me réjouir que Lyon semble enfin s’être débarrassé de ce sobriquet de belle endormie, mais je ne peux m’empêcher de me demander si Lyon ne finira pas victime de son succès.

On va faire confiance aux personnes qui nous administrent, en espérant qu’elles aient anticipés le fait qu’ils allaient peut-être réussir leur plus grand projet : faire de Lyon une métropole européenne qui compte…

Photo : Cube Orange (Jacob et Mac Farlane Architectes) photo prise par B-Rob.com

5 commentaires

  1. On a eu cette discussion hier avec un ami sur le rapport Lyon/Paris.
    Des amis commun doivent quitter la capitale car leur appartement est devenu vraiment minuscule avec l’arrivée de 1 puis 2 enfants. Malgré une bonne situation et des salaires à l’avenant il leur est impossible de louer plus grand et n’en parlons pas d’acheter. Strictement inenvisageable. Desormais seuls les qataris ont la possibilité d’acheter intra-muros…
    A Lyon malgré une hausse constante la location reste correcte et l’achat n’est pas hors de propos à condition de sortir de l’hyper-centre.
    Paris restera Paris tant que s’y concentrera le travail, les grandes entreprises, et les opportunités. Avec le développement de la Part-Dieu on peut esperer une decentralisation de ces opportunités, et une croissance en consequence pour la ville.
    Toutefois, et c’etait là la conclusion de notre discussion, Lyon ne sera pas une metropole d’envergure européenne voire mondiale tant que la culture restera à Paris. Seule une partie infinitesimale de la production artistique (musique, theatre, art/expo…) daigne se deplacer jusque chez nous. Les lieux ne manquent pourtant pas mais sans etre vide ils n’attirent pas les plus grand. De plus le rayonnement de ces lieux et de leurs activité peine à depasser les frontieres du Grand Lyon ou de la region… Quand pour la derniere fois avons nous entendu parler d’une expo à Lyon au journal de 20h?
    Les dernieres Biennales d’art contemporain ont peiné à faire la une de nos editions locales (et vu la qualité c’etait dejà un exploit…), les Nuits Sonores ouvrent dans 2 mois mais la comm’ hors agglo reste pour le moins discrète, j’entend parler un peu partout à la télé, sur le net, dans les journaux de Solidays, de Rock en Seine, des Vieilles Charrues mais jamais un mot sur les Nuits de Fourviere…
    Bref, on est à la ramasse! Il est temps que la ville se sorte les doigts de là où ils sont et arrete de faire dans l’elitisme pignolesque.
    Lyon sera une grande ville attractive le jour où elle apparaitra sur les cartes. Pour l’instant on y trouve que Paris.

    1. Merci pour ces avis très complet.
      J’ai la forte impression que de plus en plus de parisiens souhaitant fonder une famille privilégient le déménagement dans une grosse capitale régionale qu’en banlieue parisienne. Lyon semble particulièrement tirer son épingle du jeu dans leur choix de changement.

      Concernant la culture, il y a quand même quelque signes qui indiquent un certaines évolutions. Jamais tu n’aurais vu, il y a 10 ans, des personnalités du monde du spectacle quitter la responsabilité d’établissements Parisiens réputés pour prendre de nouvelles fonctions à Lyon. Ni même des journaux affirmer que l’Opera de Paris devrait s’inspirer de celui de Lyon, au vu de la qualité et l’ingéniosité de sa programmation. Pourtant c’est le cas aujourd’hui.

      Le phénomène n’est pas propre à Lyon et à Paris, mais semble être global.
      C’est l’émergence de Brooklyn face à Manhattan, de Bristol face à Londres.
      Le carcan des villes musée semble devenir que malgré une forte présence de la culture, la création y est étouffée.

      Enfin concernant la visibilité des évènements, il ne faut pas oublier que Lyon propose un grand nombre de festivals. C’est assez facile pour des villes qui ne proposent qu’un gros événement par an de faire parler d’elle (Vieilles Charrues, Angoulème, Francopholies de la Rochelle, Printemps de Bourges) elle mette le paquet sur les subventions et font un max de com. Quant au festivals parisiens, la proximité joue énormément et c’est peut-être surtout à cause de ça que Lyon ne sera jamais Paris.
      L’absence de médias nationaux dans la Capitale des Gaules est à mon sens beaucoup plus pénalisant que l’absence de culture.

  2. On parle toujours plus volontiers de ce qui nous est proche. Peut-être faudrait-il que les grands organes de presse se délocalisent à Lyon pour qu’ils arrêtent de ne parler que de ce qui se passe en région parisienne. Lyon a un fort potentiel et elle est très dynamique culturellement par rapport à il y a simplement 15 ans. Cette centralisation est propre à beaucoup de pays. Qui de l’Angleterre sorti de Londres ? Et hormis New York, à quelle ville pensons-nous pour se référer à la culture ? Curieusement pas à Washington DC. L’Allemagne a Berlin et sinon ? L’Espagne a Madrid et Barcelone. Ouf. Faudrait-il que Lyon demande son indépendance ? ça aurait de la gueule, non ? 😉

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