metro lyon

J’adore prendre le métro à Lyon. Cela peut parraitre étonnant, mais c’est vrai et d’autant plus aux heures de pointes.

J’ai pris de nombreux métros dans de nombreuses villes dans le monde mais celui de Lyon possède quelque chose de spécial.

Ce quelque chose est surement du à son année de construction: il doit etre un des rares au monde a être apparu en plein milieu des années 70.
Admirez ces formes arondies, son coté kitch et ses couleurs démodées (qui oserait, aujourd’hui, peindre les métros en orange ?). Il y aurait des gros motifs « flower power » sur les banquettes que ça ne dénoterait même pas.

Fort de son contraste design psychédélique et gens stressés, prendre le métro, s’avère un de mes plaisirs quotidiens. Chaque matin avant de descendre dans les entrailles de la ville, je glisse sur mes oreilles mes écouteurs qui balancent du gros son à l’ambiance urbaine (en ce moment mon préféré Yeah (crass version) de LCD SoundSystem). Muni de cette protection auriculaire, j’affronte la masse de gens qui sort et rentre par les trous béants. Le volume à fond, cette armure sonore me protège de tout contact. Personne ne m’adresse la parole. De toute façon personne ne se parle à cette heure là. Nous ne sommes plus des humains, mais des flux allant de parts et d’autres de la ville exécuter nos obligations quotidiennes. Dans ces moments là, on n’existe plus. La goutte d’eau que nous sommes, noyée dans cette mer de corps et de stress ne peut avoir de conscience. Je ne suis plus moi, je suis la foule, je suis le métro, je suis la ville.

On s’agglutine dans la rame, on est serré, mais c’est pas Panam, on peut encore bouger les bras! Nous sommes là, tous et chacun. Il y a les fans de sudoko qui griffonnent leurs cases, les cadres à mallette, qui continuent à prendre le métro alors que leur salaire leur permettrait d’y aller en voiture ou en taxi, les étudiants, les yeux encore embrumés par leurs frasques de la veille, les mères de famille aux cernes creusées qui tiennent au bout de leur main des enfants à l’air encore plus fatigués et des millier d’autres comme moi, ni jeunes, ni vieux, ni riches, ni pauvres, ni sudoku, ni mallette, qui attendent que le métro les guide à bon port.

Deux stations plus loin, on descend. Part Dieu. Sortie coté gare. A la vague des gens s’est subitement rajouté des valises qui roulent sur le bitume dans un concert de roulettes dérangement même les passagers rendus sourds par leurs écouteurs. Esclateurs, tapis roulant, le chemin est tout tracé pour retrouver l’air libre. La bouche de métro crache la foule sur le parvis de la gare. Assailli par des hommes et des femmes colorés tendant des journaux gratuits et des sudoku en page 15, chacun court à son train, son boulot, sa maison retrouvant peu à peu son identité.

La batterie de mon iPod est a plat. Retour à la réalité. Je suis au pied de la tour qui va m’avaler et me digérer pendant 7h45.