Cette semaine sur Lyon CityCrunch, les lecteurs prennent les commandes. Retrouvez tous les jours des articles écrits par nos lecteurs. Aujourd’hui Ciro nous nous raconte l’histoire (d’amour) qui l’a mené jusqu’à Lyon.

mon train arrêté quelque part dans le Utah

Je suis prêt à partir, je vais m’installer à Toronto, la décision a été prise depuis un an. Mon Visa est tout beau dans mon passeport: l’hologramme anti contrefaçon brille, c’est un clin d’œil à chaque regard. Départ fixé le 20 avril.
Je m’active pour vendre mes affaires: « tout doit disparaitre! » Canapé, tables, frigo, four, lit, sommier, biblio, écran plat, tout à prix cassé. Vendre sur le net est simple: quelque clic et voilà mon appartement vide. Je finis pour dormir sur un matelas par terre. Rien de mieux, je vais vivre au Canada!

Trois mois avant de monter dans l’avion je connais Camille. Wow elle est cool! J’aime bien sa personnalité, ses gouts, les expos ensemble, nos apéros, son sac noir de voyage, les repas qu’on partage ensemble, son porte-clef fait par elle-même, ses chaussures, la tarte au citron avec un peu trop de citron, la « soirée Japon », les virées à la plage et à Rome. Et oui, ses cheveux aussi.

Mais bon, « de toute façon je vais partir, merci Camille, good times mais c’est le Canada, tu comprends? »
Je télé-travaille comme Chargé de Publication web, et le boss à accepté mon congé sabbatique, cool! Une pause de quelque mois est ce qu’il me faut. Ciao Ciao Camille, tu seras bien à Lyon, ta nouvelle ville. Tu m’as dit un million de fois combien tu te plais à Lyon, tu viens de t’installer. Bonne chance avec ton travail et ta nouvelle vie!

Mais je pars aussi pour trouver un chez moi, je ne me suis jamais senti chez moi nulle part. Vous savez, le sentiment d’appartenir à un lieu, un endroit, une ville…je cherche depuis 10 ans. C’est long.

sur la lune, Utah

Et non, être à l’aise n’importe où dans le monde c’est autre chose.

Je suis au waterfront de Toronto avec vue sur le lac Ontario, Kensington Market, College Street, Dundas. Depuis la Tour CN la ville est à mes pieds et je réfléchis, je me pose des questions et j’y réponds, ma musique sort des écouteurs comme injectée d’une seringue directement dans mon cerveau pour arriver à mon cœur. Oui, le cœur.

Mon sac à dos contient toute ma vie, il y a de la place aussi pour « CiRobot », un ‘tit bonhomme en bois, c’est Camille qui me l’a offert. Il m’a tenue compagnie sur la route. Et puis quoi d’autre? Oui, quelque t-shirt, une veste, une trousse de voyage. Tout est ciblé et conçu pour le début de mon séjour Canadien: « mon manteau d’hiver je vais l’acheter sur place » – je répétais à ceux qui me demandaient du froid glacial canadien- j’avais tout prévu.


Golden Gate Bridge, San Francisco Chutes Niagara Chicago
Sauf le cœur.

Mais bon, mon voyage ne s’arrête pas à Toronto, je décide donc de bouger: je prends le bus et je vais à Montréal, d’ici, en train, à Chicago et encore San Francisco et Sausalito en passant par Denver et ses Rockies, le sol lunaire pas loin de Salt Lake City dans le Utah, le désert du Nevada. J’ai encore de l’énergie pour faire cap sur Vancouver avec une pause à Portland et Seattle. Je passe la frontière: pas mal, deux jours à Van City puis je m’envole à Montréal.

Colorado

J’ai profité de ce voyage, le mien et de personne d’autre: c’était magnifique, merveilleux, j’ai réalisé mon rêve, voilà ce que je voulais, voilà ce que j’avais à faire!

Et j’ai compris: j’avais déjà trouvé ce que je cherchais et je devais m’éloigner pour le comprendre. Rien de plus simple.

J’ai eu raison de faire le tour des États Unis et du Canada. À partir de samedi 25 mai à 6h20 j’habite à Lyon, avec Camille. J’ai une adresse, nous avons une adresse. J’ai un chez moi, un vrai, Lyon est chez moi.