Expo Sido Lansari Papa Suce et Maman Coud Live Station

Le point de croix, c’est plus pour les mémés !

A l’occasion du vernissage de sa toute première exposition, au Live Station, ce soir même à 19h, je suis allé interviewer Sido Lansari pour qu’il nous parle de « Papa Suce & Maman Coud », son projet complètement barré, parfois vulgaire mais toujours drôle.

Alors, comment tu te sens pour ton premier vernissage? Angoissé?

S.L. : « Non, pas angoissé du tout… Je suis très excité! J’ai vraiment hâte que ça se fasse parce que j’attends ça depuis pas mal de temps déjà. Cette expo, c’est prévu depuis juin déjà. Non, pas stressé… Certainement un peu tendu, mais surtout excité! »

Ce travail de broderie, tu l’as commencé quand ?

S.L. : « Je l’ai commencé en février. C’est parti d’une blague avec un ami. Je lui cherchais un cadeau d’anniversaire et j’avais du fil qui trainait alors voilà… J’ai brodé une phrase qui venait de lui et c’est comme ça que ça a commencé. Ma première broderie. »

Expo Sido Lansari Papa Suce et Maman Coud

Le point de croix, c’est quand-même un truc de retraitées à la base… Qu’est-ce qui t’a poussé vers cette forme un peu particulière ?

S.L. : « L’idée m’est venue comme ça, vraiment… D’ailleurs, ça m’a étonné que ça vienne de manière aussi naturelle. Comme j’étais en recherche de travail, et je le suis toujours d’ailleurs, je m’ennuyais. Alors j’ai commencé ça. Et voilà, on en est là. J’ai vu que d’autres nanas de Paris faisaient pareil. Leur Tumblr s’appelle ‘Brode Pute’, mais c’est quand-même bien plus sage et moins ‘cliché mamie’ que ce que je fais. »

J’imagine qu’on ne se réveille pas brodeur du jour au lendemain. Tu as appris comment ?

S.L. : « Oh, je pense être un autodidacte, mais je suis quand-même à l’aise avec les aiguilles et les fils grâce à mes parents. Ils font de la broderie industrielle au Maroc. Ça m’a toujours attiré et j’ai pas mal trainé dans les ateliers. »

Alors, le point de croix, ok. Mais, tes phrases, elles sortent d’où ?

S.L. : « De mon entourage, surtout. De mes amis qui sont quand-même relativement sales (rires). Mais aussi des réseaux sociaux, de la culture populaire, tout ça… »

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T’as pas peur d’être parfois trop vulgaire ?

S.L. : « Complêtement. Ah si! Je cherche encore mes limites. Je me demande si je les dépasse pas souvent. Par exemple, dernièrement, j’ai voulu broder une phrase qui évoquait le sida mais j’ai beaucoup hésité… Je sais toujours pas si je le fais, d’ailleurs. J’ai peur d’être choquant avec des sujets sensibles. En même temps, c’est mon premier projet et je suis constamment mis à l’épreuve quant à mes limites et à la nature de l’humour et du trash qu’il y a dedans. Du coup, je me force à essayer d’autre chose. Je me cherche. »

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On a vu que tu avais fait des sacs qui, eux, étaient plutôt gentils, eux. Tu penses faire d’autres objets dans ce genre et de les commercialiser ?

S.L. : « Tout à fait! C’est le but. Faire plein de produits dérivés et essayer de les commercialiser. Peut-être pas tous trash. Les sacs étaient un bel exemple. Je pense pas que les gens le porteraient sinon. Mais dans l’idéal, essayer d’autre chose. Peut-être même de l’habillement. »

Tu t’y es déjà essayé ? Créer des pièces, des habits ?

S.L. : « Créer, non. C’est plus de la customisation. Mais oui, j’en ai déjà fait. des chemises principalement. Que je porte parfois. »

Tes toiles, tu les gardes en exemplaire unique ? Tu vas les vendre ?

S.L. : « Alors, je vais en faire des reproductions parce qu’il y a plein de demandes et peu de toiles encore. J’ai envie que ce soit accessible, pas très cher. J’espère aussi tourner avec cette expo. Donc, il faut que je garde ces toiles pour les prochaines! »

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Oh, cool! A Lyon, j’espère… Pour finir, ta prochaine toile, ce sera quoi ? Histoire qu’on ait l’exclu!

S.L. : « La prochaine, ce sera : ‘Dans l’cul, le plan cul!’. Ca va m’engager à la broder, maintenant. Merci! »

Si vous ne pouvez être au vernissage, l’expo « Papa Suce & Maman Coud » est à découvrir au Live Station.Sinon, vous pouvez toujours voir les œuvres sur le Tumblr ou même la page Facebook.
Sido tient à préciser qu’il ne sait pas que broder des phrases salaces et qu’il cherche toujours du travail dans la communication culturelle. A bon entendeur…

Vous connaissiez déjà ce projet un peu fou ? Vous avez des réactions à chaud ? N’hésitez pas à nous laisser un petit commentaire !