Alors que je lisais le compte-rendu du dernier conseil de quartier de mon nouveau chez-moi (Vaise donc) (Oui, j’ai encore déménagé, Confluence c’est déjà dépassé et je mise tout sur Vaise pour le prochain place to live à Lyon ! Vous verrez…), j’ai failli défaillir en lisant « Projet de fresque sur le pignon du 40 quai Joseph Gillet » (vraiment à côté de chez moi donc…).

Les arguments ? C’est un pignon « aveugle » (sans fenêtres) assez imposant vu depuis la rue et cela permettrait « d’embellir le quartier ».
Arghhhh ! Pitiééééééééé !

montage2

Alors je sais bien qu’il y a une grande tradition des peintures muralistes et/ou trompe-l’oeil à Lyon et que cela fait le plus grand bonheur des touristes mais très sincèrement, on ne pourrait pas juste respecter l’histoire et les traditions (et donc, les fresques existantes) sans pour autant perpétuer ces horreurs ?

Cela n’engage que moi, mais l’art – qui plus est lorsqu’il est figuratif – a pour principale caractéristique d’être subjectif, je ne dois donc pas être la seule à trouver la plupart de ses fresques vraiment pas terribles, si ?

Franchement, qui aimerait se retrouver avec « ça » sur le mur de son propre immeuble ?

Dans ma quête constante de Suggestions d’Améliorations, je suggère donc… de :

Remplacer ce projet de fresque par un projet de mur végétal !!!

Tadaaaaaam.

montage24

Murs végétalisés par Patrick Blanc

 

Et d’ailleurs, tant que nous y sommes, je suggère carrément de :

Transformer tous les pignons aveugles des immeubles de Lyon en murs végétalisés !

Mes arguments, scientifiquement prouvés (vraiment) :

* Les végétaux contribuent à dépolluer l’air de nos villes (qui en ont bien besoin).
* Les végétaux permettent de développer les écosystèmes : petits insectes, oiseaux… (et qui est après l’oiseau dans la chaîne alimentaire ? Le chat !).
* Les murs végétalisés améliorent l’isolation et donc la thermique du bâtiment : le froid de l’hiver et la chaleur de l’été pénètrent moins le mur.
* C’est même encore mieux que ça : le phénomène d’évapotranspiration des végétaux contribuent au rafraîchissement du bâtiment l’été. La clim au naturel…
* L’installation d’un mur végétal coûte entre 35 et 55 € le m², les économies d’énergies réalisées rentabilisent l’investissement en 4 à 5 ans maximum : un délai très court.
* Ça marche aussi avec le bruit ! Le substrat, implanté non pas directement sur la façade mais à quelques centimètres, permet grâce à ses propriétés acoustiques – et à son installation plein/vide/plein donc – d’absorber significativement les bruits extérieurs, de la circulation par exemple.
* Contrairement à ce que l’on pourrait penser, un mur végétal ne favorise pas l’humidité, au contraire : les plantes captent l’humidité pour leur croissance – aussi bien sur le pignon qu’au niveau des fondations – et les feuillages protègent le mur des intempéries.
* Les feuillages protègent également le mur des particules de pollution qui noircissent les façades (merci le diesel !). Et c’est donc une façade qui n’aura pas besoin d’être repeinte tous les 20 ans.
* Les végétaux, c’est beau ! Franchement, qui n’aime pas voir un peu de verdure au cœur de nos villes ?

Dernier argument, et pas des moindres :
* Lyon était une ville pionnière en matière de murs végétalisés
avec le projet au Centre d’Échanges de Perrache, le tout premier mur végétal en milieu souterrain ; réalisé par Patrick Blanc, l’inventeur du mur végétalisé himself.
Pour ceux que ça intéresse, le bonhomme est incroyable : biologiste et chercheur au CNRS au look supergreen !

montage22

Murs végétaux à Lyon : souterrain du parking de Perrache et bibliothèque de la Part-Dieu

 

On note aussi le mur « un petit peu végétalisé », en extérieur cette fois, de Perrache et le même principe est également appliqué à la bibliothèque de la Part-Dieu.
Le plus haut mur végétalisé d’Europe est sur le cours Émile Zola, à Villeurbanne. J’ai également repéré une jolie installation sur un immeuble d’habitation dans le 6ème arrondissement, ainsi que sur l’hôtel Campanile à Oullins.
Sans compter les murs végétalisés « naturels » avec les façades recouvertes de lierre, comme chez mamie…

montage23

Mur végétalisé sur le cours Zola à Villeurbanne et mobilier urbain végétalisé quai Fulchiron à Lyon

 

Qui plus est, en plus de végétaliser les murs des bâtiments, le même principe est applicable sur les poteaux des lampadaires, les abribus… Exemple d’application sur le quai Fulchiron sur la photo ci-dessus.

Vous en parlez à votre prochaine réunion de quartier ou de copropriété ?

 

Crédits photos : site internet de Patrick Blanc et Ecolyon – bibliothèque municipale de Lyon (Créative Commons).