Encore un invité aujourd’hui. Il y a quelques semaines suite à une nième blague sur la banlieue, une de nos lectrices à décidé de prendre la parole pour raconter sa vie au delà du périf. Il s’agit de Clémentine, dont l’excellent blog est à découvrir ici (<-you must click !)

Premier article sur “Lyon69” qui est un peu, quand même – il faut le dire – le regroupement de tout ce que la capitale des Gaules compte de blogueurs influents et top tendance. (NdR : Mais bien sûr^^)

Mouai. Je me demande ce que je fous là en fait… 🙂

Si vous avez déjà eu l’occasion de tomber, par le plus grand des hasards sur mon blog, vous le savez certainement, je suis la blogueuse la moins influente, la moins “it”, la moins tendance de toute la blogosphère lyonnaise. C’est pas moi qui l’invente, y’a qu’à voir mes stats : mes pages les plus visitées à ce jour sont celles répondant aux requêtes “parapharmacie pas chère Lyon”, “magasin dégriffé lyon”, “meilleur gâteau au chocolat du monde” et “fille en chaleur lyon” (Je ne vous demanderai pas comment vous êtes tombés par le plus grand des hasards, sur mon blog…).
Bref, donc.

En tant que blogueuse de la loose autoproclamée, je suis là pour vous parler d’un sujet sérieux et grave pour tout lyonnais urbain qui se respecte : le boulot en banlieue.
Un sujet que je maîtrise bien.

Car oui, habiter Lyon ne veut pas dire travailler à Lyon. On peut habiter un quartier “in” : Presqu’île ou “X-Rousse” et… ne pas en profiter la semaine cause… travail en banlieue.

Mais siiii, vous en avez forcément entendu parler, au détour d’une soirée : “Et toi, tu bosses où ?”
– (air grave) : à Limonest.
– (air grave aussi, sous-entend : ma pauvre, je compatis !) : Ah merde !
– (mimique fataliste) : bah ouai : la bagnole, le péage, l’essence : la loose quoi !

Cette situation est également valable avec les réponses “à Saint-Didier-au-Mont-d’Or”, “à Meyzieu”, “à Ecully”, “dans la plaine de l’Ain” ou encore “à Saint-Priest”, “à Chassieu”, “à Neuville”, “à Pierre-Bénite”… (la liste est longue).

Dans tous les cas, les gens compatissent…

Alors, clairement, c’est comment, le boulot dans les zones d’activité de l’autre côté du Périph ?

Les inconvénients :

Déjà cité :

  • la bagnole et tout ce qui va avec : l’essence, le parking à domicile, l’essence, l’entretien…
    MAIS aussi : le péage. Et là, c’est la fête du slip. Vous connaissez forcément TEO : l’adorable petit surnom donné à la portion payante du Périphérique Nord, incontournable si vous bossez dans les zones d’activités au Nord de Lyon.
    2 euros. Matin et soir.
    A raison de 20 jours bossés au mois (en moyenne), le calcul a le mérite d’être rapide : 80 euros par mois. Pan ! Aïeuuuh.
    Heureusement, la Communauté Urbaine a eu l’extrême bonté de créer un abonnement pour les habitants du département : 50,55 euros par mois. Une bagatelle… (qui a dit “racket » ?). Comme on est des citoyens modèles, on ne parlera pas des radars et des points en moins sur le permis…
    Pis comme on aime pas les clichés, on ne parlera pas non plus des lyonnais qui ne savent décidément pas à quoi servent ces petites lumières oranges intermittentes sur les côtés de leur véhicule…

Pause déj :

  • le shopping : c’est pas qu’on est futiles, mais parfois (lors des soldes notamment, ou aux dates approchant les fêtes de fin d’année ou les anniversaires), on aimerait bien passer les 1h30 de notre pause syndicale à faire chauffer la CB.
    Peine perdue : pas de petite boutique sympa et tendance à proximité. En revanche, tu peux toujours reprendre ta bagnole et tenter la zone commerciale du coin : Auchan Dardilly, Norauto, Décathlon, Castorama : de nouveaux horizons s’offrent à toi…
  • déjeuner : un restau-quoi ? Ah ben non, pas de petit bouchon ou de “brasserie lounge” à proximité. Mais là aussi, la zone commerciale t’offre un panel de solutions inédites pour te sustenter : MacDo, Quick, Subway.
    Et pour les grands jours : le Flunch de la galerie marchande d’Auchan. Youhouuu !

Le soir :

  • retour au bercail : un pot, une séance de sport, un vernissage ou un cocktail à 19h00 ? Un rendez-vous chez le coiffeur ou chez l’esthéticienne ? Un colis à récupérer à la Poste avant 18h30 ? Va falloir speeder.
    Parce que si tu sors du taf à 18h00, faut refaire la route en sens inverse pour investir Lyon à l’heure où tous les lyonnais veulent rentrer chez eux. Et là c’est le drame : y’a tous les campagnards qui bossent sur Lyon qui voudraient AUSSI rentrer chez eux… Et le tunnel est fermé !
    Bon, ben pour ce soir, c’est mort…
    Et c’est presque tous les soirs…

Donc, on résume : tu claques un fric fou en frais de voiture (et tu te fais jeter des cailloux par les bobo-écolos qui estiment que quand même, tu pourrais prendre les transports en commun = 2 métro + 1 bus = 1 heure de trajet…), tu peux même pas « shopper dans les boutiques in », tu manges de la junk-food, tu loupes les apéros et les soirées, t’es même pas bien coiffée*…

C’est le blues du lyonnais qui bosse en banlieue.

Mais attendez voir, il y a aussi des avantages !

(to be continued…).

* Bien qu’inspiré de faits réels, ce billet est une œuvre de fiction.

22 commentaires

  1. Bon pour bosser aussi dans la banlieue nord et dorée de Lyon (uhuhu) cela semble toujours le bout du monde, et je ne sais pas si on peut vraiment parler de banlieue car ce coin du grand lyon (et oui tant qu’y a les tcl c’est le grand Lyon) est vraiment privilégié.
    Un de ces quatre passe dans un magasin bio (rue des rosiéristes à côté de confo) pas trop loin car vu la liste des mags cités tu dois pas bosser loin de chez moi.
    On pourrait parler de nos galères de travailleurs banlieusards 😀

  2. Génial cet article !
    ça fait du bien de voir qu’il y a pire ailleurs (air compatissant de la fille qui bosse à Gerland) et que malgré tout, on a quand même des commerces de proximité à Gerland (et je ne parle pas que des camionnettes à bougies).

  3. J’habite dans le 1er et je travaille à Craponne. Je passe deux heures par jour dans les TCL. L’erreur est de voir ça comme du temps perdu. Smartphone, baladeur, journal, livre… la société d’aujourd’hui nous équipe pas mal, non? En tout cas je préfère ça que conduire dans le tunnel de Fourvière!

  4. Moi, vu que je suis un peu maso, j’habite à Villeurbanne Grand Clément et bosse à l’autre bout : Ecully.
    Je me retrouve totalement dans ce que tu as écrit… mais en plus de ça, j’habite même pas dans un quartier « in », loin de la…

  5. Pendant mes 6 mois de stage, j’ai bossé à irigny (plus au sud que Pierre Bénite…) et j’habite du côté de la Part-Dieu, du coup, 1h mini de trajet matin et soir!
    Mais en TCL, parce que je n’ai pas de voiture, et que finalement, c’est reposant de ne pas avoir à conduire, mais tellement frustrant aussi de ne pas être indépendant!

  6. @Littlecelt : Satoriz ! Bah oui que je connais : c’est là où je fais mes réserves de fruits secs pour le sport 🙂 Mais chuuuuuut : c’est un des points positifs du prochain article !

    @Milie : Merci Milie ! Dis-toi qu’il a toujours pire ailleurs : avant je bossais dans la plaine de l’Ain (1h de route matin et soir, plus d’un plein par semaine, le vide intersidéral…).

    @Villeurbanna : merci. Ah oui tiens, ça me fait penser qu’il faut que je l’écrive ! 🙂

    @Panos : On s’y fait aux tunnels ! Au début ça m’angoissait complétement : le TEO est composé de 3 longs tunnels, ça me rendait limite clostro. Maintenant je m’y amuse (mais j’aime bien conduire à la base… ça aide !) et c’est un des seuls endroits à Lyon où tu peux rouler sans tomber sur une voiture garée en double file !!!!

    @P : Bah tu sais, moi aussi j’habite à Villeurbanne en fait… (Mais « Une Fille à Villeurbanne », comme titre pour mon blog, je le sentais pas vraiment…).

    @Anthony : comme tu casses mon prochain article 🙂

    @Pierre : ben en fait je crois surtout que c’est ça le problème ! Les TCL ! Dès que tu sors de Lyon, ça devient ingérable en transports. A Lille, le métro dessert aussi bien Lille intra-muros que toutes les villes de banlieue avoisinante et jusqu’à Roubaix et Tourcoing (à 20 km de Lille donc…).

  7. bah soit tu bosses en banlieue et si tu veux eviter les trajets tu dmenages en banlieue, soit tu habites dans Lyon, et tu bosses dans ta rue, au pire tu fais une formation proffessionnelle pour t’adapter aux proffessionnels qui sont justement dans ta rue, ben c’est pas bien compliqué non? je sais pas si vous etes au courant mais a vous lire tous ici, vous ne faites que décrire les inconvénients des grandes villes!

    1. Eh, oh ! C’est du second degrès !

      Et justement, on ne fait pas que « décrire les inconvénients des grandes villes » on essaie simplement de remettre les choses dans leur contexte de façon objective, histoire de ne pas finir comme tous les blogs parisiens qui pensent que la civilisation s’arrète aux portes du périph’…

      Et si je change de boulot « régulièrement » (tous les 3 / 4 ans, la génération Y, tout ça…), ça veut dire qu’il faut que je revende et que je rachète un appart tous les 3,4 ans ??? Ou qu’il faille que je me recycle et que je change de métier à même intervalle ???

      Assurément, il n’y a pas de recette miracle. On fait du mieux qu’on peut et c’est déjà pas mal…

  8. Je connaissais ça… habitant villeurbanne, puis Part dieu, j’allais bosser à Tassin ! Teo ou Tunnel de fourvière, chaque jour, parce qu’en transports en commun, pendant les vacances par exemple c’etait pas 50 minutes mais bien une heure l’aller … Donc oui C’est chiant, mais effectivement des solutions existent ! 😉
    Déjà, profiter de cette heure de trajet pour lire, ecouter de la musiique, se former à un autre métier, apprendre une langue/metier…
    Ensuite Internet est une opportunité extraordinaire de devenir indépendant.On peut vivre de son site ! Et à ce moment là, plus que 3 minutes pour aller bosser … le trajet lit-bureau est beaucoup plus faible 😉
    Il y a toujours pire que soit (pense aux parisiens, londoniens, new yorkais, tokyoites, etc…), mais surtout, on peut trouver une parade à tous ces désagréments 😉 Cher up !

  9. Ma parade c’est d’en rire 🙂

    Je ne me plains pas plus que ça : mon premier boulot c’était 1h20 de trajet en bagnole matin ET soir.

    Je ne fais que tenter de décrire avec une bonne dose d’humour le quotidien de pas mal de personnes afin de démystifier le fameux bobo urbain qui habite en ville, va bosser en velov, mange au Monop Daily et se fait une expo entre 12 et 14…

  10. Je suis passé par plusieurs étapes (sans voitures) :
    – vivre et travaillé en banlieue;
    – vivre proche du centre et travaillé en banlieue (2 fois);

    Franchement pour rien au monde je retournerais vivre en banlieue, outre la mauvaise réputation du lieu, c’est mort. Après 20h t’a plus rien à faire surtout si tu ne participe pas aux activités nocturnes organisées par les JO (Jeunes Organisateurs).

    Donc depuis maintenant 6 ans je pratique le transport en commun à haute dose. En ce moment départ de Saint-Just direction le fin fond de Villeurbanne/Bron (route de Genas) tout les jours c’est 1h à 1h30 de trajet le matin et pareil le soir. Le matin j’en profite pour finir ma nuit, lire un bouquin, essayer désespérément d’avoir un contact avec les êtres de sexe opposé de mon espèce qui pratique le transport en commun, sans grand succès je l’avoue.

    Le soir, décompression… Après une magnifique journée de travail et le déjeuner fast-food qui me rappel qu’il serait temps d’arriver afin de pratiquer une activée évacuatoire. Je sors mon livre et tente de me concentrer sur mon livre alors qu’un JO propose à toute la rame de métro une activité qui en temps normal ne me gène pas : la musique… Sauf que nous n’avons pas tout à fait les mêmes goût donc en vient une discussion passionnée sur ces choix personnelles et ça motivation à faire découvrir ces choix et idées au monde entier. Pleinement satisfait d’avoir convaincu l’autre nous nous quittons sur un « nique ta mère » ou autres politesses entre gens civilisés.

    Il est temps d’arriver chez moi… un instant, le déjeuner revient à la charge… Il est l’heure du diner, le temps de regarder la météo après le journal poubellevision. Comment ça la fatigue arrive déjà, le lit n’est pas bien loin. Pas besoin de me lever, je pivote de ma chaise à 180° et je tombe négligemment dans ma couche avec une impatience non feint de vivre une nouvelle journée trépidante.

    D’un autre côté tout n’est pas sombre le week-end est le meilleure moment de la vie proche de la ville. Bar, concert, restaurant… Rien ne manque… Si ! la monnaie sonnante et trébuchante donc je décide de profiter des activités proposées par la poubellevision et je préfère m’endormir avant que l’envie de casser cet objet me prenne en constatant avec effrois que Kevin n’a pas réussi à convaincre Loana de participer à une activité aquatique forte en remous.

  11. Et bien le pire pour moi, c’est de ne même pas pouvoir prendre les transports en commun pour se rendre à son travail. J’habite Caluire. Je bosse à Toussieu….Même lorsque je ommence à 10h00, il me faut pas loin d’une heure de trajet en bagnole. En sortant le soir, à 18h00, j’ai parfois mis 1h20 pour rentrer chez moi….du coup, j’errais dans les magasins ( un grand frais) et je prenais la voiture vers 19h00….et j’arrivais presqu’au même moment que si j’étais partie à 18h00………..
    Une fois, je suis en panne: j’ai pris les TCL : presque 1h30 de trajet et il a fallu qu ‘un collègue vienne me chercher en voiture pour terminer mon parcours.
    Bref, les TCL, c’est la loose……

  12. Ah ah ah !!! Voilà le résumé de ma vie quotidienne depuis un peu plus de 7 ans ! J’habite Cordeliers et bosse à Chassieu… J’ai abandonné les déjeuners dehors dégueu pour user et abuser du micro-ondes que la boîte met à notre disposition. Alors certes, ça n’est pas très funky mais ça fait faire des économies… lâchées ensuite en gasoil !!!! 😉 Par contre, depuis l’arrivée de ma fille, c’est carrément devenu la course tous les soirs pour être certaine d’être pile à l’heure chez la nounou qui, les jours de pluie, sait parfaitement que je ne sonnerai pas à 18h30 !

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