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Aujourd’hui, Lara, fait le tour des légendes-histoires plus ou moins vraies de Lyon.

Lyon, sa Presqu’île, sa colline de Fourvière, son parc de la Tête d’Or, son lac souterrain… Hein ? Qu’est-ce qu’elle dit ?
Parce qu’on ne peut pas avoir le titre de capitale des Gaules sans avoir quelques histoires à raconter, je vous fais un petit tour d’horizon des plus célèbres légendes lyonnaises.

Le lac souterrain de Fourvière

Comment est née la légende : Le 12 novembre 1930 au soir, les habitants du Vieux Lyon dorment profondément. Vers minuit, la colline qui prie se réveille en tremblant. Allez savoir si c’est à cause de Claudine de la rue Tramassac qui a boulotté du saucisson pendant la messe ou de Jean-Jean qui a égaré son biscuit dans la tasse de la voisine, quoi qu’il en soit, ils se sont pris tous les deux (trois, si on compte la voisine frivole) un pan de la colline sur le pif. L’éboulement provoque la mort de 40 personnes. On parle d’infiltration d’eau, on accuse la municipalité… et on cause lac souterrain. Edouard Herriot alors maire de Lyon, reçoit une lettre qui attire particulièrement l’attention, celle d’une ancienne habitante du quartier Saint Jean affirmant s’être baladée en bateau sur un lac sous Fourvière, façon petite promenade du dimanche.

La réalité : Un lac souterrain, non mais vous imaginez ? Exit Miribel, bonjour Fourvière ! Chéri, prends les palmes et la bouée Flamand rose, je sais où on va pique-niquer ce week-end !
C’est reconnu, la colline de Fourvière est un gruyère, truffée de galeries creusées par les Romains. On y atteste la présence de citernes et de poches d’eau. Certains cataphiles (non ce n’est pas ce que vous pensez, on parle ici des gens qui aiment visiter les souterrains urbains) affirment avoir emprunté des passages en bateau pneumatique.

Les souterrains de Lyon sont fermés au public à cause du risque d’éboulements. Un interdit qui n’a fait qu’amplifier la rumeur d’un lac caché. Avant ça, les services municipaux et quelques explorateurs ont tenté de percer le mystère en s’aventurant chacun de leur côté dans le ventre de Fourvière. Officiellement, ils ont ramené des clopinettes. Oui, il y a des galeries profondes, souvent impraticables. Oui, il y a des réservoirs de flotte. Non, on a pas vu de lac, mais on a pas tout exploré…

Le trésor du Parc de la Tête d’Or

Comment est née la légende : En 1855, la municipalité entame la construction de l’actuel Parc dans l’est marécageux qui porte déjà le nom de Tête d’Or à cause d’une légende bien vivace. V’là-t’y pas qu’on raconte qu’au Moyen Âge, les Croisés y auraient planqué un beau butin dont une énorme tête de Christ en or massif. Les Lyonnais y croient tellement dur comme fer qu’on engage même une voyante au début du chantier pour trouver le trésor. Elle donne quelques indications, on ordonne des fouilles, on fait chou blanc et on invite Madame Irma à rentrer bien sagement chez elle. Les travaux de déblaiement sont lancés, aidés des Canuts venus prêter main forte sur demande des autorités. Car oui, face à leurs récentes révoltes, la municipalité s’est dit que ce serait sympa de réunir tout le monde avec des pelles pour passer un petit moment convivial tout en canalisant les envies de rebellions.

C’est comme ça que Roger, qui se retrouve à creuser pour gagner le sou, cogne sa pioche sur un obstacle qui s’avère être la fameuse tête en or. Alors que le coquinou tente de planquer son butin à ses compagnons (ah ben bravo l’esprit d’entraide des tisseurs !), ces derniers s’aperçoivent très vite de la trouvaille. Tu m’étonnes, niveau discrétion, on repassera avec un objet pareil : « Ben alors Roger, t’es tout blanc, qu’est-ce qui t’arrive ? T’as encore abusé du mâchon ? ».

Evidemment, ça se met sur la gueule pour remporter le trésor et là voici le summum de la légende : face à cette triste scène, le Christ se mit à pleurer toutes les larmes du corps qu’il n’a pas au point de remplir l’étendue creusée par les Canuts pour se transformer en lac. Oui, oui, celui que l’on connaît. La montée des eaux enfouit le trésor à tout jamais. How convenient.

La réalité : Bon. Analysons le bousin : un trésor planqué par les Croisés dans un lieu impraticable de la ville, après tout, pourquoi pas. Même si aucune mention n’est faite auparavant d’une tête de Christ en or massif. Mais la légende dans la légende fait un peu l’effet d’un mauvais cliffhanger. Genre après l’incident, on s’est pas dit qu’on pourrait sortir le masque et le tuba pour aller chercher le trésor-qui-brille. De quoi ? Est-ce que le récit d’une statue qui pleure ne vient pas réfuter toute l’existence de cette histoire ? Ah oui, c’est vrai, vite fait.

Le diamant du Pape dans la Montée du Gourguillon

Comment est née la légende : Nous sommes le 14 novembre 1305 quand le Pape Clément V sort tout pimpant et fraîchement couronné de l’église de Saint Just. Tout le gratin est venu assister à l’événement, dont le roi de France, Philippe le Bel. Par cette belle journée, la clique redescend tranquillement à pied par la Montée de Gourguillon, reliant Saint Just à la Place de la Trinité dans le Vieux Lyon, pour aller manger une petite salade tomates cerises au café de la Ficelle. Les pécores suivent, intrigués par ce spectacle rare. Quelques uns se sont même agglutinés sur un muret pour voir le nouveau Chef béni passer. Sous le poids et la pression de la foule, un pan du mur s’effondre, faisant tomber le Pape de sa monture (probablement un cheval blanc pour rester dans le cliché). L’accident fait 12 morts et plusieurs blessés. Dans sa chute, Clément V perd sa couronne dont une pierre précieuse se descelle sous le choc. Le diamant roule sous les décombres et n’a jamais été retrouvé. Selon la légende, il a longtemps fait l’objet de recherches des Lyonnais.

La réalité : L’accident est très probablement arrivé, d’autant plus qu’il a entraîné la mort du Duc de Bretagne Jean II de Bretagne et du frère du Pape. Que les Lyonnais aient cherché le trésor perdu pendant des années, c’est possible aussi. Non pas qu’on s’est dit qu’on était assez con pour passer à côté le jour de l’accident (il faut dire qu’une énorme pierre précieuse doit se remarquer même au milieu des décombres), mais on a longtemps pensé qu’il avait roulé dans une cave de la rue. En réalité, il est très probable qu’un petit malin ait récupéré discrètement le trésor avant de s’éclipser l’air de rien (tu m’étonnes !). Finalement, de cet accident, on retient davantage la perte du bijou pontife que le nombre de victimes. Qu’est-ce qui est le plus dramatique ?

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