Souvenez-vous, la semaine dernière je m’intérrogais sur le fait que  nous publions très peu de bons plans bars sur ce blog. Je trouvais même un début de réponse et vous promettais de tester d’avantage de bistrots en 2011.

Avant de passer à l’action, j’ai pensé qu’il pouvait être intéressant de dresser une cartographie des bars à Lyon. Histoire de comprendre un peu mieux l’animal, voici une petite étude anthropologique des plus beaux spécimens.

Le Bar alter-bobo

On y boit du café bio on écoutant un groupe de musique d’Ouzbekistan. La déco est fait de récup et la bière y est locale. On y vient également certains soirs de semaine récupérer son panier bio.

La clientèle est composée essentiellement de lecteurs de Télérama. Parfois accompagné d’enfant en bas âge, uniquement porté avec une écharpe (achetée lors d’un voyage en Indonésie).

Ce type d’établissement se concentre principalement sur le haut des Pentes de la Croix-Rousse, ainsi que dans le quartier de la Guillotière.

Exemple : De l’autre Coté du Pont, 25 Cours Gambetta, Lyon 3ème : www.delautrecotedupont.fr

Le Bar musicos

Spécimen en voix de disparition. Traqués depuis plusieurs années par un voisinage à la tolérance limitée, il ne reste qu’une poignée de bars musicos à Lyon.

On y écoute de la musique jouée par des groupes très souvent locaux. On s’y rend plus pour l’ambiance que pour les qualités acoustiques du lieu. Le lieu qui est d’ailleurs  exiguë obligeant la clientèle à se serrer les un contre les autres faisant fi des hygiènes corporelles douteuses. On y boit souvent une bière bon marché et il est parfois toléré qu’on fume en toute fin de soirée.

La clientèle est est assez hétéroclite, entre gars un peu paumés, jeunes filles en 1ère année des Beaux-Arts, et rockeurs quarantenaires refusant de vieillir. On y croise également les groupies de la première heure du groupe invité (généralement la cousine du bassiste et ses copines de la 3eme B).

Ce type d’établissement se concentre dans le bas des Pentes de la Croix-Rousse et dans le Vieux Lyon.

Exemple : Bec de Jazz, 18 rue Burdeau, Lyon 1er.

Le Bar à vin

C’était la grande mode, il y a 5 ans. La plupart des gens sont passé à autre chose, mais ces établissements sont encore légions à Lyon. On y vient entre amis, généralement après le boulot. On y goutte des vins quelconques en faisant mine de s’y connaitre. On fait croire que le parton est devenu un ami, alors qu’en fait on ne connait que son prénom. On éponge la boisson avec de la charcuterie et du fromage.

La phrase la plus entendue dans ce genre d’établissement est « On pourrait ravoir du pain, s’il vous plait? »

La clientèle est composée  généralement de jeunes cadres intermédiaire gagnant enfin suffisamment leur vie pour se payer autre chose que de la bière coupée à l’eau dans les bars d’étudiants.

Ce type d’établissement est très répandu en Presqu’Ile. Cependant la forte propagation du concept fait qu’aujourd’hui chaque quartier de Lyon possède son propre bar à vin.

Exemple : l’Harmonie de Vins, 9 rue Neuve, Lyon 1er. www.harmoniedesvins.fr

Le Bar PMU

Intemporel, inimitable et inimité, le bar PMU traverse les modes sans sourciller. On y va par hasard ou par accident, parce que c’est pas loin de la maison, parce qu’on est certain de ne croiser aucune connaissance, parce que, quoiqu’on en dise, on adore les discussions de comptoir et surtout par ce que le café y est à 1€.

Attention il semblerait que le PMU subisse actuellement un retour de hype et pourrait même devenir un lieu tendance. Il vous faudra très certainement trouver un autre rade pour ne pas voir débarquer prochainement un troupeau de branchés.

La clientèle de ce type d’établissement ne se limite pas aux mecs bedonnant avec option nez rouge accoudés au bar. On y croise des ouvriers en pause, des étudiants ou freelances profitant de la connexion Wifi, ou des retraités venus lire la presse.

Ce type d’établissement tourve son aise dans le 8 arrondissement, le fin fond du 3ème ainsi qu’à Villeurbanne. Toutefois, telle la mauvaise herbe, il pousse à peu près partout.

N.B. : Le café PMU ne propose pas forcément de jouer au PMU. Mais le terme est suffisamment parlant pour être utilisé.

Exemple : Le Porte Pot, 19 rue de la Ferrandière, Lyon 2ème.

Le Bar bling bling

Sans être une spécificité de la capitale des Gaules, le bar bling bling semble avoir une certaine aisance à évoluer en milieu Lyonnais.

La déco y est très souvent baroque. Uniquement blanche ou à l’inverse noir (le rouge est parfois toléré). On y boit des cockails aux noms élaborés par une agence de communication justifiant un tarif à 2 chiffres. On y entend une musique électro launge que personne n’écoute vraiment.  On y croise V.I.P. lyonnais (joueurs de foot), des photographes de LyonPeople ainsi que tout ce que compte la jeunesse bien habillée et bien coiffée (effet mouillé) lyonnaise.  Les filles portent des talons de 10 cm minimum et les mecs des chaussures à bout pointu (voir des mocassins à glands portés sans chaussette l’été).

Attention : le barman accepte UNIQUEMENT la carte bleue.

La clientèle est constitué de les lecteurs GQ (prononcez Djé Kiu) et de post-ados des banlieues chics lyonnaises. La concentration de vieux beaux n’y est pas négligeable.

Ce type d’établissement se concentre sur la partie est de la Presqu’Ile et autour de la Gare des Brotteaux dans le 6eme arrondissement.

Exemple : ApériKlub, 14 place Jules Ferry, Lyon 6ème : www.aperiklub-first.com

A suivre la semaine prochaine, les bars arty, les bars étudiants, les bars électros, les bars anglo-saxon et les bar improbables.