La petite souris m’a dit que l’article de la semaine dernière sur la topologie des bars à Lyon vous a bien plu (ou du moins vous a fait régair…), ça tombe bien, voici la suite.

Après avoir analysé les bars bobos, les bars musicos, les bars à vins, les PMUs et les bars bling bling, place à d’autres spécimens.

Les bars arty

La décoration des bars arty pourrait en surprendre plus d’un. Chaise de dentiste, vieille horloge en moumoutte rose fluo, lustre en fils barbelés et mannequin vintage affublé ou pas d’une perruque à paillette, voici la panoplie que tout bon bar arty se doit de posséder. L’art venant justifier cet amoncellement incohérent d’objets.

On y boit généralement des vieilles boissons oubliées ou passées de mode (Absynthe ou Suze) lors de soirées à thème tout aussi improbable que la déco.

Les phrases les plus entendues sont :

« Tu as écouté le dernier EP de Panda Bear / Penguin Orchestra / Grizzly Bear / Animal Collective  (ou tout autre groupe de musique comportant un nom d’animal dans son nom) » ?

ou encore

« Tu viens à la Scrabble Disco Pénicilline Party! ? »

La clientèle se compose bien évidement tout ce que compte le milieu culturel et associatif lyonnais (étudiants en arts, employés de musées, attachés de presse culturelle, organisateurs de festival, prof de dessin.)

Ce type d’établissement se situe principalement dans le 1er arrondissement et sur le haut de Pentes et le Plateau de la Croix-Rousse.

Exemple : Le Modern Art Café – 65 bd de la Croix-Rousse, Lyon 4ème – www.modernartcafe.net

Les bars étudiants

Comme son nom l’indique le bar d’étudiants s’adresse à une clientèle fauchée mais fétarde. On y vient pour boire de la bière coupée à l’eau qu’on aura payée 4€ la pinte. On tente d’y draguer la nana mignonne de l’amphi qu’on a pourtant jamais vu de face parce qu’on s’assoit toujours au dernier rang. Passé 1h du matin, on danse sur les tables, parce que y’ a trop de monde et que sur le sol ça colle trop à cause de la bière et que c’est trop énorme, que c’est trop de la folie, que c’est trop un bar qui déchire cher et que je vous aime tous les amis.

Les bars a étudiant sont généralement grands afin de pouvoir faire du volume et compenser les bas tarifs. Ils sont aussi facilement nettoyable afin d’évacuer à renfort de grandes eaux flaques de bière, de vomi et de sang.

La bande son est toujours très rock et contient obligatoirement un Smell Like Teen Spirit de Nirvana.

La clientèle y est bien sûr composée d’étudiant, mais aussi de jeunes diplômés nostalgiques n’ayant pas encore découvert l’existence des bars à vins et autres bars bobos.

Ce type d’établissement pousse généralement à proximité des facultés.

Exemple : Oxxo – 7 avenue Albert Einstein, Villeurbanne

Les bars électro

Le bar électro se reconnait plus à son monticule de flyers à l’entrée que par son DJ planqué dans un coin du bar (quand ce dernier ne fait pas aussi office de serveur).

On y vient pour écouter du bon gros son mais aussi pour éviter d’avoir à écouter les conversations insipides des ses amis. On y sirote des bières ou des Voldka RedBull  en dodinant de la tête. Dans les bars électro, on ne parle à personne mais on a l’impression de connaitre tout le monde (parce que déjà croisé à d’autres soirées ou à cause d’un abus de MDA).

La serveuse de bars à électro présente la particularité d’avoir un percing à un endroit où l’on ne pensait pas que cela soit possible. (Remplacer percing par tatouage pour le barman)

La clientèle est étrangement assez éclectique aussi bien socialement qu’en terme de génération. Une tenue décontracte à base de T-Shirt rigolo et de sweet capuche est cependant exigée.

Ce type d’établissement se concentre dans le 1er arrondissement.

Exemple : La Fée Verte – 4 rue Pizay, Lyon 1er

Les bars anglo-saxons

Les bars anglo-saxons ou pubs sont nombreux à Lyon. On y vient boire des grandes pintes de bières, manger de burger ou bien bruncher. On y joue aux fléchettes ou regarde des machs de rugby. On y picole dans l’espoir de comprendre un peut mieux l’accent écossais.

La clientèle affirme souvent venir y festoyer avec des amis d’outre-manche pour oublier combien les  lyonnais sont antipathiques.

Si les pubs sont conviviaux, ils ont oublié d’être orignaux. Même déco boisée, même quiz du mardi soir, même hamburger hypo-calorique, même grand roux derrière le comptoir.

La clientèle y est composé de nombreux expatriés, d’étudiants en Erasmus et d’amateurs de bière et de serveuse à l’accent British.

Ce type d’établissement prolifère uniquement à proximité des pavés du Vieux Lyon.

Exemple : Wallace – 2 rue Octavio May – www.wallacebarlyon.com

Les bars improbables

Dernières catégories de notre étude, les bars improbables sont par essence difficile à décrire. Rade de quartier, ou vieux local réhabilité, le bar improbable est souvent installé dans un lieu non prévu à cet effet. Parfois, il peut s’agir d’un bar très quelconque qui se transforme un soir de semaine en lieu excentrique.

Les bars improbables proposent généralement des concepts hors normes et décalés et donc forcément enthousiasmant, allant du Tricot-Picole au Vendredi-Burger-Métal en passant par des Concertos pour GameBoy.

La clientèle de ce genre d’établissement est avant tout bien informée. Ces établissement sont durs à trouver et les bonnes adresses circulent sous le manteau, comme pour les préserver d’une phénomène de hype qui viendrait indéniablement ruiner leur spontanéité

Pas de quartier de prédliection pour ce type d’établissement, certains sont en plein de Presqu’ile, d’autres outre-périférique.

Exemple : Cassoulet Whisky Ping Pong – 4 rue Belfort, Lyon 4eme.