Salut les chatons ! il fait beau donc c’est le moment de ressortir ses petites baskets pour une nouvelle et 5ème balade urbaine. Une fois de plus j’ai arpenté la ville en quête d’anecdotes, de jolies architectures, de spots inédits et de redécouvertes de lieux cultes. Nous arpenterons cette fois les quais de Saône en remontant jusqu’à l’île Barbe.

Pour ce circuit je préconise de faire l’aller en Vélo’v car le circuit est assez long et monotone sur cette partie des bords de Saône.  ⚠️ attention ⚠️ vélo uniquement praticable sur la ROUTE avec une voie cyclable quasi-continue qui borde la Saône (pas de vélo sur le chemin de la  berges c’est interdit et dangereux) Vous pouvez bien entendu faire tout ce circuit de manière piétonnière mais chapeau, crème solaire et beaucoup d’eau seront indispensables en été. Pour le retour il se fera à pied sur le chemin des berges de Saône aménagées  (les vélos étant interdits sur les berges de Saône). En plus à pied cela permettra d’admirer les différentes œuvres d’art et s’aérer l’esprit dans les petits chemins qui longent les quais.

1- L’ancien château de Pierre Scize ?

[1] Notre circuit débute sur le Pont de la Feuillée, proche de la gare Saint-Paul où vous pouvez d’ores et déjà admirer la Saône et les façades aux multiples couleurs qui la bordent. Longez le Quai de Bondy et au niveau de la Passerelle Saint-Vincent (toute en rouge), faites un petit crochet par l’église Saint-Paul, que je trouve particulièrement agréable avec sa tour lanterne classée.
On continue le long du quai Pierre-Scize. Levez la tête, non loin de vous se trouve le pôle d’études supérieures de Sainte Marie Lyon (autrefois les archives départementales), il est à place de l’ancien couvent des Carmes-Déchaussés, accrochées au flanc nord de la colline par le chemin de Montauban (super spot à photos avec vue sur la Croix-Rousse et sur la Presqu’ile ! mais il faut être 3 conditions : étudier la bas, être courageux et affronter les 237 marches…).

Avant de poursuivre, saviez-vous qu’autrefois trônait fièrement sur cette même colline le château de Pierre-Scize entre la montée de la Sarra et celle du Greillon ? Aujourd’hui disparu, il occupait à l’époque une place des plus stratégiques, face à la Saône, et matérialisait la frontière entre le Royaume de France et le Saint Empire Romain Germanique. La forteresse dominait notamment par une haute tour ronde édifiée au sommet du rocher qui tenait lieu de donjon et il fallait près de 200 marches pour accéder au château.

Dernière petite anecdote sur le site, son nom viendrait du rocher qui semble avoir été fendu. La légende raconte que l’Empereur romain Agrippa auraient demandé à ce qu’une voie soit ouverte et que la pierre soit ainsi taillée, d’où le nom de pierre scize ou « pierre encize »ou encore en latin « petra incisa ».

2 – les secrets de l’Homme de la Roche

[2] On reprend notre route jusqu’à la place de l’Homme de la Roche. Intrigant nom et intrigante statue qui trône fièrement au milieu de la roche et de la végétation. Il s’agit d’une statue de Kleberger, un négoce allemand envoyé à Lyon pour représenter l’intérêt de son beau-père. Un homme a priori très généreux que l’on appelait « le bon Allemand ». L’histoire raconte même que les lyonnais pleins de malice lançaient à leurs créanciers « va te faire payer à l »homme de la Roche ». Lancez toujours quelques pièces on ne sait jamais, pour la chance !

3- Les trésors architecturaux des quais de Saône

Sur le quai en face, vous pouvez admirer les Subsistances et son petit théâtre de verdure dont nous ferons un tour à la fin de notre balade. Remontons jusqu’au 3 quai Chauveau, le Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse. Je trouve ce bâtiment particulièrement remarquable, installé dans un ancien Couvent des Dames de Sainte-Élisabeth qui sera après la Révolution, la plus ancienne école vétérinaire de France.

Sur l’autre rive, se dessinent les Greniers d’Abondance, aujourd’hui bâtiments de la DRAC où étaient autrefois entreposés le blé nécessaire à l’alimentation des lyonnais.
C’est le moment idéal pour enfourcher un Vélo’v et pédaler tout en douceur jusqu’à l’île Barbe (c’est pas compliqué c’est tout droit en suivant les quais par la route toujours !). Profitez en pour vous arrêter de temps à autre admirer les beaux reflets de la Saône.

4- L’île Barbe, île sauvage et mystérieuse ?

[3] Je l’avoue cela fait presque 7 ans que je vis à Lyon et je n’avais encore jamais pris le temps de découvrir l’Ile Barbe… chose réparée à présent et je compte bien vous inviter à faire de même. Pour ceux qui circulent à Vélo’v, une station se trouve à quelques mètres du nouveau Musée Jean Couty sur le quai Paul Sédaillon. On traverse le pont de l’Ile Barbe et nous voici plongés dans un univers totalement végétal à seulement quelques minutes de la ville.

Dépaysement total sur l’île qui est une invitation à la flânerie, aux piques-niques en famille, aux parties de pétanque entre amis, à la bronzette, bref on est bien ! Mais savez-vous ce que l’on raconte sur  « Insula Barbara »… l’île sauvage ? De vieux grimoires affirment qu’autrefois des druides y célébraient leurs cultes mystérieux. En tout cas ce qui est certain c’est que des moines y édifièrent l’une des premières abbaye de la Gaule et l’un des tous premiers établissements monastiques de Lyon. Aujourd’hui ne subsiste que l’église romane Notre-Dame.

Particularité de cette petite île, une partie est composée d’un jardin public, avec des terrains de terre battue pour jouer à la pétanque, une grande pelouse et un ensemble de jeux pour enfants. L’autre partie de l’île est privée, délimitée par une grille ouverte de façon assez aléatoire. Si c’est le cas, rentrez dans ce pittoresque hameau, avec sa placette de village, son restaurant étoilé (l’Auberge de l’ile) et ses ruelles mystérieuse.  N’hésitez pas à vous faufiler jusqu’au bout des impasses pour admirer les vestiges de l‘ancienne Abbaye et les splendides demeures. [4]
Et oui, quelques privilégiés vivent ici et ont sacrément de la chance.

5- Le belvédère et les lanternes de l’île Barbe

On traverse le pont pour rejoindre la rive de Saône côté Quai Clemenceau. En rive gauche de la Saône, le site de l’ancienne écluse de Caluire et Cuire, scindé en deux par le resserrement des balmes de Saint-Rambert et Caluire et Cuire, déroule un kilomètre de promenade. Empruntez la petite passerelle spéciale spot à selfies avec vue sur la Saône et l’Ile Barbe : Le belvédère et les lanternes de l’Ile Barbe de l’artiste Jean-Michel Othoniel. C’est l’histoire mystérieuse de l’Ile Barbe qui aurait inspiré à l’artiste Jean-Michel Othoniel une féérie colorée, fragile et merveilleuse. On adore ce belvédère de perles géantes en verre coloré et les lanternes de l’Ile Barbe qui crée un lien avec les deux structures et se fondent parfaitement avec l’eau et la végétation. [5]

6- Le chemin nature : le Street art s’invite sur la Saône

On emprunte à présent le chemin dit « nature », au pied du Quai Clemenceau en remontant vers le Quai Gillet. Il est bien matérialisé et longe sur près de deux kilomètres, les villes de Lyon et de Caluire et Cuire. Le Chemin nature est caractérisé par son étroitesse et sa linéarité, mais également par l’alternance de milieux végétaux ouverts et fermés. On va donc passer de la Saône sauvage à la Saône plus urbaine, et en chemin le street-art va s’inviter, alors ouvrez grands les yeux !

On longe déjà une véritable galerie végétale avec de petits jardins miniatures, on chemine entre buissons et arbres, on dit coucou aux cygnes qui se baladent eux aussi tranquillement. Et puis tel le Petit Poucet avec ses cailloux blancs, les artistes Pascale Marthine-Tayou et Erik Samakh ont disséminé sur ce parcours autant d’éléments soulignant la magie des lieux : tout d’abord la série de masques africains de l’artiste camerounais Pascale Marthine-Tayou. Pour ceux qui se baladent de nuit l’artiste « Erik Samakh a parsemé le Chemin nature de Lucioles aquatiques, petites diodes lumineuses incassables et résistantes à l’eau qui, accumulant de l’énergie solaire le jour, s’allument de manière intermittente dès la tombée de la nuit. Enfin, il a aussi installé des Girouettes à crues, des blocs de pierre placés sur un axe mobile en inox, pivotant au gré du courant et des crues de la rivière. Les promeneurs s’amusent à en changer l’orientation et sont invités à s’en servir pour s’asseoir, pique-niquer ou pêcher ».

7- le bas port Gillet, un jeu d’enfants !

[6] Le bas port Gillet est un parcours qui débute au pied du Grenier d’abondance. Au-dessus, trône l’imposant fort Saint-Jean, bâti aux alentours de 1830 sur le rocher de l’Aigle, à l’emplacement des anciennes murailles de la ville. Sur le parcours, j’ai particulièrement adoré l’œuvre de Meschac Gaba « le jeu de la vie », des sortes de marelles où dans chaque case, l’artiste fait figurer un symbole, généralement lié à la faune ou à la flore, et issu d’armoiries du Grand Lyon ou de différents pays francophones. Sur ce même tronçon vous pouvez admirer l’œuvre Nouage de Pablo Reinoso rappelant à la fois la végétation sauvage et les cordages de bateaux qui viennent s’amarrer. « Sortant des niches situées sous les doubles escaliers menant aux rives sur le bas-port Gillet, des tiges métalliques souples surgissent et se développent sur une centaine de mètres, courant le long des murs, escaladant les parois. »

7- Fin de parcours – Les Subsistances


[7] Dernière étape de notre parcours urbain, les Subsistances, qui accueillent aujourd’hui l’École Nationale des Beaux Arts de Lyon. C’est également un lieu culturel hyper chouette entre création, production et diffusion. Jusqu’au XVIIIe le bâtiment était un ancien couvent, dit couvent de Sainte-Marie des Chaînes, baptisé ainsi parce qu’en amont de la Saône, les douaniers disposaient des chaînes en travers de la rivière pour déjouer les réseaux contrebandiers qui voulaient s’introduire à Lyon par voie fluviale. En 1807, l’armée prend possession du site en créant un lieu de stockage et un campement militaire. Il y sera fabriqué de la farine et du pain, conditionné du café, du tabac et du vin pour les soldats casernés.

Je vous invite vraiment à découvrir et faire le tour du bâtiment surtout pour observer la belle verrière métallique de style Eiffel. Et pour vous remettre de vos efforts, je vous conseille vraiment une petite halte au Café des Arts, dans la cour des Sub’s, à l’ombre des platanes.

J’espère que cette nouvelle balade urbaine vous a plus et n’hésitez pas à retrouver tous les autres parcours dans notre rubrique (Confluence, pentes de la Croix-Rousse, Vieux-Lyon, Fourvière…)