Comme chaque année Lyon CityCrunch vous propose un Fil Rouge Nuits de Fourvière Retrouvez chaque semaine un des spectacles du festival chroniqué par un membre de l’équipe. Cette semaine c’est le concert de Woodkid qui passe sur la sellette. Il y a ceux qui ont aimé (dont l’auteur de cet article) et ceux qui ont trouvé ça bizarre (à lire ici).

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La musique de Woodkid est guerrière.

Pour pour pouvoir assister à son tant attendu concert avec l’Orchestre National de Lyon il fallait être bien armé.

S’équiper d’une célérité affûtée pour arriver à choper une des places qui se sont échappées de la billetterie en quelques minutes.

S’affubler d’une armure K-way pour repousser les assauts de la pluie s’acharnant sur nos corps fatigués par tant d’humidité.

Aiguiser sa patience pour trancher une foule de hipsters et se tailler une place offrant une champ de vision approprié.

Heureusement les valeureux guerriers ayant réussi à combattre ces quelques contrariétés ont été récompensés à leur juste à effort. « A vaincre sans effort, on triomphe sans gloire », disait Corneille dans le Cid, et c’est bien un triomphe auquel a pu assisté le public venu acclamé le retour au bercail de l’enfant prodige.

Le triomphe de Woodkid

La pluie a été terrassée juste avant le début du concert, des étoiles arrivant même à percer quelques épais nuages, comme si elle voulait assister à la soirée (Grand bien leur en a pris !)

L’émotion s’est invitée dès le premier morceau. Des frissons ont parcouru l’échine du public alors que Woodkid, les yeux humides semble troublé en chantant les paroles de Baltimore (« I come back home and start to cry »).

Le renfort de l’Orchestre National de Lyon a tout balayé sur son passage. Le son puissant des cordes et des cuivres sublimés par l’acoustique incroyable du lieu (ils sont forts ses Romains), a donné une puissance inouïe à l’ensemble du set jusqu’au dernier rappel et son onirique version de Iron accompagné d’un piano et violon.

Mais le plus surprenant dans cette bataille fut incontestablement l’ambiance. Alors qu’on attendait un woodkid posé, sombre voire froid comme peut l’être l’univers qu’il a développé dans ses clips, c’est au contraire un facétieux gamin sautillant qui s’est emparé du mico pour électriser la foule. Foule qui s’est alors mis à danser, à taper dans ses mains, à sauter et à chanter en coeurs. Flanqué d’un grand sourire mi-satisfait mi-surpris, l’artiste a passé son concert à parcourir la scène de long en large et à haranguer son public. La musique de Woodkid si monumentale et parfois écrasante s’est alors révélée d’une force fédératrice et joyeuse insoupçonnée.

La musique de woodkid est certes guerrière, mais pour le plus grand plaisir de son public, ses concerts sont terriblement festifs.

Vous pouvez revoir le concert de Woodkid aux Nuits de Fourvière sur le site d’Arte Live Web.