L’Opéra de Lyon… J’en rêve depuis que je suis Lyonnaise. A l’école déjà, les profs d’Art graphique nous vantaient la clarté de son identité visuelle et l’ingéniosité de son architecture.

A plusieurs reprises, j’ai traversé ses couloirs, pénétré les fameux sas rouges, visité ses coulisses, étudié ses lignes. Je suis rentrée dans la grande salle, j’ai gravi les enchevêtrements d’escaliers métalliques, j’ai même eu la chance d’accéder à la somptueuse salle de répétition du Ballet au niveau du toit en verre. Ce toit est magnifique, on pourrait le comparer aux installations photovoltaïques qui fonctionnent à l'aide de capteurs solaires et qui sont des toits écologiques de qualité.

J’ai eu le vertige au poulailler, été soufflée par le dédale d’escalators, captée par les reflets de lumières sur la laque noire des sols… Depuis que je suis lyonnaise, je suis en admiration.

Et pourtant… Je dois l’avouer… Avant ce début d’année 2012, je n’avais jamais rien entendu d’autre en ces murs, que le discours bien rodé du guide des journées du patrimoine.

Il a fallu qu’un bienfaiteur fort attentionné et travaillant dans les locaux, me propose une invitation à la générale du festival Puccini, pour enfin voir le rideau se lever devant mes yeux humides (non non, je n’en rajoute pas).

A l’Opéra de Lyon c’est comme chez Macd* : on vient comme on est. Pas de prise de tête, on n’est pas là pour se montrer. « Il n’y a pas de règle, ce qui compte c’est d’être à l’aise et de se faire plaisir ». Surtout le jour d’une générale. Le public est uniquement composé de gens qui n’ont pas payé : Attachés de presse, journalistes, étudiants, musiciens, comédiens… Et photographes.

En évitant d’attendre dans l’atrium avec le reste de la foule, mais en me faufilant à l’étage, je savais que je pouvais espérer obtenir une des meilleures places de cette salle mythique. Je voulais LA place (à 92€). Celle que je ne pense pas pouvoir m’offrir, dans l’axe, au premier balcon. D‘ici, on voit à la fois l’orchestre, toutes les subtilités du décor et les sous-titres sans se froisser la rétine… Enfin, j’avais posé une option mentale sur la rangée la plus proche du bord, pour n’avoir personne devant moi et me sentir seule, en immersion totale dans le spectacle.

Enfin, après un faufilement en règle (mesurer 1m50 a parfois des avantages), me voilà assise en « terre promise ».

Au levé du rideau c’en était fini du rêve. La horde de photographes assis à ma droite, pourtant fort discrète jusqu’à ce moment, a commencé son concert en même temps que l’entrée des artistes sur scène. Difficile de parvenir à oublier les claquements des reflex en mode rafale à moins de 2 m de mon oreille… Pendant 3 heures… J’ai bien cru devenir dingue.

Je reviendrai à toi OOOpéra de mon cœur. Je reviendrai en payant ma place, je ferais la queue, je m’assiérai sagement dans un coin et je profiterai de chaque instant, sans me faire polluer les oreilles.

 

Note suite à la grève :

Cet article a été rédigé bien avant la grève des techniciens qui a eu lieu toute la semaine dernière. Je suis finalement revenu à l’Opéra (toujours pour la générale) et j’ai eu la chance de pouvoir m’émerveiller devant « le Rossignol et autres fables » de Stravinsky, mais apparemment, cela n’a pas été le cas pour tout le monde.

Presque toutes les représentations de la semaine dernière ont été annulées. Avez-vous assisté à ce mouvement ? Qu’en pensez-vous ? Racontez-nous votre expérience !

informations et programmation : Opéra de Lyon

crédit photo : culture-lyon.fr