C’est quelques heures avant leur concert au Toï Toï que je retrouve les Miss White and the Drunken piano et leur équipe. Tous les trois habillés en noir, Marieke, Martin et David arrivent de Montreuil où ils ont donné un concert la veille, et attendent que la personne chargée de leur ouvrir les lieux vienne à bout d’un repas de famille qui s’éternise. On se pose au soleil, sur un coin d’herbe devant la salle et la conversation s’engage.

Commençons classique, pour ceux qui ne vous connaissent pas :  Miss White and the Drunken Piano, qui êtes-vous ?

David : Ah ah, bon, qui s’y colle ? On tire à la courte-paille ?

Marieke : Allez, je commence ! Au début, on avait chacun nos groupe et projets perso, moi j’étais dans un groupe de rock et je chantais en français, puis j’ai eu envie de passer à quelque chose en anglais, pas rock. C’est un projet qui se voulait solo, mais j’avais besoin d’un regard extérieur alors j’ai demandé de l’aide à David.

Martin : Et en fait, un jour, David — dont j’étais à la base un grand un grand fan  —  (David : « ah ben voilà, je préfère quand c’est toi qui le dit, ça fait plus naturel !) (rires) m’a amené à une répétition, et on a fait genre « Salut, on se fait la bise et on joue, et le feeling est super bien passé.

Vous décrivez votre style comme du piano-bar/hip-hop mais il paraît que c’est surtout pour attirer l’attention ?

Marieke : piano-bar, c’est super large, ça peut être intimiste, jazzy, mais c’est aussi des grand classiques, voire  même parfois rock ou pop. Le côté hip-hop, c’est venu de la rythmique, du groove de la basse, de la batterie et du beat-box

Justement, David, ça te vient d’où le beat-box ?

David : Je sais pas exactement, j’écoute de la musique depuis tout petit, et j’ai pas mal d’influences hip-hop donc j’ai dû voir des gars faire ça et vouloir les imiter. Mais je suis aussi batteur, et en fait, j’écris très peu, sauf que les idées, l’inspiration, ça te vient n’importe quand, dans la rue comme ça et du coup le beatbox, c’est un moyen de jouer le truc tout de suite… et surtout, de m’en rappeler, un moyen de prendre des notes !

Martin : et puis le beatbox, c’est partout, n’importe comment, t’as besoin de rien d’autre que de gens qui t’écoutent, — ouais, parce que les gens ont vite mal à la tête, donc t’es reconnaissant qu’on t’écoute ! (rires) — j’adore cette simplicité.

Vous êtes un vrai groupe de scène, on sent l’expérience dans l’énergie et le contact avec le public, c’est à force de tourner ?

David : Chacun, avec nos anciens groupes, on a pas mal tourné dans des petites salles, des cafés et donc on a réactivé tous nos contacts et on a multiplié les concerts. Ensuite, on s’est entouré d’une équipe de prod’ et de tourneurs, et ça nous a ouvert les portes d’autres salles, avec un côté plus pro, des premières parties de grands groupes, des grosses scènes ou des festivals.

Marieke : Pour nos concerts, on a une approche assez théâtrale, on a bossé avec un metteur en scène lyonnais, étudiant à l’ENSAT, qui nous a aidé à mettre en place le spectacle. Il nous a dit quelque chose comme  « L’aristocratie, quand ça se déglingue, c’est crade ». Ça nous a plu ! Le piano-bar/hip-hop c’est peu cet esprit là.

David : Et puis on a aussi une grosse culture concert, autant avec nos expériences précédentes que de l’autre côté de la scène en tant que public, on est assez sensible aussi à ce qu’on voit, ce qui nous touche, et on s’en inspire.

Marieke : C’est une question d’envie aussi, en tant que public, parfois c’est pas mal qu’il n’y ait pas d’interaction, il faut que ça s’y prête. Même si au final, souvent, ça me manque. Pour nous, ça nous permet de garder une certaine fraîcheur, c’est une plus value aussi et ça permet de partager des choses avec le public.

Martin : Le truc du café-concert, c’est que les gens ils sont là, et tu joues de la musique, mais ils ne sont pas forcément venus pour toi, et si le public tu ne vas pas le chercher, il ne se passe rien.

Marieke : On joue vraiment dans pleins d’endroits différents, et c’est un vrai challenge de séduire à chaque fois le public.

J’ai lu que vous vous étiez fait voler du matériel début Mars, il s’est passé quoi ?

Marieke : Un truc con : on s’est fait cambrioler le camion. Avant, on avait pas mal de matos, et donc on avait de quoi aller un peu partout, même dans une salle peu équipée, et on pouvait donner un vrai bon concert sans être limités par les moyens.

Martin : Voilà, avant, on pouvait vraiment faire tout ce qu’on voulait, et maintenant, on ne peut plus. Mais en même temps, on ne veut pas transiger sur la qualité, on nous félicite pour notre son, et on y tient, et donc on a remplacé certains effets ou arrangements, on fait en sorte que ça ne se voit pas.

David : Oui et puis c’est est pas juste en terme de son, c’est en terme de public, on se coupe aussi de gens qu’on ne pourra pas voir.

Marieke : après, on relativise aussi, on marche pas mal, on a des dates de concert, un public, donc même si c’est rageant et frustrant, ce n’est « qu’un » retour en arrière temporaire, ça nous ralentit, mais ça ne nous empêche pas complètement de faire notre métier.

(Détails, soutien et dons ici ou sur facebook)

Vous avez fait quelques enregistrements dernièrement pour un album courant 2012, ça en est où ?

Martin : Cette fois-ci on bosse à l’envers !

Marieke : ce qui est en fait à l’endroit, puisque pour l’album précédent, c’était essentiellement des chansons éprouvées sur scène, des titres qu’on jouait depuis pas mal de temps

Martin : Voilà, là c’est plus frais, c’est des chansons qui ont quelques semaines, qu’on ne joue pas encore en concert, mais qu’on a envie de laisser mûrir un peu

Marieke : on a envie que ça reste inédit, mais donc elles n’auront pas autant de vécu, elles n’auront pas autant tourné, c’est une autre expérience.

Vous continuez dans le piano-bar/hip-hop ou il y aura de la nouveauté ?

David : des nouveaux instruments, mais on reste en Trio

Martin : ou de nouvelles formes de voir nos instruments !

David : dans le premier album, on faisait références à des styles (Jazz, Hip hop) et on les exploitait à la limite du cliché, là on introduit d’autres styles, pop, rock, et on mélange un peu tout ça, pour faire quelque chose de nouveau, même si bien sûr, on n’invente rien. L’idée c’est peut être d’être encore plus inclassables !

Vous êtes assez actifs sur votre page facebook, vous annoncez les concerts, remerciez les gens, répondez aux commentaires, c’est quelque chose d’important pour vous ?

Martin : C’est pas une stratégie de com’, c’est parce que je suis un vrai geek et que je passe ma vie sur Facebook !

Marieke : Facebook, c’est ce que j’aime voir en tant que fan, quand je veux apprendre des choses sur un groupe. Après pour les infos plus formelles, il y a le site.

Martin : ou le myspace, mais là c’est plus une carte de visite qu’autre chose, c’est fini MySpace…

David : Et puis facebook c’est aussi une main tendue vers les gens avec qui on n’a pas pu parler la veille, ça donne une chance de garder le contact après le concert. On existe aussi en dehors de la scène, les applaudissements à chaud, ça fait plaisir, mais c’est vraiment sympa de voir qu’on nous soutient aussi en dehors des salles.

Marieke : On pense un peu à un blog aussi, même si Martin dit que les blogs, c’est has-been. Ce serait un peu un carnet de bord, et puis on pourrait évoquer d’autres aspects de trucs qui nous intéressent…moi ça me gênerai moins de partager mes recettes de cuisine sur un blog que sur facebook !

Vous faites des interview dans des toilettes ou des concerts dans le TGV, vous avez d’autres projets un peu barrés comme ça ?

Tous : Notre rêve, ce serait de faire le tour de France des kiosques à musique !

Site : http://misswhite.net/

Crédits photos : http://misswhite.net/index.php/photos et Nicolas Mayer