lovelocal

A l’occasion de la Semaine Spéciale Green, on m’a mis au défi de ne manger que des produits locaux pendant 3 jours.

Il y a quelques mois Canal + avait diffusé un reportage intitulé « Made in France » suivant la vie quotidienne de Benjamin Carle qui avait décidé d’acheter et d’utiliser uniquement du « Made in France » pendant 1 an. Mon challenge était bien sûr beaucoup plus facile, je me suis limité à 3 jours (petit joueur) et me suis restreint uniquement sur la nourriture (oui parce que lâcher mon iPhone ne serait-ce qu’une journée est au dessus de mes forces mentales).

L’idée n’était pas de réaliser un petit challenge pour m’en vanter auprès de mes amis (ou des lecteurs de CityCrunch) mais de voir si être locavore était juste une mode un peu sur-vendue ou s’il était vraiment possible de manger uniquement des aliments produits dans un rayon de 100km.

Les courses

La veille de mon petit défi, je suis parti faire un tour dans mon quartier pour remplir mon frigo et me permettre de tenir pendant 3 jours. A ma grande surprise, ce fut super facile de trouver légumes, fruits mais aussi viandes et laitages fabriqués en Rhône-Alpes. Il y avait bien sûr un large choix dans les boutiques bio-équitables de mon quartier (L’Epicerie Equitable, Trois Petits Pois, De l’autre coté de la Rue, Scarolle et Marcelin, mais j’ai aussi pu trouver mon bonheur dans les grandes enseignes, le Casino de la Guillotière proposant carrément un rayon dédié aux produits locaux. Mais le plus surprenant fut de trouver des œufs produits dans le Rhône, de la marque P’tit Gone, dans la petite supérette en bas de chez moi. Visiblement les commerçants de mon quartier, petits et grands, étaient déjà convaincus par le concept de locavore.

Jour 1

La première journée démarra très mal. J’avais complètement zappé un élément important : le petit déjeuner et son indispensable café. Malgré l’existence de torréfacteurs Lyonnais, on peut difficilement considérer le café comme un ingrédient local (les producteurs de café dans le Rhône, c’est comme les martiens, ça court les rues). Adieu précieux breuvage !

Je n’avais pas non plus prévu le cas délicat des tartines. La farine de ma baguette achetée la veille était-elle fabriquée à partir de blé local ?

Au final, je me suis rabattu sur des œufs brouillés, un jus de pomme, un yaourt, le tout saupoudré de frustration.

Je filais ensuite au marché Quai Augagneur pour compléter mon stock de fruits et légumes made in Rhône. De nombreux producteurs sont présents sur ce marché et ce fut un plaisir de les dévaliser.

Le repas du midi fut simple à gérer. Mangeant chez moi, j’ai pu me préparer une salade locale en entrée, une poêlée de légumes accompagnée d’un steak de bœuf charolais. En dessert, une simple pomme fit l’affaire.

Le soir, je refusais la mort dans l’âme une virée burger-mojito proposée par des amis pour me concentrer sur une soupe froide de betteraves (achetées au marché le matin même) accompagnée de caillettes de la région et des tonnes de fromages… sans pain (quelle tristesse) mais arrosé d’un petit Côtes-du-Rhône (ahhh !).

Jour 2

Après un deuxième petit déjeuner insipide, je me mis en quête d’une farine produite localement. En fouillant le net j’avais pu trouver plusieurs fermes qui vendaient leur farine sur Lyon. A ma grande surprise, je découvris qu’une bonne partie des pains bios qu’on trouve en supermarché sont fabriqués par une entreprise du Rhône : Bionatis (qui fournit d’ailleurs depuis peu le Ninkasi pour ses pains à burger). Bref, j’étais sauvé !

Cette journée s’avéra plus compliquée car je ne la passais pas chez moi. Pour le midi j’avais prévu une salade copieuse de pommes de terre-jambon-tomates, mais j’avoue que l’envie de m’avaler un bon vieux kebab m’a tenaillé toute la journée.

En rentrant chez moi et après avoir récupéré de la farine locale, je me suis mis à confectionner du pain pour le lendemain. C’est pas très compliqué : de la farine, de l’eau, du sel et de la levure de boulanger. On mélange, on pétrit, on laisse reposer et on fait cuire au four. J’allais enfin avoir du pain pour mon petit déjeuner  : alleluia !

Le soir j’utilisais à nouveau la farine et la levure de boulanger pour me confectionner une pizza. Ce fut assez long car j’ai dû confectionner la sauce tomate à partir de tomates fraîches et effectuer plusieurs test de cuisson de fromage pour déterminer celui qui serait à même de remplacer la mozzarelle (Bonne nouvelle, un St Marcelin un peu jeune fait office de remplaçant plus corsé mais tout à fait convenable ). Mais mes efforts furent récompensés ! Cette pizza faite maison avec des produits locaux avait un très bon goût de satisfaction.

Jour 3

À moi un vrai petit déjeuner ! Des tartines de pain maison parfaitement grillées avec du beurre et une compotée de pommes, un jus de fraises fait à la minute, un œuf au plat avec du jambon (issu d’un élevage en Isère). Un vrai régal !

J’utilisai les derniers morceaux de pains pour me faire un sandwich salade-fromage-poulet (de l’Ain) pour le midi et quelques tranches de poires avec des fraises pour le dessert.

La fin de mon défi approchant, je proposai à mes amis d’aller fêter ça dans un bar. Mais comme il me restait quelques heures à tenir, il me fallait trouver un lieu qui me permettrait de suivre mon régime locavore pour le reste de la soirée. J’ai donc donné RDV à mes potes au Court-Circuit, bar situé en bas de chez moi et qui s’approvisionne comme son nom l’indique via les circuits courts. Ce fut un bon moment plein de tapas locales et de bière de la région (bon ok, peut-être que le houblon n’était pas de chez nous)…

Verdict

À ma grande surprise, ce défi fut en fait assez facile. Il faut dire que je fus grandement aidé par les commerces de mon quartier. La Guillotière est le quartier de Lyon qui accueille les plus de boutiques bios et de circuits alternatifs. Il est très facile d’y trouver des produis fabriqués dans la région.

Certes, c’est toujours un peu plus cher que les produits achetés en supermarché, mais la différence n’est pas toujours excessive (et sur le marché c’est carrément moins cher). Pour quelques euros en plus, on a souvent plus de goût et la satisfaction de faire quelque chose de bien (genre sauver le monde, quoi !).

Le point le plus positif de cette expérience est que cela m’a fait prendre conscience de ce qu’il y avait dans mon assiette. C’est sûrement purement psychologique, mais savoir que ma tomate vient de telle ferme ou que mes œufs ont été pondus par les poules d’une exploitation qui les traite à peu près bien donne une autre saveur aux aliments.

Je crois que c’est ça, finalement, le plus important dans cette histoire de locavore : apprendre à mieux connaître ce qu’on mange.

On résume, manger local c’est :

locavore1– C’est pas compliqué : surtout à Lyon avec plein de boutiques et dans la région avec plein de produits.

– C’est un peu plus cher mais pas tellement.

– Ça demande un peu de temps : il faut trouver les produits et vous pouvez dire adieu aux plats tous prêts.

– Ça fait réfléchir.