Un jour quelqu’un a écrit qu’à LyonCityCrunch, nous étions, je cite, des « hipsters puants ».

Alors, en tant que bonne hipster, quand j’ai entendu parler (via rue89 Lyon si mes souvenirs sont bons…) du système des ruches de « La Ruche qui dit oui », j’ai tout de suite été emballée.

Qu’est-ce que c’est que cette histoire de ruches ?

Les ruches proposent aux consommateurs d’acheter des produits locaux, la plupart du temps bio ou issus d’une agriculture « raisonnée » en limitant les intermédiaires. Elles fonctionnent donc un peu comme des AMAPs – ces fameux systèmes où vous vous abonnez pour recevoir un panier de produits toutes les semaines – en réduisant les circuits de distribution et en privilégiant le local et la qualité (agriculture bio ou raisonnée, animaux élevés en plein air…).

Comment ça fonctionne ?

Pour faire partie d’une ruche, il suffit juste de s’ inscrire sur le site internet www.laruchequiditoui.fr, de choisir la ruche dans laquelle vous souhaitez vous inscrire (la plus proche de chez vous ou de votre lieu de travail…). Des « ventes » ont lieu régulièrement (toutes les semaines ou tous les 15 jours selon les ruches) directement sur le site internet.

Lors de la vente, vous vous connectez sur le site, vous choisissez les produits qui vous intéressent parmi les nombreux légumes et fruits, viandes, terrines, pain, bière artisanale, fromages etc… proposés.
Vous payez directement sur le site grâce à votre carte bleue et vous n’avez plus qu’à aller récupérer vos produits lors de la « livraison » qui aura lieu à date et heure précise au local de votre ruche.

Ce qu’on en a pensé

La première ruche lyonnaise a été créée tout récemment à Perrache, via l’espace de bureaux partagés « La Cordée ». La première vente a donc eu lieu il y a à peine 15 jours.

La vente sur le site a duré quelques jours. J’ai pu y commander un gros pain « gourmand » (raisins secs et noisettes) au levain naturel et sel de Guérande, des filets de volaille fermière, une courge romaine, un magnifique butternut, des carottes, un chou chinois et des poireaux.
J’aurais bien aimé prendre un pain complet et des épinards mais lorsque je me suis connectée, les produits étaient déjà épuisés. La bière bio me faisait de l’œil aussi, mais un peu chère pour mon budget…

Au total, ma commande atteint 18 euros. Ce n’est pas forcément bon marché mais pour moi qui ai l’habitude d’acheter plutôt en qualité qu’en quantité et qui favorise le local et le bio, le prix ne me choque pas, qui plus est avec la viande. En allant au marché et chez mon boucher, j’en aurais eu pour pratiquement le même prix.

La livraison a lieu un mardi, de 18h00 à 20h00 au local de la Cordée, près de Perrache et de la Place Carnot.
Bon point pour les horaires élargis qui permettent d’aller récupérer tranquillement ses produits en rentrant du boulot.

Sur place, il y a pas mal de monde, bonne ambiance, on peut goûter le pain, les fromages et les terrines, on regrette de ne pas avoir commandé certains produits !

Avec le bon de commande imprimé, on fait la queue devant chaque « stand » (légumes, fromage, pain…) pour récupérer ses produits.
Alors, certes, ça oblige de faire la queue 5 fois mais ça permet aussi de rencontrer  chaque producteur qui a préparé avec amour votre petit colis de produits et d’échanger un peu.

Ensuite on refait la queue 🙂 auprès du responsable de ruche (le sympathique Hugo à Perrache).

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On a aimé !


– Le système global, plus souple qu’une AMAP
: inscription gratuite, on commande quand on veut, on choisit ses produits selon ce qui nous fait envie (le truc qui me fait peur avec le système des « paniers » traditionnels : me retrouver avec des kilos de rutabagas et de navets à écouler…).

– La qualité des produits : le pain super bon qui se conserve une semaine, les légumes vraiment frais et de super qualité (allez, petit point négatif de rien du tout pour les poireaux, plus verts que blancs…), la viande extra et sans aucun nerf, les courges bien pleines. Franchement : au top !

– L’ambiance festive lors de la livraison et l’impression d’acheter ses produits « comme à la campagne », directement au producteur. Il y a également un système d’échanges via le site internet de la ruche locale (questions, impressions, idées, recettes…) qui donne le sentiment d’appartenir à une petite communauté de quartier. Et comme on a payé sa commande avec sa CB sur le site web, il n’y a pas d’échange d’argent lors de la livraison : que du convivial !

– C’est bien pour les producteurs ! Les petits producteurs n’ont pas forcément le temps ni la possibilité de louer un emplacement sur les marchés lyonnais. Le système de vente via la ruche leur permet de toucher 83,3% du prix de leurs produits, avec un paiement express (7 à 10 jours quand d’autres intermédiaires payent au bout de 3 mois…) et comme tous les produits livrés ont été précommandés, c’est zéro gâchis ou restes à la fin de la livraison !

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À noter cependant…


– À Lyon, on a quand même le choix en termes de marchés proposant de bons produits locaux, même en horaires décalés
(marché fermier de la place Carnot le mercredi jusqu’à 19h30 ; marché quai Augagneur le jeudi jusqu’à 20h00…) mais le système de la Ruche peut cependant être un excellent complément ou une alternative si vous n’avez tout pas le temps ou l’envie d’arpenter les étals en plein air…

La Ruche n’est pas une association, ni une coopérative. 8,35% du prix est reversé à la start-up à l’origine du concept pour payer ses salariés, le développement du site, la gestion de paiement sécurisé, la communication… et 8,35% sont reversés au gérant de la ruche locale pour son travail, l’organisation des ventes, la recherche de producteurs correspondant à la charte qualité…

Résultat du test


Coup de cœur !
Je n’y ferai pas l’intégralité de mes courses car j’ai mes habitudes au marché mais je trouve le concept de réduction des intermédiaires et mise en avant de la qualité vraiment intelligent. Moins « hippie » que les AMAPs, plus responsable que l’achat en grande surface avec un côté convivial en plus.

super chat avis 4sur5

 

13 commentaires

  1. Un complément à une offre tres diversifiée à Lyon:AMAP, paniers, boutiques circuits courts,coopératives, marchés (citez aussi les peitis comme Vaise ou Fourcade).ce matin a la chambre de commerce j’ensigeais de proposer un label producteur sur les marchés et ailleurs avec le président de la cci dans le cade de la reflexion que j’ai lancé sur le made in Lyon. Bravo pour le billet et vive la cordee

    1. Coucou Romain.
      Tout à fait ! Bon, comme il s’agissait d’un article sur le système des ruches, je ne pouvais pas citer tous les marchés lyonnais, il y en a tellement !
      Mais ça pourrait faire l’objet d’un nouvel article ! (je note, je note…).
      Merci en tous cas !

  2. Un petit complément d’info : (en tant qu’ancienne utilisatrice du système)
    – les produits proposés dépendent des collaborations qu’on pu établir les responsables de la ruche choisie. Donc d’une ruche à l’autres les produits diffèrent, sont plus ou moins nombreux, etc…On peut avoir des cosmétiques parfois, des bêtes de confitures et tout. On ne trouve pas que du moins cher mais surtout une diversité ou une qualité, et des opportunités (quelques bons plans de gros bouts de viandes, idéaux pour des familles avec congélateur)
    – Celle de perrache n’est pas la première, j’ai déjà pu tester le système il y a 2 ans sur lyon, avec une ruche de X rousse qui a disparue, car il semble difficile de pérenniser tout ça (dépend de l’investissement et du soutien des fondateurs d’une ruche, du dynamisme des commandes, du fait que les gens déménagent ou non, etc…c’est plutôt lourd à gérer)
    mais plutôt cool d’avoir un article dessus.

    1. Bonjour Alice, merci pour ton commentaire !
      Effectivement, j’ai entendu dire que dans certaines ruches, on pouvait acheter des super confiotes et même de la crème de marron artisanale (Rhaaaaaa !).
      Celle de Perrache vient vraiment juste de se mettre en route donc ça viendra peut-être (j’espère !).

  3. Sympa comme article, je commande chez potager city, un système différent avec des produits de qualité aussi, mais j’aime bien l’idée de la rencontre avec les producteurs.

    1. Bonjour Nataly,
      Je ne connais pas Potager City mais attention d’être vigilant sur la façon dont l’entreprise fonctionne. Certains entrepreneurs se sont lancés sur le succès des paniers proposés par la AMAPs mais ils restent des entreprises privées qui n’achètent pas forcément leurs produits chez les producteurs locaux ou prennent parfois des marges non négligeables…
      Là, l’idée c’était de mettre en avant un système alternatif aux AMAPs mais qui reste un circuit court, respectueux des saisons, du revenu des producteurs…

  4. Tout système qui coupe les intermédaires dans l’agroalimentaire a le mérite d’exister.
    Petit bémol: pour aider les producteurs il faut aussi s’engager un peu sur la durée.
    Différent d’une amap puisque qu’il s’agit d’une société coopérative d’intérêt collectif, ALTER CONSO (http://www.alter-conso.org/) propose tout d’abord une période d’essai de 4 semaines, de beaux et bons produits locaux (la plupart du temps bio), un accueil chaleureux (paniers à récupérer le soir entre 17h et 19h) et propose une belle couverture sur Lyon et agglo.
    Bien moins cher que ce système, il permet de rencontrer toutes les semaines les producteurs et les autres consommateurs … Et je ne suis pas une « hippie » ! J’aime bien manger en étant sûre de ce que j’achète !

  5. Pas mal mais je préfère le marché bio de Montplaisir tous les mercredis de 15h à 20h !!! j’ai mes agriculteurs chouchous et je n’ai pas encore trouvé de meilleur produits que ceux vendus là-bas et tout l’argent est entièrement pour l’agriculteur et pas un centime ne part pour la gestion du site ou la communication…

    1. Bonjour Moustache et merci de ton commentaire.
      Bien sûr que les marchés c’est très bien (et c’est ce que je dis !) mais l’idée c’est de proposer un complément ou une alternative pour les gens qui n’ont pas forcément le temps ou le loisir d’aller au marché.
      Sans oublier que ce système est également favorable pour les petits producteurs qui n’habitent pas forcément tout à côté de Lyon, qui n’ont pas forcément le temps de s’occuper de leur exploitation et de faire le pied de grue derrière un stand plusieurs fois par semaine et l’argent pour payer un emplacement, acheter une camionnette, un parapluie géant ou que sais-je…
      Sans oublier que passer plusieurs heures au marché demande beaucoup de logistique pour ne pas avoir l’assurance de tout vendre.
      Là, comme je l’explique, avec les pré-commandes, c’est l’assurance que le producteur se déplace pour écouler tout ce qu’il a dans son coffre 🙂

  6. Je reste dans la team marché.

    Un avantage pour les uns peut être un inconvénient pour les autres. Passez récupérer ses produits à la fin de la journée en sortant du boulot ça me saoule un peu (surtout si j’ai un marmot à récupérer à l’école).
    Le gros avantage des marchés c’est d’avoir lieu le week-end à un moment où tu as un peu plus le temps.

  7. J’approuve le commentaire de Céline !

    Les AMAPS c’est trop bien, et on peut y être sans être « hippie » (D’ailleurs, c’est quoi le hippie ? Moi je mange bio grace à mon AMAP et je porte des chaussures à talons… hum?)
    La ruche c’est le parfait complément de l’AMAP.
    J’y trouve le pain (le pain au petit épeautre d’Élise de la ruche de perrache est tellement extraordinaire), les faisselles de chèvre, et les bières !!
    Il faut voir ça comme un complément aux AMAP ! 😀

    (Ce soir, à la distrib de la ruche, j’ai goûté les bières, la semaine dernière j’avais gouté la terrine aux cèpes qui déboite, j’ai discuté avec tous les producteurs, y compris ceux des légumes que j’avais pas acheté, et j’ai même eu un petit cours sur la production de Houblon bio en France ! Au top !)

  8. Dans la série, il y a aussi l’épicerie De l’autre côté de la Rue, qui travaille en direct avec des producteurs locaux, sans intermédiaire (enfin juste eux, quoi), et avec une marge fixe et affichée. Pas nécessairement bio, mais local, avec probablement possibilité de rencontrer le producteur (je suis arrivé en même temps que l’agriculteur qui amenait les salades qu’il venait juste de ramasser une fois).
    Les horaires sont adaptés aux gens qui bossent (ferment à 20h21h je crois, à vérifier), et même à ceux qui sont allés chercher leur gamin à l’école 🙂

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