Dans la catégorie « La biennale c’est de la bale » voici la Sucrière.

Notre périple  au Musée d’Art Contemporain (MAC pour les intimes et multitude de jeu de mots à la clé) ne nous a visiblement pas servi de leçon puisque c’est en plein dimanche après midi que nous nous rendons dans les anciens entrepôts ré-aménagé en musée : la Sucrière. La grève des tramways n’entame pas notre détermination, et c’est a pied que nous faisons les derniers kilomètres qui séparent Perrache du Pont Rimbaud. Je découvre une zone de Lyon que je ne connaissais pas : grandes friches abandonnées aux bords de Saône, paysages incertains mais reposant qui mérite qu’on reviennent y faire une petite ballade avant que les travaux du projet titanesques qui s’annonce pour rénover ce quartier ne fassent disparaître se paysage de désolation mais poétique.

Tu t’égares Qyrool, me direz vous, donc je reprends.

La sucrière, dimanche 15h30.

C’est blindé, noir de monde, la queue serpente en dehors du bâtiment. Je me demande même si c’est pas un oeuvre d’art constituée de gens soulignant l’instinct grégaire de mes congénères… non il s’agit bien de la file d’attente pour acheter son billet d’entrée. Ouf LeSud et moi avons déjà nos billets puise que les billets achetés au MAC sont valables dans les 5 lieux, donc on grille tout le monde. On passage on profite pour se moquer de gens qui poireauttent en les montrant du doigt…

On cesse de rigoler bientôt car une nouvelle file d’attente nous attend pour la première oeuvre. On se croirait un peu chez Mickey, genre on fait la queue pour une attraction. Les gens rentrent au compte goutte dans une pièce, on entend des cris. La dame qui fait rentrer les gens donne des conseils. Si vous étés clostro, si vous avez du mal à respirer, si vous avez top la pétoche n’y aller pas… La pression monte… Enfin c’est à nous. On pousse la porte est là…BLANC. Du blanc partout sol, plafond, murs, mais surtout épais brouillard, tellement épais que je ne vois pas mes pieds, ni même mes doigts quand je tends ma main en face de moi. Je me retourne j’ai perdu LeSud et le nord . J’avance dans ce nulle part, c’est assez flippant. La dame a l’entrée a plus ou mois expliqué ou était la sortie mais je ne sais plus trop ou je suis. BING, je me cogne contre un mur, je ne l’avais pas vu venir ! Ca me fait penser à une scène du Truman Show ou Jim Carrey cogne le mur bleu ciel au bout de son univers avec son voilier. Comme lui, je me dis soudain « Oh, mon dieu je suis enfermé dans une grande pièce, je veux sortir ». Je décide d’utiliser un autre sens que la vue ou le toucher qui se sont montrer totalement inefficace : L’ouïe. J’écoute. J’entends des voix. Je m’approche de là ou elles semblent être le plus concentré et j’arrive à retrouver la sortie et LeSud par la même occasion. Ouf ! On continue, de nouveau une queue nous attend, cette fois on fait le pied de grue pour une salle rempli de ballon. Même concept que la précédente salle, sauf que là il faut aussi ce battre avec la matière caoutchouc pour se déplacer. On ressort transpirant et chargé d’élétricité statique qui  rend nos cheveux hirsutes, mais bon c’est pas grave notre chevelure fait très art moderne et colle donc parfaitement au lieu. On passe devant plusieurs oeuvre plus ou mois intéressantes, la plus part du temps le public est mis à contribution. Au premier étage se dresse une immense volière dans laquelle se trouvent enfermés des pigeons et des mannequins d’enfants fourrés de graines. Les volatiles passent leur temps à picorer les marmots devant les yeux horrifiées des mères de famille qui passent par là. C’est très Hitchcockien. L’oeuvre est d’autant plus marquante que depuis l’installation de l’oeuvre (début septembre), les mannequins ont eu le temps de bien dépérir, ils sont bien amochés, certains déchiquetés par les petits becs gissent sur le sol. Les pigeons, eux, à force de se gaver de graines sont énormes, tels des mini sumos ailés. C’est vraiment gore. Et si c’était ça la fin du monde ? L’humanité entière dévorée par des pigeons obèses !!

Au dernier étage, un oeuvre retient mon intension, il s’agit d’un dizaine de guitares électriques toutes accordées sur une note différente et dont un mécanisme gratte les cordres à intervalle irrégulier, cela donne une sorte de musique mystique. On invente alors un petit jeu avec LeSud intitulé « Le premier qui trouve quelle est la prochaine guitare à s’actionner à gagner ». On finit notre visite dans une grande salle remplie de moquette épaisse, de sons étranges et de lumières hallucinantes, pour une sieste de 5 min allongé à même le sol.

Allez on se dépêche ! On ne veut surtout pas rater la navette fluviale (gratuite pour tout détenteur d’un ticket) qui nous ramène à la cité Internationale. Le long du Rhône on regarde les péniches habitées en commentant la décoration des occupants et on note les ponts que l’on croise (grand gagnant le pont de l’Université avec un 9/10 !!).

Prochainement, le Rectangle. A suivre…