
Cette semaine, ce sont les lecteurs de CityCrunch qui prennent les rênes du magazine ! Aujourd’hui, c’est Leia qui profite de cette opportunité pour dire adieu à Lyon dans un article.
Je vais le dire simplement.
je ne quitte pas Lyon parce que c’est trop le bordel.
Je la quitte parce que plus rien ne déborde.
À chaque fois que je dis que je pars, on me répond la même chose :
« Ah oui, t’en avais marre du bruit, des gens, de la ville ? »
Non. Justement non.
Lyon est devenue trop gentille.
Tout est doux ici.
Tout est bienveillant.
Tout est à la bonne température.
Des gens à vélo partout, des terrasses calmes, des chiens heureux, des enfants sages, des quartiers « apaisés ».
Sur le papier, c’est super.
Et au début, je trouvais ça super aussi.
Mais à force, j’ai l’impression de vivre dans une ville qui chuchote.
Tout se ressemble.
Un jour j’ai réalisé un truc :
je ne savais plus dans quel café j’étais.
Même déco.
Même carte.
Même discours sur le café sourcé avec amour.
Les bars à bières ? Pareil.
Les restos « cuisine maison et produit de saison » ? Pareil aussi.
Des assiettes jolies, propres, intelligentes.
Zéro prise de risque.
Tout est bon.
Tout est correct.
Rien n’est fou.
Les brunchs m’ont achevée.
Je crois que c’est là que j’ai décroché pour de bon.
Le brunch, partout, tout le temps.
Des œufs.
Encore des œufs.
Des gens qui font la queue pour manger des œufs.
Le dimanche est devenu une extension du lundi, mais avec des avocado toast.
Avant, Lyon faisait du bruit.
Je me souviens d’une époque où la ville débordait.
Les Nuits Sonores, c’était pas juste un festival, c’était une invasion.
Extra! foutait le bazar partout.
Des fêtes surgissaient n’importe où, n’importe quand.
Des DJs dans des parkings, des friches, des endroits improbables.
C’était pas toujours bien.
Mais c’était vivant.
Aujourd’hui, tout est cadré. Autorisé. Programmée.
La fête rentre à 22h et baisse le son à 23.
Les lieux alternatifs disparaissent (ou tournent en rond).
Les friches ferment.
Ou deviennent tièdes.
Ou deviennent des concepts.
La Cité des Halle, bien qu’un peu trop markétée à mon goût me manque.
Pas parce que c’était parfait, mais parce que ça existait au milieu d’une zone pourrie dans un quartier pas cool.
Maintenant, j’ai l’impression que chaque lieu est pensé pour ne froisser personne.
Et une ville qui ne froisse personne finit par ne plus toucher personne non plus.
Lyon, ville idéale… mais pas pour moi.
Moi, je veux autre chose.
Je veux de la créativité imparfaite.
Je veux des idées mal finies.
Je veux un Moscow Mule qui arrache, pas une tisane au gingembre à l’eau tiède.
Alors je pars.
Dans quelques semaines, je pars à Berlin.
Je sais que ce n’est pas magique.
Je sais que je vais sûrement déchanter aussi.
Peut-être que c’est juste moi le problème.
Peut-être que j’idéalise ailleurs parce que j’en ai marre d’ici.
Mais là, maintenant, Lyon m’ennuie.
Et je préfère partir avant de devenir trop sage.
J’écris ça et ici parce que j’ai suivi ce média pendant dix ans.
Parce que cette ville a compté.
Parce que partir, c’est aussi une façon de dire quelque chose.
Peut-être que je reviendrai raconter la suite.
Ou peut-être pas.
On verra.
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