Lyon-Parisiens

Aujourd’hui, on accueille Rebecca, ex-parisienne et lyonnaise depuis 1 an. Elle tenait à donner quelques conseils à ses amis parisiens souhaitant venir s’installer à Lyon.

Depuis Paris, Lyon m’a toujours parue être une ville idéale. Je retrouvais tout ce j’aime dans ma belle capitale (le côté grande ville, l’animation culturelle et festive) sans son aspect bien gonflant (les transports en commun bondés et les loyers à des prix stratosphériques).

Pour moi, Lyon était un petit Paris et les 2 villes, au-delà de la différence d’envergure, se ressemblaient beaucoup.

Sauf qu’en débarquant à Lyon à l’aube de l’été 2012, j’ai découvert qu’il y avait quelques petites différences. Certes très minimes mais suffisamment importantes pour en faire part aux Parisiens candidats à l’exil dans la Capitale des Gaules.

Voici donc 10 différences importantes à savoir sur Lyon et les Lyonnais :

Les escalators dans les transports en commun

L’une des toutes premières fois où j’ai été invitée à une soirée chez des gens, la discussion s’est orientée vers les transports en commun. Je fis part à l’assistance de mon énervement de voir qu’à Lyon, les gens ne se rangaient pas à droite dans les escalators du métro. On m’a alors fusillé du regard. « Merci de ne pas importer ton stress parisien dans notre mode de vie à la cool » me fit-on remarquer.

Après quelques semaines à arpenter les couloirs du métro lyonnais, j’ai compris qu’ils avaient raison. A Lyon, les escalators ne sont jamais bien longs et sont toujours accolés à un escalier classique. Et puis surtout, les trajets sont beaucoup plus courts et les changements ultra-rapides (après être passée par les Halles 2 fois par jour pendant 5 ans c’est appréciable). Du coup, les gens pressés sont plus rares et surtout ils prennent l’escalier. Les escalators, c’est un peu pour flâner.

La froideur de Lyonnais

Les Lyonnais sont froids. C’est vrai. Osons l’avouer (osez l’avouer à vous-mêmes les Lyonnais !). Mais pas froids-méchants, non plutôt froids-discrets. En fait, j’ai surtout l’impression que le Lyonnais parle peu. Et parfois ça fait du bien après avoir vécu au milieu de Parisiens qui se la racontent.

Les discussions sont plus rares, mais plus franches et plus intéressantes. Les gens ne se forcent pas à faire la conversation.
Donc si vous avez parfois l’impression de vous prendre des vents dans les boutiques, dans les soirées ou au boulot, pas de panique, les gens n’ont juste rien à vous dire. Vous êtes inintéressant. (Bon, en fait si, vous pouvez paniquer !)

Le 5 à 7

A Paris, mes soirées se résumaient à rentrer chez moi vers 20h, regarder la fin du Grand Journal et avoir la flemme de re-traverser Paris pour sortir. A Lyon c’est très différent, les trajets étant plus courts, vous avez plus de temps. Et les loyers étant moins chers, vous avez plus d’argent. Du coup apparaît un nouvel espace-temps entre le travail et le moment où vous rentrez chez vous.

Les gens arrivent plus tôt au boulot qu’à Paris (à Lyon, arriver après 9h00, c’est arriver tard) et sortent donc beaucoup plus tôt. S’offrent alors à eux plein d’opportunités avant de rentrer au bercail. Faire du shopping, aller à un vernissage, boire des coups avec des collègues, faire du sport…

Les premières semaines où j’étais à Lyon, je me retrouvais comme une débile toute seule chez moi à 18h et m’ennuyais fermement. J’ai appelé un copain lyonnais qui m’a alors rétorqué : « Mais t’es pas folle de rentrer chez toi directement après le boulot ! »

Il m’a alors expliqué qu’il était de bon ton à Lyon de se prévoir des petits 5 à 7, sportif, festif ou ludique. 

C’est ce que j’ai rapidement fait (j’ai choisi l’option picole avec les collègues).

En plus c’est un très bon moyen de se faire des amis !

La montagne

Lyon est à 2h de la mer et de la montagne. Mais dans le coeur des Lyonnais, la ville est beaucoup plus proche des pistes de ski que des plages de la Grande Motte. Les Lyonnais portent une vraie passion pour les sports d’hiver. Les week-ends en début d’année, c’est la ruée sur les pistes pour la journée ou pour quelques jours.

Alors si vous ne voulez pas vous retrouver sans amis dans une ville désertée, les week-ends de décembre à mars, je vous conseille vivement de vous mettre au ski !

La bouffe

Le nombre de restaurants à Lyon est juste hallucinant (Je pense qu’il y en a plus qu’à Paris, en proportion). Mais surtout ils sont super pas chers et on y mange super bien. Ca vient de la tradition des bouchons m’a expliqué une amie. A Lyon, on aime manger de bons produits simples sans chichi dans une ambiance conviviale. D’ailleurs il n’y a pas beaucoup de restos chicissimes ou étoilés, mais plutôt une myriade de bonnes cantines.

Conséquence : il n’y a aucune excuse pour ne pas manger au resto quasiment tous les jours. C’est d’ailleurs une bonne piste pour nouer des liens avec des Lyonnais. Là où, à Paris, vous proposeriez à de nouvelles connaissances d’aller se faire une expo, une balade dans un parc ou un spectacle, à Lyon, la proposition d’un resto fera mouche à chaque fois !

Il est donc important à Lyon de prendre la bouffe très au sérieux.

Une fille ramenant tous les jours au bureau son tupperware pour son repas du midi passera à coup sûr, à Lyon, pour une rabat-joie (et je parle en connaissance de cause, c’était moi à mes débuts. Mais j’avoue qu’à Paris, les pâtes faites maison était un bon plan pour mon budget). A Lyon, on mange très souvent au resto avec ses collègues, quitte à traverser la moitié de la ville pour aller tester un nouveau bistrot. Avec 2 tickets-resto, vous mangez comme un roi quasiment partout. D’ailleurs, dans mon boulot c’est désormais un resto un midi sur 2.

Chose étonnante et que j’explique pas : je n’ai pas pris un gramme depuis mon arrivée à Lyon, malgré tout ce que je mange.

La Croix-Rousse

Les Parisiens adorent le quartier de la Croix-Rousse. Quand j’ai fait part à mes amis lyonnais de mon souhait de déménager dans la Capitale des Gaules et de m’installer à la Croix-Rousse, j’ai eu droit à une levée de boucliers.
« Ne fais pas ça à la Croix-Rousse », m’a dit l’un d’entre eux.

Je n’ai pas bien compris ce qu’il voulait dire et me suis quand même installé dans ce quartier. J’ai pigé seulement que quelques mois après : la Croix-Rousse est en train de devenir le XXIème arrondissement de Paris. C’est plein d’ex-Parisiens, de boutiques, bars et restos, inspirés d’établissements Parisiens et les loyers commencent à se rapprocher de ceux que j’avais fuis.

Alors certes je me sens très bien dans ce quartier, mais s’il continue de se parisianiser, il faudra peut-être que vous (et moi aussi d’ailleurs) ailliez voir ailleurs.

Le look

On ne s’habille pas à Lyon comme à Paris. Le look ici est plus informel (plus provincial, diront les snobs parisiens). Vivre dans la Capitale de la mode doit influencer les gens sur leur façon de s’habiller, habiter dans la Capitale de la quenelle un peu moins.. A Paris, on est chic. A Lyon, on est… difficile à dire.

Les tenues oscillent entre le no-look et le hipster (mon dieu que les hipsters sont nombreux dans cette ville !) dérapant parfois dans le bling-bling-too-much-en-toc. Les Lyonnais préfèrent globalement les choses confortables aux beaux habits.

Cependant, j’apprécie le coté beaucoup plus cool des tenues au travail. C’est limite Friday wear tous les jours.

Donc en résumé, rangez vos costumes ou tailleurs un peu trop classes, osez le jean même pour un RDV important et ne vous moquez pas des gens avec une veste Quechua dans le métro.

Le langage

Certains mots sont typiquement lyonnais (gache = place de parking, gone = enfants, etc.) et vous les adopterez surement très rapidement.

Plus difficilement compréhensible, il existe une loi tacite à Lyon bannissant toute forme interrogative. Là où n’importe où en France on inverserait le verbe avec le sujet, les Lyonnais s’interdisent d’effectuer cette permutation.

Je n’étais pas prévenue de cette spécificité grammaticale. Je n’ai pas pu m’empêcher de partir dans un fou rire la première fois que j’ai entendu un  « C’est quelle heure ? ». Au moins, vous, vous serez prévenus.

Cette règle de non-inversion à la forme interrogative est à respecter dans tous les cas obligeant parfois les Lyonnais à des contorsions grammaticales improbables comme dans le très inélégant « C’est qui qui fait ça ? »

Certains Lyonnais aiment également ajouter des « y » dans leurs phrases. Je vous laisse découvrir ça pour garder un peu de surprise.

L’anti-parisianisme

Les Lyonnais sont très fiers de leur ville. Alors mon dernier conseil est le suivant : ne dites jamais, ou ne laissez jamais entendre que Paris c’est mieux.
La Ville de Lyon dépense énormément d’énergie en communication pour proclamer que Lyon est le meilleur endroit pour vivre sur Terre (bon ce n’est pas loin d’être vrai) alors forcément les Lyonnais ont fini par en être convaincus au plus profond d’eux.

Affront suprême, parler de Vélib au lieu de Vélo’v (le Vélib lyonnais). Le Lyonnais piqué au vif vous reprochera votre parisianisme et vous expliquera que le Lyon a été la première ville de France à avoir mis en place ce dispositif (c’est faux, mais ne tentez pas de dire le contraire).

La vie est mieux à Lyon

Bon c’est plus un constat qu’un conseil. Après presque un an de vie à Lyon, je ne regrette pas mon choix. La ville est pleine d’énergie positive et je m’y éclate dix fois plus qu’à Paris. J’y ai plus de temps, plus d’argent et plus d’amis. Il m’a juste manqué quelques bons tuyaux au début pour comprendre ces spécificités lyonnaises.

Amis parisiens, vous êtes prévenus  ! Quant à vous, Lyonnais, n’hésitez pas à donner quelques autres conseils dans les commentaires.