destinaito lyonL’idée de proposer quelques articles en anglais dans CityCrunch, nous trottait dans la tête depuis un moment.

Et puis on est tombé sur Destination Lyon, le blog de Miranda, une Australienne qui prend plaisir, comme nous, à partager ses bonnes adresses lyonnaises avec ses lecteurs. On s’est tout de suite dit qu’il fallait absolument qu’on fasse découvrir ce site à nos lecteurs anglophones. Nous avons donc contacté Miranda pour en savoir plus sur elle et la vision qu’on peut avoir de la Capitale des Gaules quand on vient de l’autre bout de la planète.
Bonjour Miranda, peux-tu te présenter aux lecteurs de CityCrunch ?

Avec plaisir. La trentaine à l’horizon (enfin dans trois ans), je suis une (plutôt) jeune australienne originaire de Melbourne qui, à la veille de mes 25 ans, a laissé tomber ses études de droit afin de poursuivre sa passion pour la langue française. C’est ainsi que je me retrouve à Lyon aujourd’hui. J’y suis arrivée en septembre 2013 après une réorientation en master de traduction proposé par Monash University en partenariat avec l’Université Jean Moulin 3. Je connaissais déjà la ville car j’ai eu l’occasion de valider ma troisième année de licence ici en cette même fac, quelques ans auparavant.
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J’étais mitigée sur le fait de revenir. J’avais passé une des meilleures années de ma vie à Lyon – neuf mois de soirées Erasmus, nouvelles amitiés et belles découvertes. Je craignais que le temps ait rendu mes souvenirs bien plus beaux que la réalité. Ne risquerais-je pas d’être déçue ? L’ombre d’une telle déception obscurcirait-elle cette première expérience magnifique ?

Heureusement il s’avère qu’il n’y avait pas de raison d’avoir ce genre de préoccupations. Certes les choses se sont passées différemment cette-fois ci, mais dans l’ensemble les points positifs surpassent largement les points négatifs. La ville que j’ai retrouvée n’est pas la même… elle est encore mieux. C’est une ville en pleine expansion avec un réseau de transport en commun élargi, de nouveaux parcs urbains et un agenda d’événements et de festivals toujours plus rempli. Autant dire que j’étais rapidement de nouveau sous le charme de Lyon et de la région Rhône-Alpes.

Qu’est-ce qui t’as donné envie de créer un blog sur Lyon ?

Il y a plusieurs raisons pour sa création. C’est principalement une manière de partager mon enthousiasme pour la ville avec les nouveaux arrivants (étudiants internationaux, expatriés ou touristes) et une volonté de leur faire découvrir tout ce que Lyon a de mieux; les choses que j’apprécie et qui ont contribué à ce que mon séjour soit pleinement réussi.

Plus concrètement, j’étais souvent amenée à consulter des sites Internets et des blogs en français pour des renseignements ou des avis et ainsi j’ai constaté que, malgré les efforts de l’office de tourisme, (notamment leur superbe guide de bonnes adresses « Collector ») il y a un certain manque d’informations en anglais par rapport au français. « Manque » ce n’est peut-être pas le mot juste. Nous sommes en France, alors bien évidemment il y a plus d’information en français. Alors, il s’agit plutôt d’un écart. Même en ce qui concerne les sites touristiques multilingues, souvent le contenu en français est plus détaillé et mieux écrit. Étant traductrice, je me considère bien placée pour palier l’écart en partagent ce que j’apprends, lis et entends au quotidien et qui me semble utile aux autres.

Plus personnellement, c’est le côté partage qui prime. Je suis quelqu’un d’assez introvertie et je pourrais très bien passer des week-ends entiers à bouquiner. En me fixant des objectifs d’écriture, je m’oblige à sortir profiter de la ville et ses environs et d’aller à la rencontre des gens. C’est efficace surtout pour les moments de flemme, coup de blues ou mal du pays. Je veux agir comme un lien entre les gens, c’était une idée qui me plait bien. Pour te donner un exemple, une américaine qui avait visité le marché de la création du dimanche lors de ses vacances m’a contactée. Elle souhaitait commander un article mais ne se rappelait plus du nom du créateur et ne trouvait pas leurs coordonnées sur le site Internet du marché. Avec sa description du stand, j’ai pu trouver la personne en question et mettre vendeur et acheteur en relation.

Et finalement, pour le côté « fun » – de belles photos justifient de belles excursions et de bons repas.

Quelle a été ta première impression quand tu es arrivée ici ?

J’étais bouleversée par la beauté de la ville, ses deux fleuves, son parc et ses centaines de places cachées. L’échelle de la ville me paraissait toute petite et je m’en réjouissais car je pouvais aller presque partout à pied. Venant d’une ville très étendue et mal desservie par le transport en commun (ex. des trains que toutes les trentaines de minutes) – ce qui contraint les gens de Melbourne à prendre leurs voitures – j’ai adoré ce métro. Adieu mon heure de route pour aller à la fac!
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Par contre, d’autres choses m’impressionnaient pour de mauvaises raisons. Par exemple, les pissoires, la pollution, le campement des Roms sous un pont et le nombre de personnes à la rue. Je trouve le centre ville de Melbourne plus propre en comparaison et les gens semblent avoir plus de respect pour les lieux publiques. Les normes de comportement me semble bien plus figées chez nous aussi (surtout en raison d’amendes très lourdes), ce n’est pas forcement une bonne chose  cent pour cent du temps, mais qu’est-ce que c’est bien de pouvoir marcher tranquillement sans être accosté par des gens ou ne pas voir des hommes faire pipi à tout coin de la rue.

Où trouves-tu l’inspiration pour ton blog ? Te lances-tu dans des recherches très organisées de bons plans ? Où te laisses-tu porter par tes balades un peu au hasard dans la ville ?

L’inspiration vient de partout. Parfois ce sont des amis qui me parlent d’un endroit ou une activité, parfois c’est étroitement lié à ma propre expérience (ex. quand mon internet ne marchait pas et j’ai dû aller aux endroits avec wifi gratuit). La plupart du temps c’est un mélange des deux approches dont tu as parlé. Je lis pas mal de magazines et de livres pour des suggestions de bons plans (ex. le fooding/guide Michelin/le petit paumé) et ceci est agrémenté par des email de Yelp et de MyLittle Lyon. J’aime bien également me promener sans idée fixe et de voir quels endroits me sautent aux yeux et à l’esprit. Mais je ne suis pas crésus non plus, alors souvent je prends une photo comme pense-bête et une fois chez moi je regarde le site internet et le menu du restaurant de plus près pour faire le tri.

J’ai une autre méthode assez sympa pour trouver des endroits à tester. J’utilise Google Maps. Je mets le curseur quelque part, j’agrandis le plan et je regarde le noms des restaurants qui sont affichés à côté du petit symbole des couverts.

Trouves-tu des points communs entre l’Australie et la France en général et Lyon en particulier ?

Ohlala. Ça c’est une question sans fin. Pour le moment je vais me contenter de dire qu’il y a un intérêt réciproque. De plus en plus de Français partent à l’autre bout du monde à la recherche de nouveauté et au dépaysement total grâce au visa VVT [Visa Vacances Travail] et de notre côté, pour les Australiens la France a la côte. Ces dernières années le nombre de Français qui s’installent en Australie ne cesse d’augmenter et avec eux ces expatriés amènent le meilleur de leurs pays – le cinéma français, la gastronomie française et le tour de France sont très appréciés.

Mais je pense qu’il y a plus de différences que de choses en commun entre ces deux pays et leurs cultures et je suppose que c’est la raison pour laquelle je vis en France actuellement, j’avais besoin d’un changement/de changer d’air.

En Australie, vous avez aussi de très bons vins et la nourriture est top. Est-ce qu’il y aurait des plats ou produits que tu aimerais faire découvrir aux Lyonnais ?

Oui c’est vrai, il y a tout un mouvement gastronomique qui s’est développé depuis les années 80. Melbourne, par exemple, se vante du titre « capital mondiale du café ». Pour moi cela commence à être un peu trop, il y aura bientôt plus de cafés que des gens!  Sinon on dit souvent qu’il n’existe pas de cuisine propre à l’Australie: c’est une cuisine à la base britannique qui s’est mélangée avec des influences culinaires du monde entier, notamment venant de l’Asie. Dans les grandes villes on trouve vraiment de la cuisine de partout et dans les grands restaurants c’est surtout la cuisine « fusion » qui règne. Contrairement à la France qui est un pays riche d’histoire, nous n’avons pas encore cette même idée de produits (mise à part le vin) et de plats régionaux au sens propre du terme.

J’aimerais suggérer aux Lyonnais d’essayer le sel Murray River, le barramundi (un poisson), l’huile d’olive de Mount Zero, le miel YellowBox et les chocolats de Haighs Chocolates.

La question de la fin : quelles sont tes 3 meilleures adresses pour sortir à Lyon. 

Question pour un champion – Lyon regorge de bonnes adresses, comment choisir ? J’ai passé une soirée magnifique à Les Trois Dômes (le restaurant du Sofitel), la vue est époustouflante et le service était impeccable sans être trop froid ou formel. Autre coup de cœur c’est Imouto dans le 7ème, le rapport qualité-prix est imbattable, le décor est sublime et à l’heure actuelle il y a un jeune chef australien parmi l’équipe. Et pour terminer un peu à la bonne franquette, un autre endroit dans mon quartier Le Bistro des Fauves.

Merci Miranda. Vous pouvez retrouver toutes les bonnes adresses Lyonnaises de Miranda et quelques anecdotes sur les différences France/Australie sur son blog : Destination Lyon.

Illustrations : Lauryn Green