Voilà avec Le Piaf Fou, on a franchi le pas, à trente ans révolus, on se fond maintenant dans la masse avec chacune notre tout premier tatouage tout frais, tout juste cicatrisé.

Parce que, oui, maintenant être tatoué ça devient la « norme » ou en tous cas ça devient très très commun, et finalement « les peaux vierges » vont certainement devenir les futures personnes « rebelles » de la société (c’est pas moi qui le dit) !
Mais nous, on s’en fout, on s’est fait plaisir et on se demande pourquoi on a tant attendu ? Peut-être parce que ça ne doit pas se prendre à la légère (en tous cas pour nous) une décision pareille, parce que c’est coûteux aussi, parce qu’il faut prendre rdv (parfois plusieurs mois à l’avance), parce qu’il va falloir s’en occuper de ce tatouage … toute notre vie !

Certains ont une autre explication concernant leur indécision. Voici le cycle éternel d’hésitation de Qyrool : « Je passe l’année à Lyon -> Les gens cools ont des tatouages -> L’envie d’un tatouage monte -> Je me décide enfin à le faire pour la rentrée -> Je passe l’été à Montpellier -> Les gros beaufs portent des tatouages (les mêmes dessins que les gens cools à Lyon) -> L’envie d’un tatouage décline -> Je décide de ne pas faire de tatouage à la rentrée -> Je retourne à Lyon -> … ». Mais bon, on sait bien qu’en fait il a la trouille, c’est tout :p

tattoo_lcc© Le Piaf Fou sous l’aiguille de Charles (Artribal) by Myrtille.

 

Une fois décidées, il a fallu sélectionner le studio qui s’occuperait de notre encrage (ouais, je parle comme si j’étais du métier si je veux). Pour ma part, ça a été très simple, comme pour beaucoup d’autres choses, j’ai demandé autour de moi qu’on me conseille avec retour d’expérience en prime et Artribal est arrivé en top position (bon, comme dirait Clém « ils ont un nom pourri, mais ils sont vraiment très bien » …), et force est de constater que, oui, on est plutôt contentes de notre choix. Alors faut pas avoir peur, ils sont sympas, te tutoient direct’ … et sont plutôt à l’écoute, surtout pour les novices que nous étions. Par contre, y’a tout un cérémonial à passer avant de pouvoir entendre le bruit du compresseur (sauf si vous êtes du genre à vous faire tatouer un « flash » sur un coup de tête parce que votre tatoueur préféré a une dispo de dernière minute, mais bien peu pour nous !), donc il faut savoir ce qu’on veut, demander un devis (étape à ne pas négliger), prendre rdv avec le tatoueur dont le style correspondra le mieux à votre attente, être très patient (jusqu’à plusieurs mois), se faire enfin tatouer puis prendre bien soin de son tatouage durant la cicatrisation selon les conseils de votre tatoueur (minimum 15 jours voire le double). C’est Adel qui s’est occupée de moi, très douce et à l’écoute, le premier trait passé… l’appréhension était envolée ! Mais j’avoue avoir un coup de cœur pour les compositions en rouge et noir de Grom !

Il faut savoir que certains tatoueurs ne font que des pièces uniques et généralement « grosses », et dessinent leur création (dans leur style propre) parfois directement sur leur modèle. Ceux-là ne vous prendront certainement pas pour vous faire une étoile sur le mollet (et je les comprends en même temps) ! Mais la plupart des studios trouveront un(e) artiste pour chacune de vos demandes !
A Lyon, quelques noms reviennent souvent, en plus d’Artribal dont je viens de vous parler : Doodie (l’heure bleue), Jean-Luc Navette, Inky Dinky, Topsi Turby, Arxe, Marquis Body Art, Tattoo Station ou encore Brain Kyozo (anciennement In My Brain).

Avant de sauter le pas, j’ai (Myrtille) passé un temps fou à regarder « ce qu’il se faisait »… Même si j’avais déjà dessiné mon propre tatouage (d’une simplicité enfantine, ne vous emballez pas !), je voulais savoir ce qui était à la mode (pour ne pas trop y coller non plus, les modes ça passe, n’est-ce pas ?), je voulais voir de près les évolutions techniques, de couleurs, de rendu dans le temps … Et par curiosité, je me suis mise à regarder des galeries entières de tatouages, avec de gros coups de cœur pour certains (que je me verrais bien porter … ou pas, peu importe !).
Et parmi les artistes qui m’ont touchée (mais qui ne sont pas Lyonnais) il y a des studios tout d’abord : DotsToLines (Berlin) avec entre autres artistes Chaim Machlev, Czaszka i Sztycet (Poznan, à vos souhaits !) dont fait partie Aga Yadou, Berlin Ink Tattooing avec Julia Rehme, La Boucherie Moderne (Bruxelles) et le talentueux Kostek Stekkos et enfin Alchemink (Hong-Kong) avec le tatouage de mes rêves (bah oui, le truc pas compliqué à faire et ni à entretenir :p). Et puis des tatoueurs, comme Mariette (apprentie chez Turbo Zero à Nantes) qui fait des tatouages au point de croix en rouge et bleu, original à souhait ! David Allen (Chicago), Xoil (Thonon-les-Bains) ou encore Maud Dardeau (chez le célèbre Tin-Tin).

Maintenant que j’ai raconté ma vie, je laisse Le Piaf Fou vous donner conseils et impressions :

Ah ben Myrtille, j’ai plus rien à dire, tu as déjà dit l’essentiel !

L’envie de me faire tatouer, elle est là depuis, pfiou, 15 ans… Mais j’y pensais vraiment plus sérieusement depuis 2 ans et demi.

Même si depuis 15 ans, le sujet de ce tatouage est plus ou moins précis dans mon esprit, il a fallu l’affiner. Quel style : réaliste, figuré, en noir ou en couleur ? Ces deux ans n’ont, au final, pas été du luxe.

Même si mon tatouage a l’air très simple et dans l’air du temps, il a une réelle signification pour moi. Derrière l’esthétisme se cache un hommage, un symbole et une histoire, ce qui le rend spécial pour moi. Attention hein, je ne juge pas les tatouages purement esthétiques, mais je souhaitais, au moins pour mon premier, qu’il ait un sens. Peut-être aussi pour me donner « une vraie bonne raison » de sauter le pas.

Pour les recherches préliminaires, même démarche que Myrtille : des heures à écumer Pinterest, des énormes coups de cœurs (mais qui ne correspondent pas forcément à l’envie du moment), des visites de shops… Et la déception un peu aussi de ne pas avoir été dispo pour le Salon du Tatouage de Lyon en février dernier.

Au delà des styles graphiques de chaque tatoueur évoqués par Myrtille et qu’il faut prendre en compte dans son choix, il y a aussi, tout simplement le feeling.

Pour ma part, j’ai fait le tour de pas mal de salons, et il y en a un ou deux (dont je tairai le nom car c’est totalement subjectif) qui ne m’ont pas du tout attiré car je ne m’y sentais tout simplement pas à mon aise ou parce que le premier contact humain n’est pas passé.

C’est Charles de chez Artribal qui m’a encré, très sympathique bien qu’un peu timide. J’ai apparemment une peau très fragile ce qui l’a a priori un peu enquiquiné  ^^’

Je n’ai cependant pas senti grande douleur, je le remercie donc pour sa patience et sa douceur !

Et enfin pour finir cet article fleuve et pour rapprocher un peu plus ces aiguilles de votre peau :

RDV au prochain Salon du Tatouage de Lyon, les 7 et 8 février 2015 au Double Mixte.
Vous trouverez certainement l’inspiration dans tous les tableaux dédiés aux tatouages sur Pinterest (dont ceux du Piaf Fou et de votre râleuse de service (même si aujourd’hui j’ai été sage).
Je vous conseille vivement le visionnage du très bon reportage d’Arte « Tous tatoués » (malheureusement uniquement en VOD pour 3€), car il vaut vraiment le coup !
Sinon il y a des vidéos pas mal sur la chaîne Youtube d’Addict’Ink !
Il y a aussi l’exposition « Tatoueurs tatoués » au Quai Branly jusqu’au 18 octobre 2015.
Je vous conseille aussi un beau livre « Les vrais, les durs, les tatoués » aux éditions La rivière.
Et sinon, pour vous donner quelques frissons quand même (et même si ce n’est pas un artiste tatoueur lyonnais), jetez un œil à cette vidéo en slowmotion … Vous avez vu les vibrations de la peau ? Moi en tous cas, je suis fascinée par la dextérité qu’il faut avoir pour dessiner avec un engin qui vibre, déjà être bon en dessin c’est pas donné à tout le monde, mais là il faut maîtriser la machine en plus !


Slowmotion Tattoo from GueT Deep on Vimeo.

Sur ces belles images, n’hésitez pas à nous donner votre avis et nous faire part de votre expérience Lyonnaise, dans les commentaires !
En attendant, je suis déjà en train de penser au prochain (il paraît qu’on peut vite devenir accro … ou pas) :p