A l’occasion de notre Semaine Spéciale Green, notre rubrique Suggestion d’Amélioration passe aussi au vert avec 5 initiatives prises dans différentes villes du monde qu’on aimerait bien voir apparaître à Lyon.

1 – Prendre son vélo dans les TCL

Tout droit venue de ma dernière visite dans la capitale des hipsters et de la Green Attitude : Berlin.

À Berlin j’ai découvert que les Berlinois se déplaçaient beaucoup, tout le temps à vélo : les jeunes, les vieux, les garçons, les filles, les gays, les hétéros… Avec des bébés dans des sièges ou dans des remorques, des chiens et des chats dans des paniers, des courses ou des attaché-cases sur des vieux biclous ou des top vélos à assistance électrique.

Il faut dire que Berlin est une ville aménagée pour les vélos : il y a partout de grandes et larges pistes cyclables bien délimitées en marge des trottoirs (et donc, bien à l’abri des voitures) où les Berlinois foncent à toute allure car les piétons ne s’y aventurent pas : rigueur allemande oblige et au risque de se prendre un méchant coup de sonnette et de se faire frôler par un cycle lancé à toute vitesse (j’avoue, ça m’est arrivé…). Quiconque prend régulièrement la piste cyclable des berges du Rhône comprendra mon admiration pour cet incroyable sens du civisme teuton (oui, à Lyon on se fait des frayeurs à vélo même quand il n’y a pas de voiture : quand il faut éviter de justesse un piéton qui traverse la piste cyclable en regardant son portable ou un enfant de 2 ans qui zigzague en trottinette tout en regardant les canards sur le Rhône).

Et en plus de ces autoroutes-pistes-cyclables, les berlinois prennent même leur vélo dans le tramway, le métro et les trains régionaux. Moyennant un ticket pour leur vélo à 1,50 euros (le ticket passager standard étant à 2,10 euros), la plupart des rames disposent d’emplacements spécifiques spacieux réservés aux vélos et poussettes.

metro

C’est là où je me dis que ce serait super si on pouvait emmener nos vélos sur le réseau lyonnais !

Dans les faits, on peut : mais uniquement dans le funiculaire et le C et en prenant les escaliers (argh !).

En pratique, le tourniquet n’est pas adapté aux vélos et les agents des TCL vous empêcheront d’y accéder dès qu’il y a un peu de monde.

Pour les autres moyens de transport :

TGV

Vous pouvez « embarquer votre vélo dans certains TGV (signalés par un petit vélo lors de votre réservation) moyennant 10 euros OU voyager avec votre vélo « démonté et placé dans une housse d’une dimension maximale de 120 x 90 cm, rangée dans les espaces bagages situés à l’extrémité des voitures TGV ». Mieux que rien mais il y a encore des progrès à faire…

Plus d’infos sur le site de la SNCF

Consgine-à-vélos-sécurisée-ALTAO-Spacio-SNCF

TER

En région Rhône-Alpes, la SNCF a mis en place plusieurs services dédiés aux personnes qui voyagent en TER+vélo. Première bonne nouvelle : « Le transport des vélos en bagage à main est autorisé et gratuit dans tous les trains TER de Rhône-Alpes, dans la limite des places disponibles ». Ensuite, des « consignes collectives » ont été mises en place dans de nombreuses gares de la région. Ce sont des abris à vélo fermés qui, moyennant un abonnement mensuel à 5€ ou annuel à 35 €, vous permettent de laisser votre biclou adoré en toute sécurité.

Plus d’infos sur le site TER vélo Rhône-Alpes

2 – Repeindre les toits en banc

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Une initiative Green qui nous vient tout droit de chez les hipsters de Brooklyn qui ont décidé de… repeindre les toits de New-York en blanc !

Délirant ? Pas tant que ça ! L’idée a été initiée par le prix Nobel de physique et ancien secrétaire d’Etat américain à l’Energie Steven Chu.

Ce dernier considère que « les cool roofs – toits réfléchissants les rayonnements solaires – sont l’un des moyens les plus rapides et les moins onéreux pour ralentir le réchauffement climatique ».

Une équipe de chercheurs très sérieux a donc réalisé une étude dont les conclusions amènent à penser qu’en repeignant simplement les toits de toutes les grandes villes des États-Unis, la facture énergétique de climatisation pourrait être réduite de 750 millions de dollars chaque année, excusez du peu…

À quand le toit du crayon de la même couleur que la basilique de Fourvière ?

Plus d’infos sur le site internet du « White Roof Projet »

3 – Caler la taxe de ramassage des ordures en fonction de la qualité de ses déchets

La ville de San Francisco est en passe de devenir la première grande ville du monde sans déchet. Grâce à différentes mesures ambitieuses, la ville californienne recycle aujourd’hui plus de 80% de ses ordures. Le dispositif le plus emblématique a été la mise en place d’une taxe sur le ramassage des ordures en fonction de la taille de votre poubelle de déchets non recyclables tout en offrant énormément de possibilités pour recycler les autres déchets (bacs à compost municipaux, service d’enlèvement d’encombrants efficace, etc.).

Cette taxe a dans un premier temps été appliquée aux grosses structures (hôtel, entreprise, musée, etc) qui ont vite trouvé un intérêt financier à bien trier et recycler leurs déchets. Le dispositif s’est ensuite progressivement étendu aux particuliers.

Voir l’article dédié au dispositif publié par Le Monde

Visiblement le dispositif pollueur = payeur semble fonctionner (mais bon, on est dans une ville qui a vu naître les hippies, ça doit aider).

Dans le Grand Lyon, le taux de déchets recyclés dépasse à peine les 30%.

4- Rendre le centre ville piéton

Montpellier pietonLa Presqu’île piétonne ? On est un grand nombre de Lyonnais à en rêver. Mais les commerçants sont vent debout contre ce projet croyant encore au vieil adage : no parking, no business. Or d’autres villes ont franchi le cap. C’est d’ailleurs un des petits trucs que l’on envie à nos copains de Montpellier CityCrunch (ça et la plage accessible en tram) : le centre-ville est entièrement piéton depuis 2004. A l’époque, les commerçants avaient hurlé qu’on allait les assassiner. 8 ans après, la zone piétonne est étendue… à la demande des commerçants. Bien sûr tout ceci a été accompagné par un renforcement important du réseaux de transports en commun (3 nouvelles lignes de tram construites), mais le centre-ville est devenue vraiment agréable et a vu sa fréquentation augmenter.

La superficie couverte par la zone piétonne représente aujourd’hui près de 110 hectares soit quasiment autant que le Parc de la Tête d’Or.

5 – Des poubelles qui chantent

A l’occasion des derniers Jeux Olympiques, la ville de Londres a mis en place des poubelles qui chantent. Le principe est simple : quand vous jetez quelque chose dedans, la voix d’une célébrité vous remercie en poussant la chansonnette. L’idée est de rendre le geste de jeter ses papiers plus fun que de les balancer par terre. Ces « Talking Bin » sont en place depuis 2012 et partent régulièrement en tournée (comme de vraie stars) à travers le pays.

D’autres villes ont pris des initiatives similaires en donnant, par exemple, aux poubelles, l’allure de monstres gentils la gueule grande ouverte avec un panneau « nourrissez-moi, je mange des déchets ».

Bon ok, ces initiatives auront certainement un impact limité sur le nombre de papiers sales qu’on retrouve sur nos trottoirs mais l’initiative reste intéressante.

Si vous connaissez d’autres améliorations green que vous aimeriez voir appliquées à notre bonne vieille ville de Lyon, n’hésitez pas à en parler dans les commentaires.