Salut les marcheurs urbains ! Nos deux premières balades urbaines remportant un franc succès (youpi trop contente !), je continue et renouvelle l’opération balade urbaine. Après avoir arpenté les pentes de la Croix-Rousse et traboulé dans le Vieux-Lyon, direction la Confluence et son quartier moderne et en pleine mutation.

Nous déambulerons donc dans ce nouveau quartier, Lyon Confluence et ses 150 hectares qui s’étendent depuis la Gare de Perrache jusqu’à la pointe de la presqu’île lyonnaise, à la confluence du Rhône et de la Saône. Futuriste, extravagant, symbole du XXIè siècle, les qualificatifs éloquents ne manquent pas pour évoquer ce quartier en devenir qui a subi une transformation urbaine assez impressionnante. Ancien quartier des entrepôts, du port industriel et du marché-gare, aujourd’hui le quartier s’affiche entre friches industrielles et architecture monumentale et contemporaine. Quartier devenu presque une institution touristique et médiatique à présent, je me suis rendue compte que finalement, en tant que Lyonnais, on s’y rend très souvent le dimanche pour flâner sur ces quais sans prendre vraiment le temps d’en connaitre son histoire et son architecture nouvelle.

Étape 1 : le Monolithe, bâtiment 3 en 1

Avec le Tramway T1 ou en vélo (c’est tout aussi agréable et cela fait un peu d’exercice), arrêtez-vous vers Sainte-Blandine et prenez le cours Bayard en vous dirigeant vers la Saône.
Tournez à gauche sur la rue Denuzière jusqu’à la rue Casimir Périer qui fait l’angle. Vous voilà d’ores et déjà plongé dans ce quartier étonnant avec un premier bâtiment à l’architecture surprenante, en oblique ! [1]

Continuez votre pèlerinage architectural du n°51 à 57 de la rue Denuzière, vous longez une façade dorée assez spectaculaire. Au n°59 de cette même rue, vous voilà devant le bâtiment dit « le Monolithe » [2] l’une des structures les plus emblématiques du quartier de Confluence.  Avec ses 28 000 m², ce bâtiment est d’une complexité architecturale de par sa conception autour d’un patio intérieur de grande ampleur. Il se compose globalement de 3 parties : le « socle » entouré de boutiques, commerces et parking, et les 2 masses en rectangles posées au-dessus, comprenant pour l’un des logements et pour l’autre des bureaux. Des passerelles, elles aussi très architecturales, permettent de relier les bâtiments entre eux au niveau de la cour intérieure qui vaut le coup d’y jeter un œil. Au total, 5 architectes Européens ont travaillé à sa réalisation : Winy Maas (MVRDV), Pierre Gautier (PGA), Manuelle Gautrand (MGA), Erick van Egeraat (EEA) et ECDM.

Étape 2 : de Lyon Islands à Oasia

A partir de la rue Denuzière, rendez-vous en face, dans le jardin Erevan. Vous voilà au cœur de Lyon Islands, au nord de la Darse. Bleues, marron, grises, pixelisées, laquées, les façades de ce quartier nous plongent dans une multitude de couleurs et de revêtements différents en cœur d’îlot. On en prend plein les mirettes ! Au total, près de douze bâtiments de logements hauts de gamme dont plus de la moitié ont été réalisés par les architectes Italiens du Studio Fusas.[3]

Toujours au cœur du parc et de l’îlot, un bâtiment surprend par sa sobriété au milieu de toutes ces formes et couleurs. L’architecte Clément Vergely a souhaité, pour ce bâtiment de logements, rester sur des façades de béton brut. Il paraitrait même qu’il n’y a qu’un seul appartement par étage, telle une superposition de maisons individuelles… Avec ces jolis volets en bois, le bâtiment même en béton reste chaleureux.[4]

Étape 3 : le pôle loisirs et commercial Confluence

Traversez ensuite le parc jusqu’au quai Antoine Ribaud pour rejoindre la Darse, la place nautique et la capitainerie. Empruntez le petit pont au-dessus de la Darse où la fameuse tradition des ponts s’affiche, les amoureux y laissent parfois un petit cadenas pour sceller leur amour (c’est miiiiiiignon), flânez et observez le majestueux centre commercial de Confluence à l’architecture tout aussi remarquable.[5] Le Pôle de loisirs et commerces est signé Jean-Paul Viguier Architecture. Véritable complexe de bois clair qui contraste avec sa toiture et sa structure métallique. L’espace est ouvert, lumineux et on vous assure que la vue depuis les Terrasses sur le port est sublime. Après cette belle promenade entre la Saône et les plans d’eau où se reflète le centre commercial, continuons notre chemin.

Étape 4 : le cube orange

Empruntez la rue Ambroise Croizat et longez tout le quai Rambaud. Immédiatement, vous serez surpris par un cube gigantesque à l’allure complètement futuriste : le cube orange, dessiné par l’agence Jakob + MacFarlane. Couleur vive et surtout spectaculaire architecture creusée et sphérique. Un puits de lumière naturelle pour la totalité du bâtiment. Cette étonnante architecture contemporaine abrite le siège du Groupe Cardinal ainsi que le showroom du distributeur de mobilier contemporain RBC dans lequel vous pourrez trouver, entre autres, les fameuses chaises Eames.[6]

Étape 5 : les vestiges de l’ère industrielle et la Sucrière

Ce parcours urbain est une invitation à remonter le temps. Laissez-vous surprendre par des vestiges de l’ancien quartier industriel : anciennes grues désaffectées, rails de voies ferrées et autres éléments d’amarrage pour la batellerie ont été soigneusement conservés, rappelant le passé portuaire et guidant le marcheur au fil de l’eau. Si on remonte les rails Côté Saône, en direction du sud, ils plongent littéralement dans l’eau au niveau du Confluent de la Saône et du Rhône. Ils sont les vestiges d’une utilisation du temps du barrage écluse de la Mulatière dans les années 50. Entre les deux cubes colorés se succèdent d’anciens entrepôts dont celui des douanes, transformé par l’agence de Jean-Michel Wilmotte [7]  ainsi que le pavillon 52 de l’architecte Rudy Ricciotti.

Vous voyez ensuite rapidement un silo de béton arborant fièrement en gros lettrage « gauche » et « droite » du haut de leur 3 mètres. Cet ancien entrepôt des sucres des années 30, rebaptisé depuis « la Sucrière » et réhabilité par le cabinet d’architecte At’las vaut aussi vraiment le détour. Accueillant notamment la Biennale d’art contemporain et de nombreuses expositions temporaires, ce lieu un peu arty et indus tranche avec le paysage très contemporain. Il s’agit d’un véritable espace culturel avec le Sucre – rooftop qui nous offre toujours de belles soirées (nos chroniqueurs et nos lecteurs en savent quelque chose). [8]

Étape 6 : le cube vert, siège d’Euronews

Signé par les mêmes architectes que le Cube Orange, avec une impression de déjà vu. Et pourtant ce sont bien deux bâtiments différents que vous pourrez observer à quelques mètres de distance seulement. Ici les architectes Jakob + MacFarlane auraient choisi la couleur verte par une analogie avec la couleur de l’eau de la Saône et mettent en dialogue l’architecture et le paysage naturel des collines des Balmes, situé sur l’autre rive. Le motif de la résille métallique en façade est lui le fruit du travail de l’artiste Fabrice Hyber, connu pour ses installations avec des petits hommes, verts bien évidemment. Siège mondial d’Euronews, ce bâtiment qui peut sembler un peu monolithe dans un premier temps, est en réalité très aéré, presque aérien avec sa résille et sa couleur très vive. Cela donne envie d’y bosser ! [9]

Etape 7 : le siège social de GL Event

C’est le Cabinet d’Odile Decq qui signe cette imposante structure d’acier. On ne peut qu’être impressionné par la sensation d’écrasement que procure le pré-haut monumental sous lequel on est obligé de passer lorsqu’on longe les quais. Celui-ci d’un orange vif, contraste avec le cube noir massif, composé de parois de verres et de poutres métalliques. Une fois à l’intérieur, l’espace semble entièrement ouvert tel un grand open space, et les jeux de vitres créent le sentiment d’être perdu au centre d’un labyrinthe géant. On peut accéder à ce bel édifice lors du DocksArtFair, exposition de photographies d’Art à destination des acheteurs et galeries, qui a lieu tous les ans en septembre. [10]

Étape 8 : l’hôtel Mob et le viaduc ferroviaire de la Quarantaine

Avant dernière halte du parcours avec l’hôtel Mob [11] dont la livraison est prévue au premier semestre 2017. Ce nouvel hôtel atypique sera composé d’une centaine de chambres, d’un restaurant, d’un bar, d’un cinéma en plein air et même d’une scène live. La chambre de MOB HOTEL Lyon est une île créative où vous travaillez, riez, créez et rêvez. En tout cas perso j’aime déjà l’originalité du concept et j’ai presque envie d’aller y faire un petit dodo. Traversez le jardin Gabriel Rosset pour vous rendre jusqu’au viaduc ferroviaire de la Quarantaine [12]. Ce pont ferroviaire construit entre 1852 et 1856 afin de relier la gare de Perrache à la gare des Brotteaux, est aussi dénommé pont de la Méditerranée, une invitation au voyage que nous allons poursuivre avec l’un des projets les plus fous et les plus merveilleux que compte aujourd’hui Lyon.

Étape 9 : le Musée des Confluences

Il aura fait couler beaucoup d’encre à Lyon avant son ouverture. Perso plus les mois passent et plus j’aime m’y rendre, y flâner dans son dédale architectural. On se sent un peu tout petit face à ce monstre. J’avais eu la chance de découvrir le projet en chantier et je trouve le rendu encore plus phénoménal que dans mes souvenirs. Conçue par l’agence autrichienne Coop Himmelb(l)au Wolf D. Prix & Partner, l’architecture suggère l’infini, la diversité des connaissances, un lieu de découverte, d’émerveillement, de partage des savoirs dédiés. Une réponse symbolique au projet culturel du musée par la combinaison de trois unités architecturales : le Cristal, le Nuage et le Socle. Pour les amateurs de photos, le lieu se prête parfaitement aux clichés les plus sensationnels ! [13]

Un dernier conseil : prolongez la promenade jusqu’à la pointe extrême de la Presqu’île, pour admirer le confluent entre la Saône et le Rhône et apercevoir à vos pieds la mystérieuse voix ferrée, mémoire d’un passé industriel, plonger dans les abysses de la Confluence.

Voilà mes petits chats, c’est la fin de notre balade architecturale dans le quartier de Confluence. Rendez-vous très bientôt pour une nouvelle balade sur les hauteurs de Lyon cette fois-ci. Mais je ne vous en dis pas plus…


>> La carte de la balade architecturale de la Confluence en pdf <<