Coucou mes lapins !

On est repartis pour une 4ème balade urbaine, les marcheurs ? Après avoir arpenté les pentes de la Croix-Roussetraboulé dans le Vieux-Lyon, nous être émerveillés à la Confluence et son quartier en pleine mutation, aujourd’hui on prend un peu de hauteur.

Direction Fourvière, avec notre petite « Tour Eiffel » lyonnaise. Symbole incontournable de Lyon, la basilique n’est plus à présenter, pourtant, pour y grimper, il existe mille et une façons de l’arpenter. Cette balade sera l’occasion de découvrir des recoins secrets de Lyon et des anecdotes croustillantes sur notre belle ville des Gones.

Étape 1 : de la Saône au Vieux-Lyon

Pour commencer notre balade, nous empruntons la passerelle Saint-Georges, dite aussi la « passerelle des amoureux ». C’est vrai qu’il est beau ce pont piétonnier, suspendu au-dessus de la Saône, qui nous conduit jusqu’à la Place de la Commanderie et l’église Saint-Georges, de style néogothique [1]. Pour ceux qui connaissent bien Lyon et son architecture, vous saurez alors sans doute que l’on doit l’église Saint-Georges à l’architecte Bossan, qui se distingua par la suite en édifiant les plans de la basilique de Fourvière. La Place de la Commanderie garde quant à elle en mémoire l’ancienne Commanderie des hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem et de l’ordre de Malte édifiée autrefois en ce lieu.

On poursuit notre route en prenant la rue Saint-Georges jusqu’à la Place de la Trinité [2]. J’aime vraiment cette place, ce croisement de petites rues pavées et anciennes au cœur du Vieux-Lyon et d’un secteur UNESCO préservé, sur le flanc direct de la colline de Fourvière. On y retrouve le bâtiment de la Maison du Soleil qui date du XVIIIe, avec son soleil doré sur fond azur (entre le premier et le second étage). Vous y voyez des Guignols partout ? C’est normal ! Cette place est l’un des décors traditionnels du castelet, autrement dit du théâtre de Guignol, la célèbre marionnette lyonnaise. La place est tellement agréable que vous ferez sûrement comme moi et que vous aimerez vous prendre un café ou un petit verre à l’une des terrasses légèrement ombragées.

Étape 2 : les Trésors de la Montée du Gourguillon

Prêts pour la grimpette ? Tant mieux car on emprunte à présent les 400m essentiellement piétons de la Montée du Gourguillonqui fut jusqu’à la Renaissance l’une des seules voies et entrées pour les visiteurs venant de l’ouest. Pour le nom assez atypique de la montée, deux possibilités : du latin « gurgulio » qui signifie « gorge » en rapport avec le sang des martyrs qui aurait coulé du haut de la colline ; ou alors le nom viendrait plutôt de « gargouille », car régulièrement eaux de pluie, bestiaux et marcheurs s’engouffraient et se bousculaient dans cette étroite rue. Autre petite anecdote que j’aime particulièrement sur cette montée, c’est la légende de l’émeraude du Pape (et je sais qu’après la lecture beaucoup vont partir à la recherche du trésor haha) [3]. Lors du couronnement du Pape Clément V et du passage de son cortège dans la Montée du Gourguillon, se trouve un nombre impressionnant de badauds. Une muraille surchargée cède, créant un certain désordre dans la montée. Le Pape Clément V tombe à terre et sa tiare roule au sol, elle aurait alors perdu plusieurs pierres précieuses, jamais retrouvées ! Ouvrez donc bien les yeux, on ne sait jamais, la bonne fortune pourrait vous sourire !

Si vous aimez les pépites architecturales alors vous serez heureux d’entrevoir l’impasse Turquet, située entre le numéro 5 et 7 de la Montée du Gourguillon. En descendant les quelques marches de l’impasse, vous y trouverez deux maisons médiévales (et je l’espère toujours le chouette graff sur Trump), l’un des rares témoignages des pittoresques galeries à pans de bois conservées du Vieux-Lyon. Il s’agit d’une habitation de l’un des pères de la soierie de luxe lyonnaise qui a obtenu ses lettres de noblesse directement de François Ier (hé beau goss !) [4]. Profitez d’une petite vue au niveau de la Place/ Jardin du bâtonnier Valensio et admirez les jolies maisons autour de la Place Beauregard et l’impressionnant escalier de la Montée des Epies. Pour les plus curieux et les amoureux, vous pouvez pousser la découverte jusqu’à la place de l’abbé Larue et contempler la vue sublime depuis le jardin des Curiosités.

Étape 3 : du théâtre romain au parc de la Visitation

Nous continuons notre balade par la rue des Farges et son ensemble de petites habitations médiévales, et traversons la Place des Minimes et la rue de l’Antiquaille pour rejoindre le théâtre gallo-romain [5]. Le jardin très fleuri au printemps est très agréable pour se poser et profiter de ce lieu unique à Lyon. Lugdunum et son fameux théâtre antique, adossé à la colline de Fourvière et fondé sous Auguste, peu de temps après la fondation officielle de la ville a été durant trois siècles, au cœur de la vie collective de la cité. Découvrez les marbres antiques issus de tout le pourtour méditerranéen (Italie, Grèce, Turquie ou encore Égypte) qui ont récemment retrouvé toute la richesse et l’éclat de leurs couleurs d’origine ! Ce théâtre avec son orchestra et son odéon pouvait accueillir jusqu’à 10 000 spectateurs et il accueille toujours les célèbres Nuits de Fourvière dont nous vous avons présenté la programmation il y a quelques semaines. Le théâtre romain est un site remarquable qu’il est possible de visiter librement et gratuitement (hormis la partie musée). Pour le parc il est ouvert du 15 avril au 15 septembre de 7 à 21h et du 16 septembre au 14 avril de 7h à 19h. Concernant le musée gallo-romain inauguré 1975, pas facile à voir n’est-ce pas ?  L’architecte Bernard H. Zehrfuss, a conçu un bâtiment parfaitement intégré au site et presque invisible de l’extérieur. La structure de béton disparaît sous la végétation et seules deux grandes baies, les canons à lumière, introduisent les théâtres antiques à l’intérieur de l’exposition.

Pour poursuivre notre agréable promenade dans un cadre champêtre, prenez le petit chemin de la Visitation qui vous conduira dans le parc de la Visitation, qui offre un espace pour un pique-nique ou une petite bronzette. On flâne autour du nouvel Hôtel Fourvière, entre allées longeant un cloître du XIXe, l’ancien couvent de la Visitation édifié par Bossan en 1854. Et si l’envie vous en prend pourquoi pas une pause détente au bar Les Téléphones ou du restaurant bistronomique de l’hôtel, promis je vous en parle dans un prochain article ;) [6]. 

Etape 4 : De l’ancienne piste de ski à la passerelle des Quatre-Vents

En sortant du parc de la Visitation, prenez la rue Pauline-Marie Jaricot qui longe le cimetière Loyasse puis le chemin du Viaduc jusqu’à arriver au France Aventures Lyon Fourvière. L’idée n’était pas de nous jeter dans le vide et faire de l’accrobranche mais de découvrir un trésor caché dans cet espace de verdure : la Montée de la Sarra. Si vous êtes traileur expérimenté (ou juste un fou du LUT) vous connaissez bien ce coin. Mais si aujourd’hui certains y chaussent les baskets ou encore le VTT,auparavant, la Sarra était une piste de ski dans les années 60 avec même une remontée mécanique ! [7]  Aujourd’hui, le haut de la montée offre une belle vue sur la Saône, les monts d’Or et la Croix Rousse. 

En continuant sur le chemin du viaduc, vous entrez dans le Parc des Hauteurs qui relie notamment les abords de la basilique de Fourvière au cimetière de Loyasse. Au niveau du petit belvédère de la passerelle des Quatre-Vents,[8]. vous aurez l’une des plus belles vues de Lyon sur le fort Saint-Jean, les gorges de la Saône,  le mont Verdun et les monts d’Or. Ce chemin reprend le tracé de la plus courte ligne de chemin de fer de France (800m avec un viaduc de 80m seulement , je dis wahoooo). Ouverte en 1900 pour relier le funiculaire de Fourvière jusqu’au cimetière de Loyasse, cette ligne est en prolongement du funiculaire allant de Saint-Paul à Fourvière. Et le saviez-vous ? Autrefois, cette ligne permettait tout simplement de conduire les cercueils au moyen d’une remorque corbillard. Aujourd’hui la passerelle est un havre de paix, de flânerie et de découverte loin de la foule de Fourvière.

Étape 5 : Notre-Dame de Fourvière et son panorama unique

En sortant du parc des Hauteurs, un tour s’impose à Notre-Dame de Fourvière, monument incontournable de Lyon posée de manière assez majestueuse sur la colline [9]. À la suite d’un vœu prononcé en 1642 pour éloigner une peste dévastatrice de Lyon, un pèlerinage annuel commence à se mettre en place. Par la suite, une statue de Marie est érigée sur le clocher ainsi qu’une chapelle et très vite l’idée de la construction d’une basilique se fait sentir. Oeuvre de Pierre Bossan et de Lois Sainte-Marie Perrin, les lyonnais aiment dire que la basilique ressemble à un éléphant sur le dos.

Le 8 décembre la basilique s’illumine en remerciement à la Vierge Marie qui les aurait sauvés de la fameuse peste. Profitez des extérieurs et de la vue sublime sur l’opéra, la place Bellecour, Part-Dieu et la Cathédrale Saint-Jean. Vous pouvez continuer encore un peu notre balade ou décider de redescendre dans le Vieux-Lyon par les jardins et de la roseraie.

Dernière étape  : de la Tour métallique à la rude Montée de Nicolas de Lange

Après les beaux points de vues depuis Fourvière, direction la Tour métallique, étonnante cette tour non ?  Située à proximité de la basilique, elle demeure le point le plus haut de la ville avec ses 372 m. [10]. Ouverte au public le 3 mai 1894, la tour comprenait un restaurant au rez-de-chaussée, un ascenseur pouvait même emmener 22 personnes, moyennant 1 franc (c’est pas la grande roue c’est sur!), sur le belvédère à l’étage, où se trouvait l’observatoire installé 80 m plus haut. Dans les années 50, c’est la fermeture au public, la tour va alors servir de relais de communication pour la diffusion de la RTF et elle est depuis le relais de bien des radios, opérateurs téléphoniques et TV.

Pour clore notre balade urbaine, nous empruntons une autre étape incontournable du Lyon Trail Urbain, la Montée de Nicolas de Lange, afin de redescendre jusqu’à la gare Saint-Paul via la Montée des Carmes Déchaussés, nombreux escaliers à prévoir, vous êtes prévenus ! Ouvrez l’oeil lors de votre descente de la Montée Nicolas de Lange, outres les 567 marches, vous pourriez trouver sur votre passage des œuvres de street art assez étonnantes, comme ce sein multicolore  …[11]. 


>> La carte de la promenade Vieux Lyon – Fourvière en pdf <<