
Oui, il y a les terrasses, les quais, les soirées qui s’étirent et les apéros qui débordent. Mais dès le 31 juillet passé, la ville donne parfois l’impression d’avoir été mise sous cloche. Plus personne dans les rues, des rideaux baissés partout….
Alors on a réfléchi à tout ce qu’il manque encore à Lyon pour devenir une vraie ville cool l’été. Une ville où on aurait envie de rester au mois d’août au lieu de consulter compulsivement les prix des billets de train vers n’importe quel autre endroit.
Une plage. Une vraie.

Pas une plage « à seulement 45 minutes de voiture », pas un plan d’eau perdu en lointaine banlieue. Une vraie plage urbaine. On n’a même pas besoin de la mer, soyons raisonnables : un grand lac ferait largement l’affaire.
Parce qu’en attendant, chaque été, on fait une heure de queue pour entrer à la Piscine du Rhône, poser sa serviette sur 12 cm² de béton brûlant, aller se tremper au milieu de 4000 personnes et revenir avec l’angoisse de ne jamais retrouver ses affaires. À ce stade, ce n’est plus une baignade, c’est une épreuve de Koh-Lanta.
Plus de piscines

Puisqu’on parle de piscine, abordons un sujet sensible : le nombre ridiculement bas de bassins à Lyon. Il y a quelques années, une piscine éphémère s’installait dans le vélodrome du Parc de la Tête d’Or. C’était franchement chouette. Bon, probablement hors de prix et pas exactement exemplaire sur le plan écologique, mais au moins, ça donnait l’impression qu’on essayait quelque chose.
Alors oui, il y a des projets de baignade dans la darse de Confluence, peut-être aussi du côté du parc des Berges. Mais en attendant que tout ça voie réellement le jour, on est obligé d’entretenir des relations purement opportunistes avec ce collègue relou qui habite loin mais possède une piscine. On fait semblant de s’intéresser à ses travaux de pergola uniquement dans l’espoir d’obtenir une invitation un dimanche après-midi.
Une nocturne géante des fontaines de Lyon

Bon. Ok. On a bien compris que cette question de baignade est compliqué. Mais elle nous obsède vraiment. Alors puisqu’en journée la ville ressemble parfois à un four à pizza, autant vivre la nuit. On propose donc qu’une fois par semaine durant l’été, toutes les fontaines de Lyon restent allumées et accessibles jusqu’à minuit. Parce qu’au point où on en est, tremper ses pieds dans une fontaine devient un acte de survie plus qu’un outrage au mobilier urbain.
Imaginez : des DJs sur les places, des gens qui mangent des glaces sur les rebords, des enfants qui courent partout… Une sorte de mini Fête des Lumières, mais en version humide et estivale, et surtout beaucoup plus détendue.
Un vrai truc qui fasse de l’ombre place Bellecour

On ne fait pas partie de ceux qui ont hurlé au scandale après l’installation des voilages place Bellecour. Franchement, l’idée n’était pas absurde. Mais niveau efficacité, c’est quand même pas ça !
Il faut dire que faire de fines bandes d’ombre sur une des plus grandes places piétonnes d’Europe, où le soleil tape de travers toute la journée, ce n’était peut-être pas l’idée du siècle.cOn est persuadés qu’il y a mille choses à imaginer : une immense structure végétalisée, des installations artistiques géantes, des voiles tendues plus ambitieuses (on a plein d’idée, demandez-nous, c’est gratuit !) Et tant qu’on y est, on pourrait aussi faire quelque chose pour la rue de la Ré et Victor Hugo, où marcher en plein après-midi revient actuellement à cuire doucement à feu moyen.
Un vrai festival de musique

Oui, il y a les Nuits de Fourvière. Et c’est très bien. C’est beau, c’est prestigieux, c’est élégant. Mais c’est un peu un festival à part. Déjà parce qu’obtenir des places demande souvent une organisation militaire. Ensuite parce qu’on parle d’un événement assez feutré.
Nous, on veut aussi un vrai gros festival d’été. Un truc un peu sauvage. Avec des gens en sueur, des concerts qui s’enchaînent, des t-shirts tachés de bière, des artistes qu’on découvre par hasard en passant d’une scène à l’autre. Depuis la disparition de Woodstower, on se sent un peu orphelins. Et on n’a pas tous la motivation nécessaire pour aller jusqu’à Musilac ou monter à We Love Green juste pour vivre trois jours de poussière et de musique.
Des œuvres éphémères qui claquent vraiment

Oui, on a déjà parlé de l’étendoir à linge place Bellecour. Mais nous, on rêve d’un vrai geste artistique temporaire. Le genre d’installation qui crée un événement, qui fait parler de Lyon partout, qui donne envie de venir la voir en vrai et qui déclenche immédiatement des polémiques absurdes sur Facebook entre ceux qui trouvent ça magnifique et ceux qui regrettent que nos impôts servent à financer des délires wokistes.
On veut notre moment spectaculaire. Un truc du niveau de La Caverne de JR sur le Pont Neuf à Paris. Quelque chose qui transforme temporairement la ville et donne l’impression qu’il se passe vraiment un truc ici.
(On nous souffle dans l’oreillette que la Mâchecroute pendant le festival Entre Rhône et Saône pourrait remplir ce rôle. On répond gentiment : non.)
Plus de squares

Lyon est une ville de grands parcs. Mais pas une ville de petits squares de quartier. Et l’été, ça change tout. Oui, le Parc de la Tête d’Or est magnifique. Oui, faire un pique-nique à Parc Sergent Blandan c’est très cool. Mais quand il fait 35 degrés, on n’a pas toujours envie de traverser toute la ville juste pour trouver un bout d’herbe.
On veut des mini coins de fraîcheur partout. Des petits squares avec trois arbres, deux bancs, une fontaine et des gens qui lisent des livres. Bref, il faut probablement raser quelques immeubles (pas les plus beaux si possible) pour que chaque Lyonnais ait un coin de verdure à moins de 50 mètres de chez lui.
Plus de biergartens

Oui, on sait. Lyon n’est pas Berlin. Mais franchement : on serait si mal que ça à boire des bières sous les arbres à de grandes tables en bois avec des copains jusqu’à minuit ?
Aujourd’hui, ce qui s’en rapproche le plus à Lyon, ce sont les péniches installées le long des Berges du Rhône. Et encore. Niveau arbres, on repassera. Et niveau ambiance, passé 22h, ça devient parfois un mélange étrange entre colonie de vacances géante et fin de mariage compliqué.
Nous, on veut de vrais biergartens : ombragés, simples, vivants, populaires, où on peut venir en tongs et repartir légèrement réhydraté.
Des siestes obligatoires entre 14h et 16h

On ne comprend toujours pas pourquoi Lyon ne copie pas davantage les pays du sud. Quand il fait 38 degrés, personne n’a envie de répondre à des mails ou de faire semblant d’être productif dans un open-space sans climatisation.
Nous demandons donc la mise en place officielle d’une sieste municipale obligatoire. Entre 14h et 16h, toute activité s’arrête. Les commerces ferment. Les réunions sont interdites. Les Lyonnais doivent soit dormir, soit manger une glace à l’ombre. Toute personne organisant un call Zoom pendant ce créneau sera immédiatement expulsée dans la capitale.
Et puis les Américains pourraient faire des TikTok sur ce culture shock qu’est la sieste lyonnaise. Lyon deviendrait enfin connue outre-atlantique.
Un ventriglisse géant dans les Pentes de la Croix-Rousse

Puisqu’on cherche des idées estivales totalement raisonnables, pourquoi ne pas transformer les pentes de la Croix-Rousse en immense ventriglisse urbain ? Le concept est simple : chaque été, on déroule une gigantesque bâche savonneuse depuis le boulevard jusqu’aux Terreaux. Les Lyonnais pourraient dévaler les pentes en maillot de bain sur des bouées et des flamants roses gonflables pendant que des bénévoles arrosent le tout au jet d’eau.
Est-ce dangereux ? Très probablement. Est-ce que l’inclinaison des rues rend l’idée juridiquement compliquée ? Sans doute. Est-ce qu’on aurait enfin une activité estivale mondialement connue ? Absolument.
Au fond, ce qu’on veut surtout, c’est que Lyon arrête de donner l’impression d’être une ville qu’on subit l’été pour devenir une ville qu’on choisit. Une ville où on reste en août par envie et pas uniquement parce qu’on n’a pas assez des congés ou de thunes pour partir. Parce qu’avec un peu plus d’ombre, un peu plus d’eau, un peu plus de folie et quelques idées légèrement débiles, Lyon pourrait vraiment devenir une grande ville d’été. Et honnêtement, ça nous ferait des vacances !