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En 2008, quand Gérard Collomb avait annoncé la création d’un festival de cinéma à Lyon, mes yeux s’étaient mis à pétiller. On allait enfin voir du glam, des paillettes, du tapis rouge et des stars dans notre bonne vieille ville jugée parfois pas très drôle.

En 2009, quand Thierry Frémaux a commencé à dévoiler les contours du festival Lumière, j’ai un peu déchanté. Au revoir paillettes, grandes avant-premières et remises de prix à suspens, place aux vieux films et à la mémoire cinématographique.

En 2009, lors de la première édition du Festival Lumière, j’ai pourtant été conquis par le concept. Et j’ai couru de salle en salle pour revoir un grand nombre de westerns.

En 2010 et les années suivantes, j’ai apprécié le Festival, mais n’ai jamais vu en lui autre chose qu’un petit événement pour cinéphiles, touchant un public restreint et local. Loin, très loin, des autres festivals de cinéma.

Malgré son accroche « Le Cinéma pour tous », je trouvais que le festival Lumière était assez centré sur lui même, parlant majoritairement aux plus férus des amateurs . Très peu de mes amis s’y rendaient, quand certains ignoraient même son existence.

Ce repli sur soi du Festival était d’autant plus frustrant dans une ville comme Lyon qui a pris l’habitude d’ouvrir ses places, ses rues et ses bâtiments emblématiques à de nombreux événements. Que ce soit les Nuits Sonores, le quai du Polar, l’Original, la Fête des Lumières, Tout le monde dehors, chaque festival, à sa manière, s’étend au delà de son périmètre original pour embrasser la ville et ses habitants.

La Festival Lumière, lui, semblait se cacher derrière le Hangar du Premier Film et quelques salles de la ville.

Et puis Tarantino est arrivé.

Cinéma partout

L’annonce de la venue de Tarantino pour Lumière 2013 a été accueillie avec enthousiasme mais personne n’imaginait que le plus célèbre des cinéphiles allait bouleverser à ce point le festival.

On a vu Tarantino partout, aux soirées officielles comme aux petites projections, à la Plateforme et dans quelques restos de Lyon. D’un coup mon flux d’actualités Facebook s’est transformé en concours de la plus belle photo de Tarantino. « Tarantino est 3 sièges devant moi ». « Tarantino m’a effleuré le bras à la Plateforme! ». « Je crois que le mec derrière moi dans la queue au Monop’ c’est Tarantino »….

C’était comme si Tarantino avait compris, à l’inverse du Festival Lumière, que les bons festivals à Lyon se diffusent dans la ville et partent à la rencontre des habitants.

On a alors vu les séances prises d’assaut par les Lyonnais, les gens parler de ciné à la machine à café, des bars et des boites passer les 5,6,7’s ou Dick Dale, des librairies faire des vitrines spéciales Tarantino…

Et au final, on a même eu les stars et les paillettes (Uma Thurman, Tim Roth, …) qui, elles ont aussi, se sont montrées très proches du public lyonnais.

Capitale du cinéma

J’espère vraiment que le passage de Tarantino fera cogiter les organisateurs du festival Lumière (et plus généralement l’Institut Lumière) et qu’ils comprendront que le festival doit s’ouvrir encore plus sur la ville et les Lyonnais pour être vraiment « pour tous ».

Parce que, mince , Lyon est quand même le berceau du cinéma. On doit quand même à ces satanés Louis et Auguste, un truc qui fait rêver des millions de gens sur la planète, une industrie qui pèse 35 milliards de $, ce n’est pas rien. C’est même, peut-être l’un des trucs les plus fous qui ait été lancé depuis Lyon. Un truc unique, indiscutable (contrairement au Vélo’v ou au titre de Capital de la Gastronomie) qui pourrait contribuer fortement à la notoriété de la Capitale de Gaules.

Alors, pourquoi Lyon ne transpire-t-elle pas plus le cinéma ?  Pourquoi ne crie-t-on pas plus fort que nous sommes à l’origine de cet incroyable invention ? Pourquoi les places et les rues de Lyon ne portent-elles pas le nom de grands cinéastes ? Pourquoi le cinéma se fait discret à Lyon, quand la bouffe, autre spécificité locale, est omniprésente ?

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Mur du Cinéma à Lyon – vétuste et un peu planqué dans le 7ème arrondissement

Il serait temps que le cinéma à Lyon sorte du Hangar du Premier Film et de la Villa Lumière afin de placer Lyon sur la carte des villes de cinéma.

N’hésitez pas à nous donner votre point de vue sur cette édition du Festival Lumière dans les commentaires.