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En cette soirée d’Halloween, je vous propose 3 histoires extraites de mon grimoire de Lyonnaiseries. Je compte sur vous pour les raconter à vos amis ce soir, lorsque vous trinquerez au sang frais de vierge à la lueur des candélabres.

Les murs hantés de l’hôtel Château Perrache

Ce vieil édifice, situé juste à côté de la gare de Perrache, a plusieurs histoires assez fascinantes à son actif. Construit début 1900, et baptisé alors Le Terminus, il longeait le majestueux cours Verdun, celui qu’on dénommait en toute simplicité « la plus belle avenue de Lyon », avec ses allées piétonnes bordées de majestueux  platanes, et son esplanade accueillant cirques et marchés (remercions au passage Monsieur Louis Pradel, qui en en 1972 a eu le bon goût de nous greffer l’ignoble échangeur autoroutier que nous connaissons fuyons tous). Un peu plus loin, s’étendait la huppée place Carnot.

Je sais que tout ceci est difficile à imaginer. Faites un effort s’il vous plait.
Avant, Perrache, c’était cool.

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Revenons-en à notre hôtel, qui lui, joue de malchance. Avant même d’être séparé de la Presqu’île par une autoroute, 6 voix rapides, une gare routière et un immonde parking, il fut réquisitionné par les autorités allemandes en 1943 pour devenir un des sièges de la Gestapo. Pour ceux qui l’auraient oublié, la Gestapo lyonnaise et son tristement célèbre Klaus Barbie jouèrent un rôle essentiel dans l’extermination des Juifs en Europe. Bref, se faire un petit pied à terre à proximité de la gare, d’où partaient les trains de déportés, c’était assez pratique en soi pour les interrogatoires et la torture.

Ambiance en la demeure.
Le témoignage qui revient le plus souvent est celui d’une agent de bord de la SNCF qui séjournait quelques nuits à l’hôtel, et qui ne put trouver le sommeil et la sérénité à cause d’horribles grattements sur les murs de sa chambre. Elle pensa alors à des rats. Mais le lendemain, le personnel de l’hôtel lui confirma que sa chambre était la dernière du couloir (et qu’en plus, on n’a pas de rats ici chez nous, ma brave dame nan mais). Les grattements continuèrent les nuits suivantes, lui donnant la sensation que quelqu’un tentait de déchirer de ses ongles la tapisserie. Elle quitta les lieux épuisée et décida que la prochaine fois, elle opterait pour l’Ibis, au bord de l’autoroute.

L’histoire ne dit pas si cette agent de bord laissa un avis favorable sur tripadvisor.
A notre avis, non.

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Hotel Terminus et Gare de Perrache

Certains récits de clients de l’hôtel disent également avoir vu glisser des silhouettes sur les murs ou des ombres se faufiler par les fenêtres. D’autres encore témoignent de téléviseurs allumés en écran « neige », diffusant des corps de femmes. (Coucou ! quelqu’un a vu The Ring dans la salle ?)

Récemment, l’établissement à été restauré, les murs repeints, et les chambres modernisés. En revanche, je n’ai jamais entendu parler du passage d’un exorciste à ce jour. Peut être l’hôtel est-il encore hanté par son sordide passé ?

Source : www.lhotessedelair.com

La tragédie du pont de la Guillotière.

Le 11 octobre 1711, les Lyonnais se rendirent à la vogue de Saint-Denis, au petit village de Bron, bien au delà de la Guillotière. Il faisait si beau ce jour là, que tout Lyon fit le déplacement.

Cette fête bacchanale (célébrant bacchus, ce coquinou de dieu du vin que nous connaissons bien) attirait les foules pour son vin blanc nouveau et ses débordements verbaux. Il était effectivement de bon ton d’insulter avec panache ses voisins à coup de blagues bien graveleuses, en toute impunité et sans craindre l’intervention des autorités.

Personnellement, je trouve qu’on tient un excellent concept. Je vais aller en parler à la rédac pour notre prochain apéro.

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Le pont de la Guillotière au 16 ème siècle

Le pont de la Guillotière, anciennement Pont du Rhône, était à l’époque bien plus long et étroit qu’aujourd’hui. Il consistait aussi l’unique passage reliant les terres de l’est (actuel 7ème et 3ème) aux terres du milieu (La Presqu’île).

Quand la foule de fêtards passablement avinés et pressés de rentrer chez eux se pressa sur le Pont de la Guill’, elle se retrouva bloqué entre la barrière du corps de garde (bizarrement fermée) et le reste des promeneurs continuant d’affluer. Le cheval du carrosse de Madame Servient s’emballa, chuta et provoqua une énorme bousculade écrasant la foule et causant ainsi la mort de plus de 241 personnes écrasées, asphyxiées et noyées.

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L’HORREUR.
A côté, la bataille de Jon Snow Vs Ramsay Bolton – GOT saison 6 épisode 9 – est une comptine pour chaton.

Pendant ce temps là, tranquillou, des pillards s’adonnent aux joie du … pillage donc, et au lieux de sauver les malheureux, vinrent arracher aux mourants bourses, vêtements et bijoux, se remplissant les poches – littéralement – sur leurs dos. Sympa les gueux.

Complètement oubliée aujourd’hui, cette tragédie resta pendant longtemps dans les esprits Lyonnais comme l’une des plus terribles de la ville.

Sources :
https://rebellyon.info
Lire le témoignage d’époque 

La Dame Blanche de la Croix-Rousse

Allez ! Une petite dernière en bonus.

La légende raconte qu’en 1840, on voyait apparaître une femme vêtue de blanc sur les remparts Nord de la ville, à l’emplacement de l’actuel boulevard de la croix-rousse.
Elle se contentait simplement d’apparaître, portant tour à tour à la main une coupe d’eau, une torche, un pain ou une épée flamboyante. Elle expliquait à ceux qui voulaient bien l’entendre (et qui ne partaient pas en courant devant cette apparition fantomatique), que ces 4 objets symbolisaient de terribles menaces à venir sur la ville. Une nuit, elle finit par quitter les lieux en criant un dernier « malheur à vous tous » et on ne la revit plus.

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Mise en garde ou menace ? toujours est-il que s’en suivit une bonne sécheresse et de grosses inondations, comme l’avait d’ailleurs prédit notre ami Nostradamus.

Finalement, on ne sait pas grand chose de la dame blanche de la X-Rousse. Certains auteurs de croyance populaire racontent qu’il pourrait s’agir de la Déesse antique Cybèle, qui avait un sanctuaire en son nom sur le plateau de la Sarra. C’est tout naturellement qu’après s’être fait chasser de la colline de Fourvière par la vierge, elle s’en alla hanter la colline voisine.

Aujourd’hui, on peut s’amuser à imaginer que cette dame aurait cherché à répandre un message écologique à destinations des Lyonnais, nous mettant en garde sur les futurs changements climatiques à venir. Cette hippie avant l’heure, se promène peut être toujours pieds nus, cheveux au vent sur le boulevard de la Croix-rousse, à la recherche de galettes de sarrasin bio ?

Sources : Guide secret de Lyon – Édition Ouest-France


Plus d’histoires Lyonnaises avec la très chouette revue BD Les rues de Lyon.
Merci à Clémence de Cybèle, à Alexandre de Lyon Avant et à Clem de CityCrunch pour les bons conseils.

14 commentaires

  1. La fête de Bron en question était aussi de souvenir le seul jour où on pouvait insulter les autres tant le bourgeois que le noble en passant par le cerf et le vilain 🙂
    Elle fut interdite sous Napoléon de souvenir.

  2. QUOI ? COMMENT ? QU’ENTENDS-JE ? QUE LIS-JE ?
    Que Cybèle ne serait qu’une « prêtresse » ???
    Attention à vous Lyon City Crunch car la DÉESSE Cybèle pourrait bien faire abattre tous les malheurs sur vous et les 7 prochaines générations de bloggueurs Lyonnais si vous la traitez encore de « prêtresse » !!

    1. Je me disais bien que Gérard Fluchte allait être ulcéré !
      Brrrr…

      Merci pour cet article, ça me donne bien envie de m’offrir un bouquin du genre. Reste à trouver lequel !

        1. Je suis abonnée aux Rues de Lyon depuis le début 😉 Ce serait d’ailleurs super si vous en faisiez un article, ils le méritent !
          Merci pour la référence du bouquin, c’est justement ça que je vais m’offrir à Noël !

    2. Oulala !
      Désolée Gérard. Faute de frappe sans doute. On a toujours été dans les petits papiers de la Déesse Cybèle, il faudrait pas que ça change.

  3. Cher Lyon cityrunch,
    Bien que j’apprécie que tu fasses fréquemment des articles sur l’Histoire de lyon. Je me permet de corriger la grotesque histoire de rebellyon comme quoi Madame de Servient aurait donner la parcelle de la Part-Dieu en réparation. Elle avait 14 ans auparavant negocier une sorte de rente viagère. L’histoire est belle mais probablement aussi vraie que le suicide du sculpteur de la statue de Louis XIV à Bellecour. Source: Le dictionnaire historique de Lyon.
    https://www.facebook.com/vincent.achille/posts/10209899990750478

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