(J’ai pas trouvé les crédits, photo piquée sur Up in Lyon)

Un petit article en forme de coup de gueule pour ce lundi. Cela fait maintenant 6 ans que je suis installé en Presqu’Île et que j’en suis un fervent défenseur (notamment contre la plupart de la team qui maltraite régulièrement ce petit bijou de qualité de vie).

Par contre, tout n’est pas pour le mieux, depuis que je suis installé ici, il y a comme une zone morte. Un triangle des Bermudes des commerces situé autour de la rue Grolée et Carnot . Ca a commencé insidieusement, quand je passais par là, certains magasins et enseignes se sont mis à disparaître: comme une malédiction. Un jour, le CNP Odéon que j’appréciais particulièrement ferme à la surprise générale. Puis c’est la libraire Raconte moi la Terre qui s’en va (et déménage rue du Plat), enfin il ne reste dans cette rue quasiment plus un seul commerce. même le tabac du coin a fermé. Une vraie zone morte.

C’était en 2008. Depuis, rien. Le dernier magasin présent (Zilli) fermera fin mars et il ne restera qu’une belle rue Haussmannienne sans âme.  La désolation est telle que même les passants accélèrent le pas en arrivant et se dévient vers la rue de la République.

Mais comment en est on arrivé là ? La faute à un fiasco monumental en terme d’urbanisme. En 2004 la ville de Lyon se sépare de ce quartier et le vend pour une bouchée de pain à une société américaine (Cargill). Celle ci revendra 2 ans plus tard à prix d’or l’ensemble des pas de porte à une autre société  (Les Docks Lyonnais) qui se décide à monter de toute pièce un « quartier de luxe » à Lyon. Pour imposer le luxe, elle augmente considérablement l’ensemble des loyers, met fin aux baux des commerçants existants et fait un appel du pied à diverses enseignes de luxe pour qu’elles s’installent sur ce fameux triangle. Il s’agit du projet « Up in Lyon« .

La suite, on la connait. Pas une seule enseigne ne s’est installée et TOUS les commerces de proximité ont disparus pour ne laisser que ce trou sur la carte où personne ne veut passer. Début 2012, il semblerait que la stratégie générale des Docks Lyonnais est en train de changer, la preuve avec l’ouverture d’un Séphora ou un Naturalia.  Moralité, après 6 ans de traversée du désert on ne peut qu’espérer que ce quartier reprenne un peu vie, et tant pis si ce sont finalement des enseignes plus cheaps qui s’installent. Quant au principe de vouloir décréter qu’un quartier est luxueux, il faut croire que des loyers sur-côtés et des immeubles Haussmanniens ne suffisent pas.

On se retrouve dans un an ici pour voir si quelque chose à changé ? (Honnêtement j’espère, ne serait-ce que pour les habitants du coin). Je suis bien content de m’être installé côté Édouard Herriot.