Ca y est, c’est parti, les Nuits de Fourvière ont commencé depuis la semaine dernière et jusqu’à fin juillet. Comme l’année dernière,  nous allons vous faire revivre chaque semaine des spectacles que l’on a vus, peut-être vous également, et surtout vous donner envie d’y aller.

Si vous êtes un fidèle lecteur de Lyon69 (dans le cas contraire, bienvenue à vous), vous savez que j’ai une grande passion pour la musique. Mais pas uniquement, loin de là. Et je profite chaque année du magnifique cadre que nous apporte le théâtre romain de Fourvière pour voir des spectacles variés : concerts, bien sûr, mais aussi musique classique, cinéma, danse, cirque, spectacles équestres et bien entendu théâtre.

Et c’est justement du théâtre que je suis allé voir vendredi avec le Bourgeois Gentilhomme. Mais pas seulement du théâtre, car il s’agit en fait d’une comédie-ballet. C’est-à-dire que les comédiens sont accompagnés d’un orchestre de musique baroque et de danseurs. Le tout mis en scène par Denis Podalydès, sociétaire de la Comédie Française et acteur qu’on ne présente plus.

Petit rappel pour ceux qui, comme moi, ne se souviennent pas trop des cours au collège…

Le Bourgeois Gentilhomme a été écrit par Molière en 1670 et mis en musique par Luly pour divertir Louis XIV et sa cour. Monsieur Jourdain, riche bourgeois bonhomme, naïf et ravi, rêve de faire partie des gens de qualité, c’est-à-dire la noblesse, pour, entre autres, épater la Marquise dont il est amoureux. Il paie ainsi de fortes sommes pour s’habiller comme il sied (selon lui, du moins), ou pour appendre la musique, la danse, les armes et la philosophie, au grand dam de sa famille qui le voit dilapider son argent inutilement auprès de profiteurs. Il va même jusqu’à refuser le mariage de sa fille Lucille au prétexte que le prétendant n’est pas un gentilhomme. Devant tant de bêtise, le valet de ce dernier monte un tour à M. Jourdain : il lui fait croire que le fils du Grand Turc (la Turquie est très à la mode en France à l’époque) –  en réalité le prétendant – souhaite épouser Lucille et va lui donner le titre honorifique (imaginaire) de Grand Mamamouchi lors d’une cérémonie humiliante.

 J’ai beaucoup aimé la pièce.

Ce grand classique est en effet plein de vie et d’entrain, et la mise en scène moderne (tout en respectant fidèlement le texte) mettait tout le monde à l’aise, les petits comme les grands. Les acteurs prenaient plaisir à jouer et même parfois à prendre le public à témoin. Conçue à l’origine pour divertir le roi, la pièce joue encore parfaitement son rôle avec quelques passages très drôles. Les costumes magnifiques de Christian Lacroix nous mettaient bien dans l’ambiance de l’époque et l’orchestre jouait à merveille. En outre, la vue sur Lyon à l’arrière plan et le chant des oiseaux dans les arbres font de ce théâtre un cadre idyllique pour passer une très bonne soirée.

Je mettrais quand même un petit bémol sur le début de la deuxième partie, quand M. Jourdain est intronisé Grand Mamamouchi, que j’ai trouvée un peu longue. Et surtout, je ne vois pas l’utilité de transformer cette scène burlesque en vulgaire (pour humilier M. Jourdain, tout le monde lui met des frappes sur les fesses, d’accord, mais ici un des acteurs lui puisse carrément dessus). En tout cas, ce n’est pas ce que j’attendais ici.

Mais heureusement, la pièce repart de plus belle avec notamment de grand passages musicaux (et de danse presque hip-hop), et en particulier la célèbre Marche pour la Cérémonie des Turcs (reprise dans le superbe film Tous les matins du monde).

Aux Nuits de Fourvière cette semaine

Malheureusement pour vous, les représentations de cette pièce sont terminées, mais il est encore temps de vous décider à aller voir d’autres spectacles du festival. Par exemple Sylvie Guillem, accompagnée d’autres danseurs, dans le spectacle 6000 Miles Away mis en scène par plusieurs chorégraphes de renom, dont le génial William Forsythe.