
Cerrone, votre carrière a débuté dans les années 70 et pourtant votre musique reste complètement actuelle. Comment expliquez-vous que votre son continue de toucher les nouvelles générations ?
Je ne l’explique pas, mais je l’apprécie. Peut-être qu’en France on m’a surtout catalogué dans un style musical alors qu’à l’international, j’ai fait ma carrière sur mon son. C’est ce son qui a traversé 50 ans. Cinq décennies ! J’ai beaucoup été samplé, remixé dans tous les sens, accompagné de nouvelles mélodies, mais derrière il y avait mon groove et ma sonorité musicale. Je pense que c’est ça aussi qui a fait que mon son n’a jamais vieilli. Je n’ai pas vraiment d’explication mais ce n’est pas bien grave. J’apprécie, je prends ce qui se passe, j’essaye simplement d’être à la hauteur de tous les événements qui s’enchainent. Parfois je me dis que ça fonctionne depuis 50 ans et que ça va s’arrêter, mais ça ne s’arrête pas en fait. En ce moment j’ai ma tournée personnelle, qui est déjà bien chargée – j’aurai fait 45 dates cette année, mais quand Jamiroquai vous invite pour venir faire quelques concerts dans sa tournée, on ne dit pas non. Donc voilà, ça continue.
Alors, justement, ce soir, vous allez partager la scène avec Jamiroquai. C’est un artiste qui, comme vous, a mêlé funk, disco, électronique. Qu’est-ce qui vous rapproche, selon vous ?
Vous venez juste de le dire ! Il n’y a pas d’incohérence. Certains ont pu s’étonner : Cerrone avec Jamiroquai, c’est bizarre… Et bien non, au contraire ! Quand on m’en a parlé, j’ai dit oui tout de suite, évidemment. J’ouvre le concert de Jamiroquai en première partie, et je n’ai pas peur de me confronter à son public. Au fond, c’est le même que le mien. On l’a fait hier à Barcelone, ce soir on est à Lyon, le 27 novembre, on fait l’Accor Arena à Bercy, et le 9 décembre c’est Londres. Après, on verra.
Votre chanson Supernature a été utilisée par Thomas Jolly pour la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Paris l’année dernière, qu’est-ce que vous avez ressenti à ce moment-là ?
Je l’ai vécu comme une véritable reconnaissance, un magnifique cadeau. Surtout que ça a duré 9 minutes 40, dans le pic d’émotion, là où il y avait le transport de la flamme. C’était vraiment beaucoup d’émotion.
Vous venez d’en parler, vous voyagez beaucoup pour vous produire. Est-ce que certaines villes influencent votre humeur ou votre manière d’aborder un concert ? Je pense à Lyon, par exemple.
J’ai sensiblement le même public partout, que ce soit à Sydney, au Mexique, à Tokyo ou à Londres où je joue beaucoup. Ils ont toujours 18-35 ans. Quand j’ai démarré ma carrière il avait 18-35 ans, et aujourd’hui ils ont toujours 18-35 ans. Finalement, si on réfléchit bien, il n’y a que moi qui ai vieilli en fait.
Mais Lyon, c’est un bon public. Je dirais presque prétentieusement que c’est mon public. J’ai beaucoup joué à Lyon et le public est top. J’ai joué plusieurs fois au Transbordeur, encore au début de l’année, j’adore cette salle. Et tiens, j’ai un scoop pour vous : le 3 juillet je vais jouer à Vienne, au Théâtre Antique, avec un orchestre symphonique. Comme je l’ai fait en début d’année à la Philharmonie de Paris, c’était incroyable.
On ne peut pas parler de Lyon sans parler de gastronomie. Est-ce que vous êtes plutôt bouchon lyonnais ou cuisine contemporaine ?
Oh, vous savez, moi je suis un épicurien, j’aime un peu tout, je m’adapte. Hier soir, on m’a emmené dans un petit restaurant formidable pas très loin d’ici, le Bouchon des Carnivores (NDLR : rue des Marronniers). On m’a servi des tripes à la sauce tomate, c’était magnifique. J’ai dit à ma production et à mon manager de m’y ramener quand je reviendrai pour le concert de Vienne, car on va avoir 3-4 jours de répétition avec l’orchestre symphonique.
Lyon est la ville des Frères Lumière, qui ont inventé le cinéma. Est-ce que vous sentez un lien symbolique entre le cinéma et la musique ?
C’est incontestable, oui. Quand on a un film et que la musique le souligne, c’est presque le décor du film. Aujourd’hui, dans un film, la musique est présente 80% du temps : elle souligne, elle donne du relief. A une époque, Il y avait beaucoup de réalisateurs français qui mettaient très peu de musique, peut-être 20 minutes sur un film d’une heure et demie. Avec du blanc pour entendre des bruits. Personnellement je préfère quand la musique accompagne l’image. D’ailleurs à l’origine, avec les films muets, la musique était très présente. Après on a amoindri la musique parce qu’on avait envie d’entendre les voix, mais la musique et le cinéma, c’est indissociable.
Pour vous aussi d’ailleurs, que ce soit dans vos concerts ou sur vos pochettes, l’aspect visuel est très important, je pense ?
Moi quand je fais un concert ou un album, j’ai toujours un objectif, c’est de faire voyager les gens. Ce n’est pas tant de faire passer un message. Je ne fais pas de la musique à texte, même s’il y a des paroles, bien sûr. Dans Supernature, par exemple, le texte est lourd. Il est très actuel d’ailleurs, très écolo. Mais ma priorité, c’est le voyage. Tout ce que je peux faire, à travers les lumières ou les vidéos projetées derrière moi, c’est pour faire voyager les gens, pour les emporter ailleurs, et qu’à la fin ils disent : ″mince, c’est déjà fini !″ C’est ça mon but.
Une dernière question pour finir : nous sommes en train de préparer une playlist pour Noël, qu’est-ce que vous y mettriez ?
Ce n’est pas trop mon truc, j’avoue, mais je glisserais peut-être Happy, de Pharrell Williams. Parce que c’est un moment de joie, notamment pour les enfants.
Entre deux tournées et une passion intacte, Cerrone prouve qu’on peut traverser les décennies sans jamais se démoder. Sa musique, comme son sourire, semble défier le temps, et le public de la LDLC Arena lui a bien rendu samedi soir.

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