Oui, je sais ce que vous vous dites : mais quelle idée de passer de l’autre côté des Alpes pour aller à la montagne alors qu’on a ce qu’il faut juste à côté de chez nous.

Mais laissez-moi vous pitcher un petit peu le programme et je pense que vous n’allez pas résister à l’envie d’aller voir si la neige est plus blanche de l’autre côté de la frontière, dans la région de la Jungfrau.

Premièrement, les paysages sont dingues et très authentiques (ambiance Heidi assurée !)

Deuxièmement, les trains montent haut, mais genre vraiment ! La station de Jungfraujoch est la plus haute gare d’Europe et culmine à 3 500m d’altitude.

Troisièmement, les pistes de ski sont mythiques. La Lauberhorn est la piste de descente la plus longue du monde (en compétition ) avec plus de 4 kilomètres de long et un parcours démentiel.

Et enfin c’est le pays du chocolat. Ma valise était 2 fois plus lourde au retour à cause des nombreuses tablettes de chocolat ramenées.

Allez venez, on part en Suisse, dans l’Oberland bernois, pour une dépaysement total assuré !

Journée 1 : randonnée entre les montagnes

7h00
Je suis dans le train pour Genève. Nous venons de quitter la Part-Dieu et nous dirigeons vers les montagnes. Arrivé en Suisse, j’enchaine les trains tandis qu’à chaque escale les paysages deviennent de plus en plus enchanteurs. Je suis scotché à la fenêtre.  Mes yeux ne peuvent se détacher des sommets et des lacs qui jalonnent le parcours.

12h00
Le dernier train que je prends au départ d’Interlaken s’élance à l’assaut de la montagne pour me conduire à Wengen, l’une des stations les plus mythiques des Alpes. J’arrive à mon hôtel. Le Régina, c’est son nom, est typique des vieux palaces des Alpes. Son style victorien semble avoir traversé le temps et lui donne un aspect suranné qui n’est pas pour me déplaire. Je fais la connaissance de Caramel, le chien des propriétaires, qu’on peut promener pour quelques Francs Suisse (l’argent est reversé à la lutte contre le cancer) et qui a son propre compte Instagram.

15h00
Je rejoins les personnes qui constitueront notre petit groupe de skieurs/snowboardeurs pour le week-end. Il est trop tard pour s’élancer sur les pistes mais l’envie de neige est trop forte et nous partons pour une petite randonnée.

16h00
Après avoir pris une télécabine, nous voici en haut du Mannlichen (littéralement Le Mâle) une montagne offrant une vue panoramique et nous partons marcher sur la neige dans un paysage immaculé. Face à nous se dressent les 3 montagnes iconiques de la région. L’Eiger (L’Orgre), le Mönch (Le Moine) et la Jungfrau (La Vierge). La légende locale raconte que le moine protège la jeune fille de l’ogre. L’Eiger est vraiment impressionnant : sa face nord se dresse à pic à plus de 1000 m au dessus de nous comme une immense bouche affamée.

17h30
Après 1h30 de balade, on arrive à Kleine Scheidegg le centre névralgique du réseau de train de la station. Au sommet se dresse un hôtel tout droit sorti d’un film de Wes Anderson.

18h00
Après une bière, on monte dans un train pour rejoindre le centre de Wengen. Les wagons dévalent les pistes de ski en suivant les rails à crémaillère. C’est assez surréaliste de voir filer ce train au milieu de la neige, en dessous des télésièges.

20h00
Après une petite pause, on prend notre repas à l’hôtel. Une dernière tisane et au lit. La journée de demain s’annonce chargée et sportive.

23h00
Sleep.

Journée 2 : ski sur une piste mythique

8h30
Je passe à l’Intersport de la station pour louer des boots et un snowboard. Avant de filer à la gare prendre le train que nous avons pris la veille. Le temps est bizarre, les nuages semblent se battre dans le ciel et le vent souffle fort.

9h30
Notre train s’avance au milieu d’une tornade de flocons. J’ai l’impression d’être dans le Trans Siberian Express. Arrivée à Kleine Scheidegg, le vent souffle encore en rafale mais la visibilité est bonne. On décide de prendre le télésiège qui nous montera à la descente du Lauberhorn, l’une des pistes les plus dingues du monde.

10h00
Me voici dans le petit chalet qui sert de départ à la course. Le Lauberhorn est une course qui existe depuis 1930 et constitue encore aujourd’hui la plus veille et la plus longue course de ski de descente du monde ! Avant de m’élancer je me rappelle ce que j’ai lu sur le parcours :  un départ à pic au pied de l’Eiger suivi du Hundschopf  (la tête de chien : un saut entre deux rochers), le Kernen-S (un enchaînement de 2 virages à 90°) et le Wasserstation tunnel (un minuscule tunnel sous le chemin de fer) avant un schuss final… Je suis à la fois terrifié et excité ! Je finis par m’élancer. La neige est dure et glacée, le vent est tellement fort qu’on dirait qu’il voudrait me faire remonter la piste, mais je reste concentré et avale la piste à bon rythme. Plus bas, les conditions sont beaucoup plus confortables et je prends un vrai plaisir à enchainer les virages.

10h20
J’arrive au bout des 4,5 kilomètres et lève les bras en signe de victoire. Toute la troupe a le sourire aux lèvres et on s’offre un bon bol d’Ovomaltine pour fêter notre arrivée.

13h00
On refait quelques descentes avant de s’avaler des croutes au fromage (croisement suisse entre une tartiflette et un welsh). On a bien mérité ce plat ultra-reconfortant !

14h00
Je pars à la découverte du reste de la station. Les pistes sont immenses, la neige est bonne et il n’y a pas trop de monde. Le soleil a enfin daigné montrer son nez et les paysages environnant de hautes montagnes sont impressionnants. Glaciers, neiges éternelles et étendues blanches à perte de vue m’en mettent plein la vue.

17h00
Complétement vanné mais totalement enchanté par ma journée de snowboard, je rentre à l’hôtel me reposer avant le repas du soir.

19h30
C’est l’heure du repas, on se retrouve dans un Grillkota. Il s’agit de la rencontre entre un chalet et un appareil à raclette ! Imaginez un peu : une petite cabane en bois, à l’intérieur, sur les côtés des bancs recouverts de peaux de bête et en son centre une cheminée avec une petite grille pour poser son poêlon à raclette ! Un vrai bonheur… On a passé une excellente soirée.

21h30
On se pose ensuite au bar du Sunstar. L’ambiance est chaleureuse et les Apérol Spritz pas mauvais. Au fond de la salle, un couple sans âge joue de la musique traditionnelle à base de cor des Alpes, d’accordéon et de yodel. C’est kitch à souhait mais colle parfaitement à l’ambiance de cette fin de journée.

23h00
Je dois préparer les Bons Plans du Week-end pour CityCrunch, mais mon ordi refuse de s’allumer. Je rédige tout à l’iPhone… Une piste de la mort et un exploit dactylographique en une seule journée… Je suis un vrai héros ! Mais j’ai super mal aux jambes et aux doigts !

1h30
Zzzz Zzzzz Zzzzz

Journée 3 : sommets et luges

8h00
C’est parti pour la dernière journée. On prend cette fois la ligne de train qui monte tout en haut de la montagne. Après avoir grimpé les flancs de la montagne, le train s’engouffre à l’intérieur dans un tunnel creusé dans les année 1890 !!! Après un premier arrêt au milieu du parcours pour admirer la vue, le train reprend son ascension avant d’arriver à la station Jungfraujoch, la plus haute gare d’Europe.

9h30
A plus de 3500m, on se sent vite essoufflé, mais pas de quoi couper notre motivation. On parcours le dédale souterrain de la gare en passant rapidement vers le film en 360°, la boutique et le restaurant pour prendre l’ascenseur menant vers l’extérieur.

10h00
Du haut de l’observatoire, le Sphinx, la vue est à couper le souffle ! Je n’ai pas de mots pour vous décrire l’effet que produit le panorama à une telle hauteur… Les photos suivantes seront bien plus parlantes !

11h00
On redescend dans la gare pour emprunter le Ice Palace, un labyrinthe de glace où je tente de ne pas glisser tout en évitant les hordes de touristes asiatiques.

11h15
Le palais débouche ensuite sur l’extérieur. Depuis le plateau, on a une vue imprenable sur le glacier d’Aletsch. Ce fleuve de glace interminable (il mesure plus de 20km et plus de 900m de profondeur) se perd au loin dans le ciel brumeux. Fascinant ! Il fait froid (-15°) mais je m’attarde longtemps devant le panorama, happé par l’immensité du paysage.

12h15
Après une photo souvenir avec le drapeau suisse. On redescend sur terre et dans le « bas » (on reste au dessus des 2000m quand même !) de la station. C’est l’heure du déjeuner. On reprend un train pour le petit hameau de Alpiglen. Le coin est très mignon et le repas au Berghaus Alpiglen s’avère simple mais très bon.

14h00
En guise de digestion et de retour sur le bas de Wengen, une petite session luge est organisée. On s’élance sur des luges en bois sur une piste de 3,5km à l’ombre de l’Eiger. Le parcours est rythmé et varié avec des plans bien inclinés. On fait même la course avec un train sur le dernier tronçon.

15h00
J’aurais beaucoup aimé refaire de la luge et ce d’autant plus que pas très loin, il y avait la piste de luge la plus longue du monde (15km !), mais il est l’heure de reprendre le train pour Lyon.

16h00
Après avoir fait un stock de chocolat à faire pâlir un dentiste (ou un nutritionniste), me voici à nouveau dans un wagon de train… Je crois que dans toute ma vie de voyageur, je n’aurais jamais autant pris le train que durant ce week-end !

En résumé

Je connaissais très peu la Suisse et encore moins les Alpes de l’Oberland bernois, mais avec ce voyage, j’ai découvert une région assez dingue, riche en paysages, expériences et sensations.

Je m’attendais à quelque chose de très similaire à nos Alpes françaises, il n’en est rien ! Des trains de partout, des pistes de ski géniales, des paysages à couper le souffle ! Comme quoi on a pas toujours besoin de s’éloigner beaucoup pour se sentir dépaysé.

Pour conclure cet article je vous ai mis une sélection de bonnes adresses ainsi que des bons plans budgets (car on va pas se mentir, la Suisse n’est pas une destination bon marché).

Si jamais la destination Suisse vous intéresse, sachez que Suisse Tourisme sera au Salon du Randonneur ce week-end. N’hésitez pas à passer les voir pour préparer un séjour chez nos voisins helvétiques !

Merci à Luc de Suisse Tourisme pour l’accueil et l’organisation du séjour ! 
(Cet article a été réalisé dans le cadre d’un voyage de presse).

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