Promise à des travaux de rénovation d’envergure depuis plusieurs années, la Piscine du Rhône n’en reste pas moins, cette année encore, ouverte… en l’état.

Cette piscine construite en 1965 possède un emplacement que toutes les autres piscines municipales de la ville (voire de France, soyons chauvins!) lui envient. Accolée aux bords du Rhône, entre immeubles haussmanniens et ballade paysagère des Berges, la piscine fait sa fière.

Pourtant, c’est un vieux débris, une vraie quinquagénaire défraichie qui fait outrageusement de l’oeil aux Lyonnais.

Habitant à quelques mètres, je me laisse souvent séduire, les beaux jours venus, par l’un des ses charmes les plus envoutants : son eau bleu javel rafraichissante. Je la déteste pourtant…

Archaïsme aquatique

L’été et la chaleur ont tendance à ramollir mon cerveau. C’est pour ça que, bien souvent, je passe outre sa vétusté et succombe à l’envie d’aller y tremper mon corps échaudé.  La réalité me saute pourtant aux yeux et au nez la porte à peine franchie : ça croule de partout.

J’entre dans un secteur où l’on me demande d’enlever mes chaussures alors qu’à la vue du sol tout me pousse à les garder. J’enfile mon maillot de bain dans une cabine où il faut soigneusement éviter de toucher les murs, la porte et le banc et qui pourrait constituer à elle seule le sujet d’un film gore.

L’épreuve finale: les sanitaires.  Véritable boss de fin de niveau indomptable pour ceux qui ne possèderaient pas une tolérance à la crasse assez élevée, cet endroit doit absolument être traversé de tout son long pour accéder à un pédiluve  qui, pour le coup, vous semblera bien propre et vous permettra d’accéder aux bassins. De chaque coté du lieu, s’alignent chiottes turques et douches difficilement différentiables. Je file rapidement, bloquant ma respiration, faisant mine de ne pas avoir vu la trace douteuse sur une des faïences…

Je suis enfin dans la zone des bassins. Ode au béton et aux mauvaises herbes, le sol brulant est le terrain d’une bataille que se livrent les quelques rares carreaux restants et la végétation envahissante. Ici point d’ombre, c’est soleil pour tous et à forte dose, cancer de la peau de série.

Dans l’eau, comme dehors, ça grouille. Des adolescents en rut piaillent en s’éclaboussant. Les lignes d’eau sont des véritables autoroutes pour nageurs motivés. Ambiance transhumance aquatique.

Je plonge enfin mon corps dans le demi-mettre carré restant libre. Ce doux bouillon de culture me rafraichit, mais, comme à chaque fois, je me dis plus jamais.

Et pourtant…

Et pourtant la Piscine du Rhône montre parfois un autre visage. Quand le soleil n’a pas encore atteint son zénith, elle est plutôt agréable. Moins de soleil, moins de monde, même le passage par les vestiaires me semble plus facile. En arrivant à l’ouverture (10h) je découvre 2 bassins olympiques quasiment vides, une eau claire et même quelques coins d’ombre. Seuls quelques enfants en bas age créent un peu d’animation du coté des jeux aquatiques. Pour le reste c’est zen et tranquillité.

Mais attention, telle une Cendrillon chlorée, il me faut surveiller l’heure. Je sais que le beau rêve se transformera en l’horrible cauchemar décrit plus haut passé midi.

Alors chère Piscine du Rhône, je t’aime le matin, mais pas l’après-midi, parfois le soir juste avant la fermeture avec des copains (pour un traditionnel combo piscine+bo bun dans le quartier asiat’) mais j’attends surtout avec impatience que tu te refasses une petite beauté.

Passée 50 ans, il est grand temps de songer à la chirurgie esthétique, non ?

Et vous ?
Vous aimez / détestez la piscine du Rhône ?
En attendant vos avis dans les commentaires, voici quelques visuels de la Piscine après travaux. Vivement !

Nouveau look pour le bassin nord

Version hivernale avec bassins chauffés

Avec une patinoire en hiver

Crédit Photo Montage : www.thierrybaille.com

Piscine du Rhône
8 quai Claude Bernard
69007 Lyon
Ouvert tous les jours de 10h à 20h (sauf lundi : ouverture à 12h)