Lyon-Barcelone

« Lyon doit devenir la Barcelone française… »
Qui n’a pas entendu maintes fois ce discours dans la bouche des responsables politiques de l’agglomération ?

Il faut dire que la ville de Gaudi a su, avec brio, se tailler une excellente réputation et une puissante attractivité au yeux du reste de l’Europe. Il est donc logique que Lyon (mais aussi la quasi totalité des villes du Sud de la France) se réclame d’une certaine ambition catalane.

Pas plus tard qu’hier,  Barcelone était encore pris pour modèle pour la presentation d’un projet de « ramblas » à la Lyonnaise dans le 6eme arrondissement.

Mais voilà, rendons-nous à l’évidence. Lyon n’a rien de Barcelone. Et voici pourquoi :

1 – Lyon n’est pas au bord de la mer.

Ça peut paraitre évident, mais nos responsables politiques semblent parfois l’oublier. Lyon n’est pas un port maritime et, de ce fait, ne connait pas le bouillonnement propre à ce type de ville. La plupart des villes portuaires possèdent ce petit truc magique qui malgré quelques défauts (qui sont surtout la saleté et une certaine désorganisation) les rendent extrêmement vivantes et trépidantes. Un port appelle au départ, au voyage. A Lyon, les deux fleuves qui s’écoulent paisiblement donnent plus envie d’attendre que ça se passe.

2 – Lyon n’accueillera jamais les Jeux Olympiques.

Le Jeux Olympiques de 1992 ont révélé Barcelone au reste du monde et les retombées en terme de notoriété comme économiques se font encore ressentir 20 ans après. Dans un pays centralisé comme la France, il est impensable qu’une autre ville que Paris décroche l’organisation d’un tel évènement. Et si les Jeux Olympiques d’Hiver se dérouleront peut-être à Annecy en 2018, Lyon pourtant proche n’en tirera que peu d’avantage (C’est par exemple l’aéroport de Genève et non St Exupéry qui sera l’aéroport officiel de ces jeux.)

3 – Lyon n’attire pas les grands architectes.

Si quelques nom préstigieux ont été associés à des batiments récemment construits à Lyon, on est très loin de l’énergie architecturale qui se dégage de Barcelone. Alors que Lyon se dote d’un tour Oxygène, pale copie de la tour EDF de la Défense, et d’une future Tour Incity sans grande originalité, le ciel de Barcelone voit s’élancer la tour Agbar et l’Hotel W.
Sans oublier bien sûr la Sagrada Familia de Gaudi toujours en construction 120 ans après le début des travaux.
A Lyon, la notoriété de Tony Garnier ne dépasse guère l’agglomération.

4 – Lyon n’a possède pas la chaleur fiévreuse des nuits barcelonaises.

Barcelone s’est taillée une réputation de ville très festive et il faut voir le nombre d’easyJet setters qui débarquent de toute l’Europe le week-end pour gouter à la bouillonnante vie nocturne catalane. Lyon pour le reste de la France (Parce qu’en dehors point de reconnaissance) s’est une ville de bourgeois où, à part le ramassage de poubelle, il ne se passe pas grand chose.

5- Vous avez déjà mangé des bonnes tapas à Lyon ?

Les établissements lyonnais proposant de tapas sont nombreux. Petit problème : aucun d’entre eux ne sert de vraies tapas comme à Barcelone (à savoir super bonnes et super pas chères). Bigre ! Qu’est ce que je donnerais pas pour une raçion de sepia au bord de la plage de la Barceloneta.

Alors que ce soit bien clair, Lyon n’est pas – et ne sera jamais – Barcelone. Et c’est tant mieux, pourquoi copier quand on a une propre identité à défendre et ré-inventé.