Les grosses enceintes ont été rangées et les rues ont retrouvé leur calme.

Les Nuits Sonores se sont terminées, hier soir, avec un épique concert de New Order. Ce matin la pluie semble coller à l’ambiance post-festival. Certes la météo ne nous a pas gâtés, ce week-end, mais les gouttes paraissent plus supportables sous des torrents de beats que sous le rush d’un lundi matin.

Alors c’était bien ces Nuits Sonores ?

Tirer un bilan d’un tel festival est difficile tant les évènements sont nombreux. Dans un précédent article intitulé Les Nuits Sonores pour les Nuls, je conseillais aux novices d’utiliser les lieux et non les artistes comme clé d’appréhension du festival. Je vais donc partir sur cette même base pour ce bilan. Bilan bien sûr très subjectif dans la pure tradition de ce blog.

Lieux de jour

Première impression, plutôt très bonne, c’est le renouveau des lieux notamment en journée. Les années précédentes, nous avions regretté, sur ce site, l’audace des débuts quant aux lieux investis. Cette année, les lieux en journée ont renoué avec l’originalité.  Hôtel-Dieu, école primaire, sous un pont, nouvelles places, nouvelles rues, le festival réaffirme enfin clairement son objectif de nous faire redécouvrir la ville de Lyon.

D’ailleurs, en y réfléchissant, je me rends compte que ce sont avant tout ces évènements de jour qui font que j’apprécie tant ce festival. C’est en effet en journée qu’on trouve les choses les plus inventives. Faire la fête la nuit dans un grand hangar reste au final relativement classique, alors que pédaler sur une Rosalie en Presqu’Ile,  se défouler dans la très tranquille rue Saint Michel ou sur la prestigieuse place des Célestins, participer à un tournoi de chaises musicales, faire du jogging sur fond de musique électro, danser dans une cour d’école, sont des expériences uniques.

Lieu de nuit

La grosse déception de cette édition : les anciennes usines Brossette. A la décharge des organisateurs le lieu a été récupéré à la dernière minute, mais les Nuits Sonores nous avaient habitué à tellement mieux qu’il était difficile de ne pas être déçu.

La sonorisation était approximative, la scénographie trop légère pour une festival qui en a fait un des piliers de sa réputation. Et ne parlons pas de la signalétique quasi inexistante (le nombre de fois où on m’a demandé « Mais c’est quelle scène, celle-là ?? »…).

Je ne parlerai pas des prestations des artistes, n’étant pas assez calé pour ça, mais j’ai quand même l’impression que l’ambiance était un peu moins électrique que les années précédentes.

Heureusement, la soirée de samedi et son principe de scène secrète des 10 ans du festival a permis de rattraper les 2 premiers soirées. Ce qui s’est passé, ce soir-là, sur la scène 1 restera comme un des moments majeurs du festival (et tant pis pour les autres scènes totalement cannibalisées).

Nouveau lieu

Si les usines Brossettes m’ont déçu, la Sucrière, qui accueillait le concert de New Order en conclusion du festival, m’a conquis. Le festival avait quitté cet ancien entrepôt en 2008, il le retrouve en version fraichement rénovée et totalement méconnaissable. Le lieu réparti sur 2 niveaux est agréable, la sonorisation plutôt réussi. Entièrement vide et blanche, la salle se démarque esthétiquement de ces consœurs lyonnaises et devrait rapidement se tailler une belle réputation.

Coïncidence ou pas, lors de leur dernière venue à Lyon, en 89, New Order avait inauguré le Transbordeur, salle devenue depuis mythique à Lyon. Souhaitons que leur concert de 2012 porte également chance à la Sucrière.

Lieux du passé

Cette édition des 10 ans aura été un bel hommage au passé. On aura pu penser que les Nuits Sonores auraient fêté leur anniversaire en grandes pompes, mais c’est plutôt une soirée entre vieux potes à se souvenir du bon temps qui a été privilégiée. Le retour d’un lieu mythique, des artistes ayant marqués les festival, la présence des icônes (liftées) du passé (New Order, Jean-Michel Jarre,…) sont les ingrédients d’une nostalgie joyeuse parfaitement dans l’air du temps.

Malgré cet attachement au passé réconfortant et sa maturité, le festival ose encore prendre de sacrés risques : c’était couillu de changer de lieu à la dernière minute et de garder secret, jusqu’à leur apparition sur scène, les plus grosses têtes d’affiche.

Au final, c’est peut-être ça que je retiendrai de cette édition 2012 : la contradiction assumée d’un festival qui s’appuie sur le passé pour inventer la façon dont on fera la fête dans le futur.

Et vous, vous en avez pensez quoi ?