Photo : Mark Black

Lyon n’a pas fini de nous dévoiler ses mystères. Et pour cause, aujourd’hui je vous parle de Shibari. Oh, je vous entends d’ici vous exclamer : « Shiba-quoi ? ».
Shibari ! Un mot japonais qui signifie « attacher », « nouer ». En somme, c’est l’art d’attacher, pour le plaisir.

Le Shibari, Kesako ?

Si jamais cela n’était pas encore clair, nous parlons bien d’attacher des personnes, et non de ligoter quelconque objet vous tombant sous la main. En réalité, il s’agit d’une discipline très codifiée qui prend sa source dans les techniques de torture samouraï japonaise. Bon, dit ainsi, cela ne fait pas rêver, certes. Mais il faut ouvrir son esprit et ses mirettes pour voir qu’aujourd’hui, c’est presque devenu une discipline tendance. Même le chanteur Christophe qui jadis nous chantait les mots bleus s’y est mis dans son clip « Dangereuse »!

Si cette discipline a souvent été prisée par les amateurs de domination et soumission, aujourd’hui nous sommes loin de l’univers des clubs sado-maso. De nombreuses structures encadrent cette pratique et apprennent aux modèles et à leurs attacheurs les bases, la sécurité, et comment se faire plaisir en respectant les attentes de chacun. Le respect et l’écoute de son/sa partenaire sont les piliers pour pratiquer.

Mais pourquoi me direz-vous ? Hé bien je pense qu’il y a quasiment autant de réponses que d’amateurs en réalité. On y va tous pour une raison qui nous est propre : certains chercheront une forme d’esthétisme, d’autres y verront un mix entre yoga et art martial tandis que d’autres y verront une pratique érotique.

Lyon Shibari : le lieu pour nouer des liens

Modèle : Sahai Zagan – Photo : Laurent Ringeval – Cordes : Stella Spei

S’il existe à ce jour trois structures pour s’encorder à Lyon (Batjulwon et Place des Cordes), je parlerai de celle qui me tient à cœur et que je fréquente depuis sa création, il y a trois ans : Lyon Shibari.

A la base, une petite équipe de passionnés qui se retrouvent les dimanches de temps à autres. Et rapidement, le nombre de membres augmente jusqu’à devenir une véritable association, la première à Lyon. Aujourd’hui, la structure regroupe 130 membres et ne cesse de s’accroître, preuve qu’il y a une véritable demande.

Tout cela est bien joli, mais concrètement, on y fait quoi ?

Déjà, on passe un bon moment dans lequel on oublie son quotidien. Les attacheurs apprennent la technique, les « figures », quand les modèles apprennent aussi à mieux connaître leur corps et profitent du moment.
Ici, la nudité n’est pas tolérée : on a dit respect ! Donc on vient avec son petit Domyos ou un body ou n’importe quel habit confortable, ses cordes en matière naturelle et ses ciseaux pour apprendre et s’entraîner. Selon les jours, des « trainings » ou des « cours » ont lieu (la différence est la présence d’un professeur encadrant). D’autres événements ont également lieu : des workshops, des temps conviviaux etc… Donc même si tu ne sais pas faire tes lacets, tu as ta place.

Si l’aspect technique est important, l’ambiance l’est tout autant. Je me souviens de ma première venue. En 10 minutes, ma timidité s’est envolée quand j’ai vu la sympathie des membres.  Tout le monde s’entraide et personne n’est là pour se juger. Entre modèles, on partage nos expériences, nos ressentis, on se rassure sur certaines sensations. Du côté des attacheurs, au delà des nœuds, on apprend l’anatomie, les nerfs et zones « à risques »  mais aussi (et surtout) à se « connecter » à son/sa partenaire.

Ce que le Shibari m’a apporté

Photo : Mark Black

C’est en surfant sur le web que j’ai connu cette pratique. A force de chercher des informations, j’y ai rencontré celui qui est mon chéri aujourd’hui et qui pratiquait le shibari depuis quelques années déjà. Cela nous a apporté une certaine complicité en plus dans notre couple, créant des moments qui n’appartenaient qu’à nous.

Le shibari m’a également permis d’apprendre à connaître mon corps et son fonctionnement. Pour un modèle c’est important d’indiquer à son partenaire les ressentis et éventuels signes réclamant sa vigilance. Écouter mon corps était nouveau, et exprimer clairement mes ressentis l’était encore plus. La communication est ultra importante et peut faire gagner des minutes de jeu. Mieux vaut prévenir que guérir, comme le dit l’adage.

Par souci d’emploi du temps avec chéri, je pratique souvent avec d’autres membres de l’association, de façon « neutre » pour s’entraîner justement. Mais une fois de plus, chacun voit midi à sa porte : c’est une question de feeling. L’important est de partager un moment de complicité.

Quand je suis dans les cordes d’autres personnes, je trouve un moment de calme dans mon quotidien. Un moment où l’on s’écoute, où l’on se recentre sur soi, un peu comme au yoga en fait.  Mais je dois reconnaître qu’il y a quelque chose d’addictif dans cette pratique qui libère des endorphines et procure une incroyable sensation de bien-être.

 

Infos

Les tarifs, comptez  5€/training, 13€/cours. Les temps conviviaux sont eux, gratuits.
L’association Lyon Shibari sera présente à la Japan Touch Lyon les 2 & 3 décembre.

Lyon Shibari
🏠 112 Boulevard de la Croix-Rousse, 69001 Lyon
🚇 Métro C, arrêt Croix-Rousse
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