Rhone-Express

A la fin de l’été 2010 , un tram-train d’un nouveau genre reliera la gare de la Part-Dieu à l’aéroport Saint-Exupéry.

Dans la famille Vous allez voir ce que vous allez voir, l’argument choc dégainé par les promoteurs, c’est la rapidité :

L’aéroport ne sera plus qu’à une demi-heure de la gare !

Wouhou, champagne ! Quel record, c’est beau la technologie et tout le tralala !

On pourrait presque danser sur la future tombe du si peu moderne Satobus qui durant de nombreux années a bien voulu trainer les Lyonnais qui ne voulaient pas utiliser leur voiture ou leur voiture en loa jusqu’aux terminaux d’embarquement.

Toutefois, avant d’aller à la mise en bière, Lyon69.net vous propose un petit comparatif tram contre bus et le gagnant n’est pas forcement celui qu’on croit.

Durée

30 minutes donc pour le nouveau tram, mais combien pour le Satobus ? Les anciens horaires (avant le détour imposé par la destruction du pont autoroutier de Mermoz) annonçaient déjà 30 minutes, contre 40 actuellement. Autrement dit, pas de grosse différence entre le vieux tacot et l’ultra moderne train-tram. Alors pourquoi tant de  « Wouhou »  devant cette durée pas si extraordinaire ?

Les mauvaises langues diront que c’est parce que les responsables (économiques et politiques) n’ont jamais pris le Satobus, préférant taxi ou chauffeur personnel. Mais on ne s’abaissera pas à ça ;)

Alors ex-aequo ? Non, le Satobus étant soumis aux aléas du trafic automobile. On donne le point au RhônExpress grâce à qui vous gagnerez 5 minutes.

Tarif

L’aller Satobus coute 8€, l’aller-retour 15€. Le tarif étudiant (valable aussi pour ceux qui ne sont pas étudiants s’ils ont encore une tête pas trop ridée) est de 6€.
Le tarif  d’un aller RhônExpress n’est pas encore officialisé mais il devrait tourner (accrochez-vous au porte-monnaie) entre 12€ et 16€ !!! Soit au moins 50% plus cher.

Satobus remporte donc largement la manche budget.

Desserte

Le nouveau tram desservira principalement l’Est Lyonnais avec un arrêt à Vaulx-en-Velin La Soie et un autre à Meyzieu.
Le bus avait l’avantage de desservir 3 gares SNCF (Perrache, Jean Macé, Part-Dieu) ainsi que la ligne D du métro (Grange Blanche, Mermoz). D’ailleurs beaucoup de personnes sur le retour descendaient à Mermoz, premier arrêt du Satobus, pour attraper le métro et filer encore plus vite. Ce qui mettait l’aéroport à 20 minutes de la Place Bellecour.

Le bus présentait l’avantage de bien desservir le centre ville de Lyon, zone où les habitants n’ayant pas de voiture sont relativement nombreux. De plus il offrait une certaine modalité pour les gens venant en train.  A l’inverse le tram dessert des zones où les habitants sont motorisés et préféreront probablement se rendre directement à l’aéroport plutôt que de se garer dans un parking relais.

Satobus était en terme de desserte plus pertinent. Un nouveau point pour le vieux tacot.

Écologie

Eh oui un tram, ça ne rejette pas de CO2 (du moins pas dans nos rues). C’est green et dans l’air du temps. Le problème c’est qu’avec un tarif si élevé et une absence de desserte intra-muros, est-ce que les Lyonnais ne vont pas préférer prendre un taxi (plus rentable à partir de 3 personnes) ou leur propre voiture…?

Il faudra voir sur le long terme si le RhônExpress transporte plus de personnes que Satobus. On attend donc les premiers chiffres de fréquentation pour savoir si le tram est vraiment green ou pas.

En attendant égalité, balle au centre pour l’aspect écologique.

Résultat du match : victoire de Satobus 2-1 contre RhônExpress.

Au final, le projet de tram-train desservant l’aéroport sent la fausse bonne idée. Il n’est pas sans rappeler le fiasco d’OrlyVal, qui malgré des tarifs plus attractifs que notre RhônExpress n’a pas gagné le cœur des Parisiens qui lui préfèrent l’OrlyBus.

Dans le cas lyonnais, on n’aura de toute façon pas le choix, puisque le service Satobus s’arrêtera à partir d’août pour laisser place à RhônExpress.

Plus d’info et crédit photo : http://www.rhonexpress.net