Il parait qu’on sait qu’on devient vieux quand on commence à parler d’immobilier en soirée…

Alors, je ne sais pas si mes jeunes années sont déjà loin derrière moi, mais toujours est-il que ce sujet revient un peu trop souvent sur la table de l’apéro pour que ce ne soit qu’une lubie de personnes ridées…

Ca ne manque jamais, entre deux tournées de bière il y a toujours un de mes potes pour parler de ses galères de logement…

Que ce soit Jean-Kevin qui débarque à Lyon et qui n’arrive pas à trouver à louer un T2 parce que les proprios lui demandent des garanties que seul un fils à papa pourrait fournir ou Julie qui après s’être fait plaquer par son mec se retrouve à 30 ans passés dans une coloc d’étudiants car son salaire ne lui permet pas de trouver un appart à elle. Ou bien Alex et Manu qui bien que déjà propriétaires ne trouvent pas d’appart plus grand à acheter dans leur quartier et sont obligés d’aller s’installer de l’autre côté du périf… Tout le monde rame pour trouver logement à son pied : se loger à Lyon c’est ultra cher et ultra compliqué.

Des prix qui ne cessent de monter…

Il y a 15 ans Lyon était l’une des villes les moins chères de France. Et puis, boom!, d’un coup, la ville a été à la mode. Elle a commencé à attirer plein de monde : les gens, les entreprises, les investisseurs… Et les prix ont grimpé jusqu’à arriver à la situation actuelle : la Capitale des Gaules est désormais la ville la plus chère de France après Paris. Et ce n’est pas fini…

Avoir des prix de logements élevés n’est pas forcément quelque chose de gênant pour une ville. En effet, la ville touche des droits de mutation sur chaque logement vendu (c’est ce qui constitue la plus grosse partie des fameux « frais de notaire »). Donc plus les logements sont chers, plus une ville gagne de l’argent.  De plus,  les prix élevés font que les gens changent plus souvent d’appartement (avant les gens achetaient un logement qui leur durait toute une vie, maintenant les gens changent de logement en fonction de l’évolution de leur foyer). Bref, la ville de Lyon a touché beaucoup d’argent grâce à ces frais de mutation, ce qui a en partie financé son embellissement ces dernières années (ce qui l’a rendu encore plus attirante et a donc encore fait monter les prix #cerclevertueux).

Qui dit prix qui augmentent dit aussi quartiers qui évoluent. Je ne vais pas vous faire un cours sur la gentrification. Mais si les prix n’avaient pas atteint des sommets dans les quartiers centraux, les Pentes et la Guillotière seraient restées des zones un peu glauques et n’auraient pas vu leurs rues envahies par les petits cafés, les restos et les boutiques… Aujourd’hui ces 2 quartiers sont eux aussi devenus trop chers pour la plupart des gens qui finissent pas s’installer dans d’autres quartiers (Gratte-Ciel, Valmy, Oullins (oui Oullins !!!)) qui subiront à leur tour le même sort.

Les prix de l’immobilier élevé entraînent aussi un autre phénomène. Les logements étant plus chers, ils deviennent aussi plus petits, incitant davantage les gens à sortir de chez eux. Et plus de monde dehors c’est bon pour le dynamisme d’une ville et les commerces.

Voir notre article où habiter à Lyon en 2018

Trop c’est trop !

Alors que jadis, on prenait à un certain plaisir à se moquer de nos amis parisiens et de leurs loyers délirants, la situation parisienne ne nous fait plus du tout rire car elle préfigure juste ce qui nous attend d’ici quelques années. Pire, tel l’arroseur arrosé c’est à notre tour d’être moqué (notamment par des Stéphanois qui se logent pour 2 fois moins cher eux – Bon Ok il faut accepter de vivre à Saint-Etienne pour ça).

Voici quelques chiffres qui illustrent cette flambée :

  • 6 arrondissements sur 9 dépassent désormais le 5000€/m² en moyenne sur du logement neuf
  • Les prix des logements ont augmenté de 210% depuis 2000
  • Les prix du m² a augmenté de 7,8% en 1 an à Lyon (et de 5,8% à Villeurbanne)
  • Il faut compter en moyenne 680€ par mois pour louer un T2 à Lyon (contre 420 à St-Etienne)

Alors, en attendant l’inéluctable (déménager en banlieue ou quitter Lyon), on s’organise. On se refile des tuyaux pour photoshoper une feuille de salaire proprement, on lance des appels sur Facebook comme des bouteilles à la mer en espérant qu’un ami d’ami connaisse quelqu’un qui connait quelqu’un qui loue un T3 à moins de 1000€ en Presqu’île, on essaye d’anticiper en achetant son logement dans un coin pourri et pas cher en priant pour qu’il devienne cool un jour (Le Grand Trou, vous êtes sûr ?).

Reste à savoir ce que deviendra Lyon. La Capitale des Gaules sera-t-elle encore celle qu’on aime avec des appartements aux prix parisiens ? Le centre de Lyon ne sera-t-il plus qu’un musée à ciel ouvert rempli d’Airbnb et de quelques familles ultra-friquées ? La Guillotière et les Pentes seront ils les quartiers du grand écart social où les bénéficiaires de logements sociaux côtoieront les personnes aisées logeant dans des canuts ou ateliers rénovés sans population intermédiaire pour faire le lien entre les deux ? Les Gratte-Ciel deviendront-ils bientôt si chers qu’on sera obligé d’aller regarder du côté de Vaulx-en-Velin…

Qui vivra verra comme on dit… En attendant, si on parlait d’autre chose que d’immobilier à l’apéro ?

Nb : si cet article est classé dans notre rubrique « fun fun fun » c’est par ce qu’on a pas (encore) de rubrique « pleure, pleure, pleure »…

17 commentaires

  1. Voilà pourquoi je vis encore chez mes parents à un âge indécent pour vivre ainsi.
    Et ouais on oublie de dire qu’il ne faut pas non plus rester célibataire avec son RSA !
    J’arrive enfin à me sentir lyonnaise et j’aime cette ville (il était temps depuis 30 ans que j’y vis débarquée de mon Sud natal) et à ce rythme c’est finalement Lyon qui ne voudra bientôt plus de moi…. Pas assez riche pour elle…
    Je vous laisse, j’vais faire une p’tite dépression là….

  2. Sans oublier les parents avec enfants, nos salaires ne nous permettent pas de choisir où l’on veut vivre , les écoles pas top, le voisinage, ….. Et malheureusement on a pas le choix ? Lyon est devenu hors de prix, bientôt on va nous pousser dehors.

  3. Un vrai billet de blog comme je les aime !
    L’appart que je louais 250€ (aux confins nordiques du plateau de la Croix-Rousse), il y a 17 ans pour quelques 40m2, je l’ai vu affiché en agence à plus de 650€.
    Et pour ce prix, on a le vintage du simple vitrage (à l’époque nos fenêtres givraient les nuits d’hiver)…
    Lyon, ville musée…
    Y a quelques années, je faisais un peu le même constat dans un billet sur mon modeste blog (lien en cliquant sur mon pseudo ^_^)

  4. Vous-même, LCC, – qu’on adore lire – n’apportez-vous pas votre pierre à cette gentrification généralisée en faisant la promotion de tout ce qui y contribue ?

    1. Plusieurs personnes nous ont déjà dit qu’on avait contribué à la gentrification de la Guillotière en faisant énormément de tests de lieux dans ce quartier, mais c’est nous prêter beaucoup plus d’influence qu’on en a réellement. Si une bonne partie de la team vit et travaille dans ce quartier, ce n’est pas par hasard, c’est là où il y a quelques années de ça, c’était intéressant financièrement de s’installer. On a juste accompagné le mouvement qui était déjà enclenché.
      Quoi qu’il en soit la gentrification n’est pas une mauvaise chose en soi, même si sa phase finale (les personnes ayant contribué à rendre le quartier sympa sont à leur tour chassés du quartier) ne nous plait pas vraiment .

  5. Moi j’y crois au Grand Trou (lol), je suis en train d’acheter là-bas à 2500€ environ du m2 (inespéré à Lyon) à 2 coup de pédale de « gens massés » (oups), mon quartier chéri je dois dire, mais aller c’est pas loin et puis venez on va être bien !!! Si tous les citycruncheurs s’installent on va faire un super truc de bobos que les croix roussiens nous environt dans 5 ans ! #grandtroucestlavenir #venezjaiunpeupeurquandmeme

  6. Arrivé récemment à Lyon (6 mois), je fais tout ce que je peux pour m’en enfuir… Je ne comprends en rien ce qui justifie une telle surenchère dans les loyers et les prix à l’achat, dans cette ville irrespirable et peu accueillante.

    Lyonnais, réjouissez-vous, un logement de plus sera peut-être bientôt sur le marché !

  7. Même constat amer…
    Ayant maintenant l’envie d’arrêter de louer, je tombe des nues en découvrant le prix de l’immobilier. Pour moi le m² était resté à 2000/2500€.
    Mais je n’ai pas envie d’habiter à Grand Trou ou à Etats Unis…
    Donc quand j’en aurai marre d’être locataire, je quitterai ma ville natale et le Rhône.
    C’est triste, mais que peut-on faire pour enrayer cette boboïsation et cette flambée des prix ?

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